‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 5 sur 253 · PÈLEEIMGES VOLONTAIRES OU DE DÉVOTION · texte numérisé non relu

PÈLEEIMGES VOLONTAIRES OU DE DÉVOTION

Nous avons glané quelques détails dans l'histoire du comte de Flandre Philippe d'Alsace et dans celle de Robert de Cassel.

Lambert de Wattrelos, chanoine régulier de l'abbaye de Saint- Aubert, à Cambrai, rapporte dans ses Annales Caméracensés (^), qu'en 1170, Philippe d'Alsace fit le pèlerinage de Saint-Gilles, avec un très-grand nombre de chevaliers, et une dévotion plus grande encore : Philippus Flandriœ cornes cum equitatit maxwio, causa orationis, apud Sanctum JEgidium cum devotione nimia perrexit (^). Au retour de ce pèlerinage, pendant lequel il avait visité aussi le sanctuaire de Notre- Dame de Rocamadour (^), Philippe fut reçu par ses sujets avec un enthousiasme indescriptible : ....ad patriam, continue le chanoine Lambert, cum prosperitate dux ipse repatriatur, regni

Q) Derode, Histoire religieuse de la Flandre maritime et en particulier de la ville de Dunkerque, Dunkerqne 1857, p. 103.

(^) Pertz a inséré les Annales Cameracenses dans ses Monumenta Germaniœ historica, tom. xvi, HannoversB 1859, pp. 510-554; on les trouve aussi dans le Recueil des historiens des Gaules et de la France, de Dom Bouquet, édit. Léopold Delisle, tom. xiii, Paris 1869, pp. 497-532. Une copie manuscrite des Annales Cameracenses, tirée au xvii*^ siècle par Baluze, se conserve à la Bibliothèque nationale de Paris.

Cette petite chronique va de Tannée 1099 à l'année 1170. Lambert de Wattrelos, né en 1107 ou 1108, raconte les événements dont il fut contemporain; on ne connaît pas la date du décès de cet annaliste. Voyez, sur Lambert de Wattrelos, Pertz, op. et tom. cit., pp. 509, 510; Bouquet, op. et tom. cit., PrœfcMo, xxvii, pp. lij, liij, et Pruvost, Histoire de Wattrelos, Tourcoing 1865, pp. 79 et suiv.

Pertz, tom. cit., p. 553. — Bouquet, tom. cit., p. 532.

C) Rocamadour ressortit aujourd'ljui au département du Lot, diocèse de Cahors.

sui plehs omnis iocundatur, viduarum, orphanorum corda super adventu tanti iudicis relevantur, ah ipsis lesu Christo laudes immensœ pro domino suo Philippo sibi restituto redduntur (^), A peine rentré dans ses états^ le noble comte voulut reconduire lui-même jusqu^en Angleterre saint Thomas de Cantorbéry, rappelé par le roi Henri 11^ après un exil de sept ans (^).

Il nous semble qu'on peut rattacher ce pèlerinage de Philippe d^ Alsace à un groupe de faits connexes au culte de saint Grilles.

Thierry d'Alsace, père de Philippe,, était un prince fort pieux; ses quatre voyages en Terre- Sainte le prouvent assez. En 1164, au retour de sa dernière expédition, Thierry, brisé par Fâge et les travaux, résolut de quitter le monde, à Fexemple de sa femme. Sibylle d'Anjou, qui avait pris le voile au couvent de Saint-Lazare, à Jérusalem; il choisit le monastère de Watten pour le lieu de sa retraite, et se déchargea sur son fils Philippe du fardeau des affaires publiques. Celui-ci était à Aix-la-Chapelle, auprès de l'empereur d'Allemagne, lorsque son père rentra d'Asie. Il print incontinent congé dudict empereur, écrit d'Oudegherst, et retourna en toute diligence vers Flandre, où il trouva le pouvre conte Thiéry merveilleusement travaillé, tant à raison de ce dernier voyage, que par sa grande vieillesse, et pour les travaux qu'en sa jeunesse il avoit supporté; qui fut cause qu'iceluy Thiéry, laissant tout le seing du gouverne-

(^) Pertz, tom. cit., p. 554. — Bouquet, tom. cit., p. 532.

(^) De Smet, Mémoire historique et critique sur Philippe d"* Alsace, comte de Flandre et de Vermandois, 1157-1191, dans le Recueil de mémoires et de notices historiques de l'autenr, tom. ii, Gand 1864, p. 91.

