III. Le poëme français et la Vie latine
Guillaume de Berneville n'a eu d'autre source pour son poëme que la biographie latine de saint Gilles, que nous ont
{}) Introduction, pp. xiv, xv. — Nous avo^s vu ailleurs que le culte de saint Gilles fut, de bonne heure, populaire en Angleterre (tom. i, p. 111, en note, t. ii, p. 376, note 2). La Normandie ne le cède pas à l'Angleterre, sous ce rapport; elle se range parmi les pays oîi, à partir du XI« siècle, la dévotion au saint abbé se répandit le plus. " Il y est le patron d'un grand nombre de paroisses, et plusieurs villages portent encore son nom : l'un d'entre eux, Saint-Gilles en Cotentin, près de Saint-Lô, était jadis l'objet d'un pèlerinage, motivé par la singulière prétention de ce lieu à posséder le corps du saint. Cette prétention s'appuyait, comme souvent, sur une vision. En 1164, saint Gilles apparut à un paysan du Beauvaisis, lui prédit qu'il trouverait le lendemain une croix de fer en labourant, et lui dit de la porter à son église : Tune rusticus quœsivif ah eo idrum ad Sanctum Egidium de Provincia deberet eam 'portare; cui sanctus Egidius respondit : Non, sed ad Sanctum Egidium de Constantino, uhi est corpus meum. Quod cum factum fuisset, multœ ihi virtutes factœ sunt (R. de Torigni, éd. Delisle, i, 351). " {Introduction, p. xvi, et la note 4.) (") Introduction, p. xvii.
(^) Id., p. xxiv. — (^) Id., p. xxvii. — (■'') Id., pp. xxxvi-XLVi.
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conservée de nombreux manuscrits (^) et qui a été publiée dans les Acta Sanctorum (P"" septembre). Il ne connaît aucune circonstance de la vie du saint qui ne se trouve dans cette biographie, et les amplifications considérables auxquelles il s'est livré, sont toutes puisées dans son imagination i^).
M. Gaston Paris compare ensuite sommairement le poëme de Guillaume de Berneville à la Vita sancti Egidii, en relevant les omissions, les divergences et les additions, qui le caractérisent.