Décoration de Féglise au moyen de tapis
5. Frais de musique à la dédicace et à la Saint- Gilles^, s' élevant à 1 livre de gros (somme fixe).
6. Rétribution accordée aux deux prêtres qui portaient les reliques de saint Gilles dans la procession^ aux jours susdits, 2 escalins de gros par an (idem).
7. Salaire du gardien des reliques, aux jours indiqués, 3 escalins de gros par an (idem).
Nous avons dit plus haut (^) que les deux derniers articles disparaissent de nos comptes, à partir de 1687 (^).
De nos jours encore, la Saint-Gilles se célèbre à l'égal des plus grandes fêtes de Tannée, mais sans que rien, dans Péglise, rappelle la décoration aussi originale que riche des temps passés. L'Adoration perpétuelle du Saint- Sacrement, qui a lieu le P^" Septembre, contribue à relever la fête de notre saint patron, et à rendre plus considérable le concours des fidèles (^) .
Q) Pp. 98, 103.
O Les comptes de la fabrique du 30 Juin 1699 à la S' Jean 1721 font défaut à nos archives. Le chapitre spécial, consacré aux frais de célébration de la dédicace et de la Saint-Gilles, disparaît dans l'intervalle; les détails relatifs à ces fêtes se bornent à des généralités et prennent place dans un autre chapitre, oii ils se trouvent confondus avec des dépenses analogues.
(^) Le tableau des jours d'Adoration perpétuelle, annexé à la lettre pastorale, en date du 24 Mars 1806, par laquelle Mgr. Etienne Fallot de Beaumont, évêque de Gand, érige la confrérie de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement dans toutes les églises de son diocèse, assigne à la nôtre deux jours d'adoration, le 6 Janvier, fête de l'Epiphanie, cit le 18 Août. {Recueil de quelques brefs pontificaux, et de toutes les lettres pastorales et instructions de Monseigneur Étienne-André-François-de-Paule Fallot de Beaumont, Evêque de Gand, tom. ii, Bruges 1809, pp. 22, 27-)
Plus tard, le l'^'^ Septembre, fête patronale de l'église, prit la place du 18 Août. Faute de documents, nous ne pouvons assigner la date de cette substitution; le l^"" Septembre figure déjà, comme jour d'Adoration perpétuelle, au tableau dressé pour le nouveau diocèse de Bruges, (détaché de celui de Gand), par Mgr. Erançois-Kené Boussen, lorsque ce prélat réérigea la confrérie de l'Adoration perpétuelle, en vertu de sa lettre pastorale du 23 Juin 1836 (Colleciio Epistolarum 'pastoralium, Instructionwn et Statutorum Illustritisimi
y. BÉNÉDICTION DE L^EAU EN L^HONNEtJE DE SAINT GiLLES.
• — La bénédiction de l'eau^ dont FÉglise fait un usage trèsfréquent dans ses cérémonies {^), remonte jusqu^au berceau même du christianisme; car on ne peut assigner 1^ époque oii cette coutume aurait été introduite^ et on la trouve établie dès les temps les plus reculés. Plusieurs auteurs ecclésiastiques la font remonter jusqu'aux apôtres : en effet, Tertullien^ l'un des plus anciens Pères de l'Eglise latine, parle des eaux sanctifiées par l'invocation de Dieu, et un illustre Père de l'Eglise grecque^ saint Basile^ met la bénédiction de l'eau au nombre des traditions apostoliques (^).
Les prières que fait l'Eglise pour la bénédiction de l'eau sont également très-anciennes. Les Constitutions apostoliques, — collection compilée au plus tard vers le commencement du quatrième siècle, ■ — renferment cette formule;, qui exprime les principaux effets attribués à l'eau bénite : Ipse (Deus) mine per Christum sandifica hanc aqiiam,.... da vim.... dœmonum fiigatricem, morhorum expuUricem et omnium insidiarum profi^igatricem. Les formules en usage aujourd'hui
Bomini Francisci Renati Boussen, XVIII Brugensium Episcopi, tom. i, Brugis 1843, p. 268.)
