‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 4 sur 253 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

Cette partie de notre travail^ la plus considérable et la plus intéressante, traite de la " gloire posthume ^' de saint Gilles; c^est le nom sous lequel les hagiographes désignent le culte des Saints.

Initier le lecteur à tout ce que la Belgique et le Nord de la France ont fait en P honneur et à la gloire de saint Gilles; retracer, dans ses moindres détails, ^histoire d^un culte si ancien et si populaire, telle est la tâche difficile que nous avons à remplir.

Nous divisons cette section en deux chapitres. Le premier traite des pèlerinages entrepris par nos ancêtres au tombeau de saint Gilles; le second passe en revue tous les souvenirs que le culte du saint abbé a laissés parmi nous. Ce dernier chapitre est fort étendu, et se subdivise en divers paragraphes.

La division adoptée nous semble logique. Initiés, par les croisades, au culte de saint Gilles, nos aïeux ont pris part au mouvement général, qui entraînait les peuples vers le monastère de la vallée Flavienne. Ils ont voulu visiter le tombeau de ^humble solitaire, dont ils avaient entendu raconter la vie et les miracles; rentrés dans leurs foyers, et remplis d'un saint enthousiasme, ils auront fait passer dans Famé de leurs compatriotes les sentiments de vénération profonde et de confiance filiale, dont ils étaient pénétrés pour le bienheureux ascète. Le culte de saint Gilles trouvait là une source féconde d'extension et de popularité.

Si l'on veut une preuve de l'influence exercée par les pèlerinages sur le culte des Saints, il suffit de jeter les yeux

sur ce qui se passe autour de nous. La dévotion au sacré Cœur de Jésus^, celle de Notre-Dame de Lourdes^ se répandent^ de nos jours,, avec une rapidité merveilleuse; pas de village^ pas de bourgade^ peut-on dire^ où elles niaient pénétré. Et depuis quand ont-elles pris Fimmense développement^ dont nous sommes les heureux témoins ? N^est-ce pas du jour où FEurope catholique^ se réveillant de son sommeil de mort, a lancé ses enfants par milliers sur les chemins qui conduisent aux sanctuaires de Lourdes et de Paray-le-Monial ? IST^est-ce pas depuis lors surtout que ces belles dévotions, puisées à leur source, ont été embrassées avec un admirable entrain ? Eh bien, des résultats analogues se sont produits chez nous, en ce qui concerne le culte de saint Grilles : les croisades lui ont donné naissance, les pèlerinages au saint tombeau ont fait éclore et développé ces premiers germes, et ce double élément combiné a produit la plus magnifique des floraisons.

Nos recherches embrassent la Belgique actuelle, — y compris les parties cédées du Limbourg et du Luxembourg, — et le Nord de la France; sous cette dernière dénomination nous entendons les départements du Nord et du Pas-de-Calais, composant les diocèses de Cambrai et d^Arras. Formée de Fancienne Flandre française et de FArtois, cette portion du territoire français appartenait jadis à notre pays (^); nous n^avons pas voulu Fen séparer dans notre travail.

CHAPITEE I

Les pèlerinages étaient de deux espèces, au moyen âge : c'étaient ou bien des exercices volontaires de piété ou de

(^) Ces provinces, relevant jadis de la couronne espagnole, furent cédées par parties à la France, en vertu des traités de paix des Pyrénées (7 Novembre 1659), d'Aix-la-Chapelle (2 Mai 1Ç68), de Nimègue (17 Septembre 1678), et de Ryswyck (20 Septeinbre 1607).

pénitence; ou bien des voyages accomplis en guise de punition légale (^). Les pèlerinages de Saint-Gilles appartiennent à cette double catégorie^ et nous allons en traiter dans deux paragraphes distincts.

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