Tome II, p. 376, note
Cette note contient un aperçu sur le culte de saint Grilles en Angleterre et en Ecosse, où^ malgré la Kéforme, la mémoire du saint abbé est restée en honneur. Voici quelques menus détails, qui se rattachent à ce sujet.
Les Annales archéologiques, de Didron, contiennent une description détaillée de la nouvelle église de Saint-Gilles, à Cheadle, et des objets d'art qu'elle renferme (^). L'inauguration de ce superbe édifice eut lieu le P^' Septembre 1846; treize évoques assistaient à la cérémonie Ç^).
La revue anglaise The Athenœumi^), dans son numéro du 1^^" Janvier 1881, p. 18, rend compte de l'ouvrage de M. Nortli :
Q) Tom. V, Paris 1846, pp. 291 et suiv.
*' La petite ville de Cheadle, située dans la partie septentrionale du comté de Stafford, écrit M. Didron, est à deux lieues d'Alton-Towers, résidence principale de lord Talbot, comte de Shrewsbury et donateur de l'église nouvelle. Cette église, dédiée à saint Gilles, est posée presque au pied de la colline escarpée sur laquelle la ville s'asseoit comme en amphithéâtre; mais Cheadle étant environnée de tous côtés par de petites montagnes, le clocher de l'église peut se voir d'une grande distance et de toutes les directions; ce clocher, qui s'aiguise en flèche octogonale, est d'ailleurs fort élevé, et de plus un chefd'œuvre; rien de plus charmant dans ce beau paysage. M. Pagin doit être fier d'avoir si bien répondu à la pensée de lord Shrewsbury; le génie de l'artiste et la munificence du donateur nous reportaient en plein moyen âge... Lord Shrewsbury y a mis trente-cinq mille livres (huit cent soixante-quinze mille francs), M. Pngin six ans; l'un sa générosité, l'autre son talent, et tons deux ont ainsi doté l'Angleterre d'une oeuvre qui honore ce noble pays " (p. 291).
Le style adopté par l'architecte est le style ogival fleuri du XV*-" siècle, celui qui régna en Angleterre sous les rois Edouard IV et V (p. 292). " Dans un angle rentrant des contreforts du clocher, au côté sud, lord Shrewsbury, en longue robe et grand manteau, couronne de comte en tête, s'agenouille pour offrir à saint Gilles, habillé en abbé crosse, le modèle de l'église; il est assisté de saint Jean-Baptiste, son patron, qui est debout. C'est un joli bas-relief, dans le style et l'esprit du XIII^ au XIV^ siècle " (p. 294). Saint Gilles est représenté sur une des verrières qui éclairent les bas-côtés (p. 297). " La grande fenêtre orientale (du sanctuaire), qui verse sur l'autel la lumière du soleil levant, olîre l'arbre de Jessé ou la généalogie du Christ; saint Gilles et saint Chad, les deux patrons chéris de cette église, assistent à cette généalogie divine " (p. 298). L'une des six cloches de la tour porte le nom du saint abbé et cette inscription, en caractères gothiques : 8ancte Eyidi, ora pro nohis (p. 293).
(^) Annales archéologiques, tom. cit., pp. 300 et suiv.
(■*) Journal of literature, science, and the fine arts. Cette revue paraît à Londres.
The Bells of Biitlandshire. Après avoir dit que la seconde cloclic de l^église de Saint-Micliel à Whitewell, près d'Alstoë, est dédiée à saint Gilles^, M. North ajoute qu^il ne connaît que deux autres cloches portant le nom du saint abbé, Fune dans le comté de Norfolk et Tautre dans celui de Suffolk. L^auteur du compte rendu fait observer, qu^outre les clocbes signalées par M. North, il en existe une autre bien connue à F église de Saint- Grilles, à Durham, portant Finscription : Gampana Sancti EgidiiQ-).
L^église paroissiale d^Bdimbourg était placée sous le vocable de saint Gilles, dès 1359. Deux siècles plus tard, et à Fépoque même de Fintroduction de la Réforme en Écosse, le culte de saint Gilles n'avait rien perdu de son ancienne popularité à Edimbourg. Tous les ans, à la fête du saint thaumaturge, sa statue était portée processionnellement à travers les rues de la ville. Or, le P^' Septembre 1558, tandis que la procession était en marcke, une partie de la population, imbue des principes hérétiques, se rua sur le cortège sacré, et eut la criminelle audace de s'emparer de la statue de saint Gilles, qu'elle mit en pièces (^).