(^) Il y a trois espèces d'eau bénite : L'eau pour la consécration et la réconciliation des églises, l'eau baptismale et l'eau bénite ordinaire. Nous parlons ici de la dernière espèce, dont la formule de bénédiction se trouve dans le Missel et le Eituel romains, sous le titre de : Ordo ad faciendam aquain henedictam.
(^) Le Brun, Explication littérale, historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la Messe, 2" édit., tom. i, Paris 1777, pp. 75, 76. — Collection de Précis historiques, tom. viii, Bruxelles 1859, p. 320.
Voyez sur l'usage de l'eau bénite, durant les quatre premiers siècles de l'Eglise, et les miracles opérés par son emploi : Hazart, Cerimonien vande Heylighe Boomsche Kerche raeclcende de Processien, de Pelgrimagien, het Wy-Water, ende Begravenisse. Ailes over-een Tcomende met de H. Schrifture, ende met de HH. Outvaders vande eerste 400 jae?-e?^, T'Antwerpen, by Micliiel Cnobbaert, 1669, pp. 59 et suiv. Voyez aussi Grimaud, Traité particulier de VEau-Bénite, du Pain-Bénit, des Processions et des Cloches. Ce traité forme la fin du troisième tome de La Liturgie sacrée de cet auteur, Paris 1678, pp. 211 et suiv. Voyez surtout le beau livre de Mgr. Gaume, dont nous ne pouvons assez recommander la lecture : L'Eau bénite au dix-neuvième siècle, 4« édit., Paris 1876.
dans l'Eglise^ et qui sont beaucoup plus longues, datent du huitième siècle^, ainsi que nous le voyons dans les sacramentaires de cette époque, recueillis par Martène, Mabillon, etc. (^).
Le prêtre en bénissant Feau demande à Dieu : P que cette eau ait la vertu de cliasser le démon des endroits qu^il a pu infecter, et- de faire cesser les maux qu'il a causés; 2° qu'elle l'éloigné de nous, de nos habitations et de tout ce qui sert à nos usages; 3*^ qu'elle serve à la guérison des maladies; 4^ qu'elle nous attire en toute occasion la présence et le secours du Saint-Esprit, pour le bien de notre âme et de notre corps (^). L'on voit, par cette prière, que l'un des principaux effets de l'eau bénite est de rendre la santé aux malades.
Il ne faut donc pas s'étonner, qu'en vue d'obtenir de semblables faveurs, l'usage se soit introduit, depuis des siècles, de bénir de l'eau en l'honneur et sous l'invocation des Saints, et d'en faire un fréquent emploi. Dieu a visiblement approuvé cette pieuse pratique, en exauçant les vœux des personnes, qui se sont servies de ce moyen avec foi et confiance, et en opérant des guérisons admirables, parfois même subites, en leur faveur (^) .
Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 2^ édit., Paris 1877, p. 263, Art. Eau bénite, I.
(-) Deus,... elemento huic... virtutem tuœ henedictionis infunde; ut creatura tua mysteriis tuis servions, ad ahigendos dœmones, morhosque pellendos divinœ gratiœ sumat effectum, ut quidquid in domibus, vel in locis jidelium, hœc unda resperserit, careat omni immunditia, liheretur a noxa : non illic resideat spiritus pestilens, non aura corrumpens : discedant omnes insidiœ latentis inimici; et si quid est, quod aut incolumitati hahitantium invidet, aut quieti, aspersione hujus aquce effugiat : ut saluhritas per invocationem sancti tui nomini's expetita, ah omnibus sit ir)ipugnationibus defensa... Ut ubicumque fuerit aspersa,... prœsentia sancti Spiritus nobis misericordiam tuam poscentibus, ubique adesse dignetur (Miss., et Rit. rom., Ordo ad faciendam aquam benedictam).
Voyez Le Brun, op. et tom. cit., pp. 79, 80, et Gaume, op. cit., pp. 262 et suiv. L'auteur décrit, dans une suite de chapitres et en les appuyant d'une foule d'exemples, les merveilleux effets de l'eau bénite.