Très-peu d'historiens ont parlé du pèlerinage de Philippe d'Alsace à Saint- Gilles. Ni M. Le Glay, dans son Histoire des comtes de Flandre, ni M. Kervyn de Lettenhove, dans son Histoire de Flandre, n'en font mention, quoiqu'ils relèvent beaucoup de détails de moindre importance. MM. Le Glay (op. cit., tom. i, p. 371) et Namèche, Cours d''histoire nationale (tom. i, Lonvain 1853, p. 353) mentionnent le pèlerinage de Philippe d'Alsace à Saint-Jacques de Compostelle, effectué en 1172, et conséquemment postérieur de deux ans à celui que nous venons de signaler.

ment de Flandre sur les espauUes de Philippe son fils^ se retira au- monastère de Watenes^ qu^il avoit.... auparavant fondé (1).

D'Oudegherst se trompe^ en attribuant à Thierry d^ Alsace la fondation de ce monastère; comme nous le verrons en son lieu, cet honneur revient,, en partie du moins^ à Robertle-Frison. Thierry n'a été que le restaurateur et le bienfaiteur de cette maison. Au commencement du XII^ siècle, les malheurs du temps avaient ruiné le monastère, et sa destruction paraît avoir été si complète, que Thierry, qui le rétablit, eu a été regardé par quelques auteurs, tels que d'Oudegherst, comme le premier fondateur.

Quand Thierry d'Alsace se fut fixé à Watten, le jeune comte Philippe s'établit au château de Rihoult, à Arques, pour être plus à portée de correspondre avec son père, qu'il venait consulter fréquemment sur l'administration du pays. " En l'an mil cent soixante-huict, dit d'Oudegherst, le conte Thiéry d'Elsate se sentant griefvement malade, et prévoyant sa mort certaine, fit venir vers soy au monastère de sainct Gilles à Watenes, le conte Philippe, Mahieu et Pierre ses enfans... " (^); l'annaliste rapporte ensuite les ^' remonstrances " qu'il leur fit. Thierry s'étant un peu rétabli, fit un voyage à Gravelines; il y mourut le 17 Janvier 1168, et l'on rapporta son corps dans l'église de la Vierge, à Watten. Les obsèques du prince furent célébrées avec une rare magnificence, et un élégant tombeau reçut sa dépouille. Thierry avait vécu quatre ans avec les chanoines, et leur sainte compagnie lui avait procuré la paix et le bonheur. Héritier des sentiments de son auguste père, Philippe d'Alsace entoura d'une protection spéciale le monastère de Watten, que tant de souvenirs rendaient cher à sa piété filiale (^).

Q) Annales de Flandre, édit. Lesbroussart, tom. i, Gand 1789, p. 418. (•^) Id., p. 422.

(^) Hermand, Notice historique sur Watten, dans les Mémoires des Antiquaires de la Morinie, tom. iv, pp. 78 et suiv.

Les faits que nous venons de passer en revue, dénotent une prédilection marquée de Thierry d^ Alsace pour le monastère de Watten : il le releva de ses ruines et T enrichit de ses libéralités,, il y passa les dernières années de sa vie et y choisit sa sépulture. Ne serait-on pas admis à chercher le motif de cette prédilection dans le culte de saint Grilles, qui fleurissait au monastère ?

N'oublions pas que Thierry était un prince fort dévot, grand partisan de pèlerinages et de cérémonies religieuses. Un autel érigé en Thonneur du saint abbé ornait l'église conventuelle, dédiée à la Vierge, et dès le commencement du XII^ siècle, on venait implorer le secours du thaumaturge dans diverses maladies, et surtout contre les maux de tête. Ce pèlerinage, il est vrai, prit de grands développements au siècle suivant, lorsqu'on bâtit une église destinée à servir de paroisse à la ville formée auprès du monastère; cette église fut érigée sous le vocable de saint Grilles, dont le culte demeura commun aux deux temples. Mais, à l'époque où Thierry d'Alsace vint fixer sa résidence à Watten, le concours des fidèles était déjà considérable : leur confiance filiale dans le saint anachorète, les faveurs signalées qui en étaient la récompense, devaient vivement impressionner un prince aussi éminemment religieux, et lui inspirer un respect singulier pour le sanctuaire, témoin de ces pieuses manifestations. Qui sait s'il ne faut pas y voir un des motifs de la préférence accordée par Thierry au monastère de Watten ?

Nous avons dit que Philippe d'Alsace s'établit à proximité de la retraite de son père, et qu'il faisait à ce dernier de fréquentes visites. Bien souvent, pour ne pas dire toujours, il aura rencontré sur son chemin des pèlerins allant à Watten ou en revenant. Ce spectacle l'aura familiarisé avec la dévotion à saint Gilles, et peut-être lui aura-t-il suggéré la première idée du pèlerinage qu'il devait entreprendre au tombeau du glorieux solitaire, deux aiis après la mort de son illustre père. De la sorte tout s'enchaîne et s'explique.

Kobert de Flandre, dit de Cassel, fils cadet du comte Robert de Béthune et d^Yolande de Bourgogne (^), se distinguait également par sa piété envers saint Gilles, et nous apprenons par son testament, daté du diemence apriès le jour de FAssumption de Nostre-Dame de l'an de grâce 1328 qu'il avait fait vœu d'aller en pèlerinage au tombeau du Saint. Nous y lisons :

" Item, je doi un pèlerinage faire.... a Saint-Gille en Provence... (^); si voel et ordonne sil fust ensi que je ne les fesisse en men vivant que il soient fait par un homme souffissant a cheval tel commB il samberoit boin à mes exécuteurs, liquelz ait souffissamment ses despens au rewart (*) de mes exécuteurs, et voel et ordonne.... que lis pèlerins qui pour mi fera ces dis voïages requiesce et priece pour Dieu as signeurs de le dicte église Saint-Gille que il fâchent dire en leur dicte église trois messes de reqidem pour lame de mi " (^).

Robert de Cassel mourut à Warnêton, au commencement de Juin 1331, sans avoir accompli son vœu; ses exécuteurs testamentaires eurent soin d'y pourvoir, et la preuve écrite s'en trouve parmi les archives du département du Nord, à

(^) Voyez, sur ce seigneur, un travail étendu et fort complet de M. Carlier, intitulé : Robert de Cassel, seigneur de Bunlcerque, Cassel, Nieppe, Warnêton, Gravelines, Bourhourg. Ce travail est inséré dans le tome x des Annales du Comité flamand de France, Lille 1870, pp. 17-248.

Q) Ce testament figure parmi les pièces justificatives de la seconde partie du travail de M. Carlier, pp. 220 et suiv. Avec son codicille, daté du " jour de la Trinité, l'an de grâce 1331 ", il ne comprend pas moins de dix-sept pages; l'original repose aux Archives du département du Nord, à Lille. Parmi les exécuteurs testamentaires que choisit Robert de Cassel, se trouve " Maistre Piere de Rinc, curé de Longuemark ".

(^) Les écrivains du moyen âge placent en Proveuce la ville de Saint - Gilles, située sur la rive droite du Rhône, en Languedoc. Voyez, pour l'explication de ce détail, notre tome i"^"", p. 91, note 1.

('*) Rewart signifie proprement : égard, considération. Voyez Roquefort, Glos'iaire de la langue romane, Paris 1808, t. ii, p. 482. Dans notre texte, ce terme offre le sens du vieux mot français Regard, dont il semble n'être, du reste, qu'une corruption, et qui signifie: volonté, jugement, avis, ordonnance (Roquefort, op. et tom. cit., p. 453), par extension, taxation.

(•^) Annales du Comité fljamand de France, tom. x, pp. 222, 223.

Lille. Ce dépôt renferme une ^' Quittance donnée par les sacristains du monastère de St. -Grilles en Provence^ de sommes reçues des enfants de feu Robert^ sire de Cassel^ et de Jean de Janua^, son barbier^ pour l'âme dudit Robert (^).

Voici le texte de cette quittance^ datée du 12 Mars 1332 :

JSToverint universi et singuli quod nos Gruillelmus et Hugo; humiles sacriste et tezaurarii monasterii Sancti Egidii in Provincia, habuimus et recepimus a Jobanne de Janua, barbitonsore illustris et potentis viri domini Rotberti de Flandria, quondam militis, Ix solidos turonenses pro anima dicti domini Rotberti, et xx'* solidos turonenses pro liberis ejusdem, qui quidem Johannes fecit ibi unam missam pro anima sepedicti domini domini Eotberti per venerabilem conventum dicti monasterii sollempniter celebrari, xij die mensis martii. In quorum testimonium bas patentes litteras nostro sigillo ipsi concessimus sigillatas. Datum et actum in dicto monasterio die predicta anno Domini M. CGC. XXX secundo.

Chambre des Comptes de Lille. Orig.

en pareil., scellé d'nn sceau qui représente un homme agenouillé devant la Vierge (^) .

(^) Inventaire- sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, commencé par feu A. et J. Le Glay, continué par M. Desplanque, Nord, Archives civiles, Série B, Chambre des comptes de Lille, tom. i, Lille 1865, p, 118, B 689.

(^) La copie de cet acte nous a été transmise par M. le chanoine Dehaisnes, archiviste du département du Nord.

Le barbier Jean de Janua, qui fit le pèlerinage de Saint-Gilles, en exécution du vœu de Robert de Cassel, ne fit célébrer, dans l'église du monastère, qu'une seule messe pour le repos de l'âme de son maître,- et cependant le testament de ce seigneur stipulait, en termes bien exprès, l'exonération de trois messes de requiem en la " dicte église Nous ignorons pourquoi cette stipulation ne fut point respectée.