(■^) Un auteur catholique, le cardinal de Cnsa, s'est permis de traiter cette pratique de superstitieuse; Thiers a fait bonne justice de cette accusation :
" Après que le Cardinal de Cusa, dit-il, a observé, qu'il y a de la Superstition à faire servir les choses saintes à d'autres usages qu'à ceux ausquels elles
Il est un grand nombre de Saints^ en Fhonneur desquels on bénit de F eau. Citons parmi eux saint Laurent^ saint Vincent, saint Biaise, saint Grilles, saint Gruillaume de Maleval, saint Pierre de Vérone, saint Albert, saint Ignace de Loyola, sainte Apollonie, sainte Gertrude, sainte Grodelieve, etc. (^). Il
sont destinées, il apporte pour exemple i'eau-bénite que l'on boit pour recouvrer la santé quand on l'a perdue, dont on fait des aspersions dans les terres et les champs pour les rendre plus fertiles, et que l'on donne à boire aux animaux pour les délivrer des maladies qui les tourmentent : Si res consecratœ ad aliud quam pwprium usum applicentur, est Superstitio; ut aqua henedicta quœ hihitur contra infirmitatem, vel spargitur ad fertilitatem, vel datur aliquando hrutis.
" Mais, ce sçavant Cardinal, en déclarant ces trois pratiques Superstitieuses, ne faisoit pas attention aux paroles dont l'Église se sert dans la bénédiction de l'eau. Car, elle marque bien nettement que I'eau-bénite est d'un grand usage pour exterminer les Démons, pour chasser les maladies, pour dissiper le mauvais air et les mauvais vents, pour purifier les maisons, et tous les autres lieux oii elle est répandue, et pour en éloigner tout ce qui peut troubler la paix et la tranquillité des fidèles qui les habitent...
" Si bien qu'il n'y a nulle Superstition à faire boire de I'eau-bénite aux hommes et aux bêtes malades, ni à en jetter dans les maisons et sur les terres des Chrétiens, pourvu qu'on le fasse avec une foi pure, et une confiance entière en la bonté et en la toute-puissance de Dieu " (Traité des Superstitions qui regardent les Sacremens, 4™^ édit., tom. ii, Avignon 1777, pp. 20, 21.)
(^) Nous croyons faire plaisir au lecteur, en réunissant, sous forme de note, les renseignements que nous avons recueillis sur la bénédiction de l'eau en l'honneur des Saints énumérés ci-dessus. Nous suivrons l'ordre chronologique,
1. Saint Laurent, diacre, martyrisé à Eome, en 258. — La chapelle de l'école Bogaerde, à Bruges, est dédiée à saint Laurent. Le 10 Août de chaque année, fête du saint martyr, on y bénit de l'eau et du pain, en son honneur. Voici la seconde oraison de la formule de bénédiction de l'eau : Deus, qui beatum Laurentium igne tormentorum suorum examinasti, et nullam in eo iniquitatem invenisti, concède, quœsumus, eos qui ejusdem Martyris gaudent honore, ejusque meritis, ab omni morbo igneo liberari. Per Chr. D. N. Les derniers' mots indiquent que l'on invoque le saint diacre contre les affections vulgairement appelées Brand,vliegend vier. (Voyez à ce sujet des détails fort curieux dans Rond den Heerd, 1'*^ jaar, Brugge 1866, pp. 280, 281.) Avant la suppression de l'hospice Saint-Laurent, autrement dit l'hospice Wenemaer, situé sur la place Sainte-Pharaïlde, à Gand, on bénissait également, le 10 Août, dans la chapelle de l'établissement, de l'eau, sous l'invocation de saint Laurent.
2. Saint Vincent, diacre, martyrisé à Valence, en Espagne, l'an 304. — L'ordre des Frères -Prêcheurs honore ce saint martyr d'un culte spécial; elle célèbre sa fête (22 Janvier) sous le rit double de seconde classe, avec octave. Saint Vincent était fort vénéré dans l'église, aujourd'hui détruite, des Dominicains de Bruges, oii se conservaient un os de l'avant-bras et d'antres reliques