Jean de Janua devait être fort avant dans les bonnes grâces de son maître, puisque ce dernier, lui fit, par son codicille, un legs de deux cents livres tournois, le plus considérable dont il soit fait mention dans cette pièce, si l'on en excepte celui fait à Jehan de le Wastine, et égal à celui dont fut gratifiée l'abbaye de Warnêton, oii Eobert de Cassel avait choisi sa sépulture. Voyez, sur Jean de Janua ou " Jehan de Jeneves ", comme l'appelle Robert, la notice de M. Carlier (Ann. du Com.flam. de Fr., t. x, p. 210, not. 2). Autrefois, du moins en beaucoup d'endroits, le métier de barbier n'était pas aussi modeste qu'il l'est aujourd'hui. Les barbiers pratiquaient la saignée, faisaient l'oâice de dentistes, etc.; comme tels, ils ne formaient à Bruges qu'un seul corps avec les chirurgiens, sous le titre de corporation des chirurgiensbarbiers. On trouve de curieux détails à ce sujet dans les Analectes médicaux, du D"" De Meyer, tom. i, Bruges 1851, pp. 28 et suiv., et dans J. Gailliaed, De ambachten en neringen van Brugge, Brugge 1854, pp. 173 et suiv.

Il importe de ne pas confondre le pèlerinage dont il est ici question, pèlerinage volontaire ou de dévotion, avec un autre pèlerinage au tombeau de saint Gilles, imposé à Robert de Cassel par le traité de 1316, conclu entre Eobert de Béthune et le régent du royaume de France. Nous parlerons de ce voyage au paragraphe suivant.

Ici s^arrêtent nos renseignements sur la première catégorie de pèlerinages à Saint-Gilles; Pabsence de détails ultérieurs n^infirme en rien notre tbèse. Les faits empruntés à rhistoire de Philippe d^ Alsace et de Robert de Cassel, ne constituent pas des faits isolés; ces princes ont suivi le courant populaire, qui poussait les masses vers le monastère de la vallée Flavienne, devenu, par suite des croisades, le rendez-vous des pèlerins de PEurope entière; ce serait faire injure à nos aïeux que de les exclure de ce mouvement général. oublions pas d^ailleurs que le moyen âge s^appelle à bon droit Tère des pèlerinages : Les chrétiens de l'Occident, dit Michaud, presque tous malheureux dans leur patrie, et qui souvent oubliaient leurs maux dans des voyages lointains, semblaient n'être occupés qu'à rechercher sur la terre les traces d'une divinité secourable ou de quelque saint personnage. Il n'était point de province qui n'eût un martyr ou un apôtre, dont ils allaient implorer l'appui; point de ville ou de lieu solitaire qui ne conservât la tradition d'un miracle et n'eût une chapelle ouverte aux pèlerins. Les plus coupables des pécheurs {}) ou les plus fervens des fidèles s'exposaient à de plus grands périls, et se rendaient dans les lieux les plus

(') Les historiens nous montrent le comte de Flandre Kobert-le-Frison se rendant à Jérusalem, en expiation de ses fautes : Jam canis sparsus caput, dit Guillaume de Malmesbury, Jerosolymam contendit pro peccatorum alleviamento (d'Oddegherst, tom. I, p. 314, note de Lesbroussart). Parlant de Eobert de Jérusalem, Micbaud dit : " Il était fils de Eobert, surnommé le Frison, qui avait usurpé la principauté de Flandre sur ses propres neveux, et qui, pour expier ses victoires, avait fait quelque temps avant la (première) croisade, un pèlerinage à Jérusalem, " (Histoire des Croisades, tom. i, p. 175). Parti en 1085, escorté d'un grand nombre de barons flamands, Eobert resta près de deux ans en PalcRtine.

éloignés (^) . Et après avoir énuméré les principaux endroits d'Europe^ d^ Afrique et d'Asie^ que visitaient les clirétiens^ Micliaud ajoute: Tels étaient la dévotion et F esprit des dixième et onzième siècles {^), que la plupart des chrétiens auraient cru montrer une coupable indifférence pour la religion, s^ils n^ avaient entrepris quelques pèlerinages^^ (^).

PÈLEEINAGES IMPOSÉS A TITEE DE PÉNALITÉS.

Les pèlerinages au tombeau de saint Gilles, de même que la visite à d'' autres sanctuaires, s^imposaient jadis, soit comme châtiment d^un crime ou d^un délit, soit comme condition de traités de paix ou d^ autres conventions de ce genre. Nous traiterons de ces pèlerinages dans deux articles distincts.

C) Voyez une belle page de l'Histoire des comtes de Flandre, de M. Le Glay (tom.i, pp. 214, 215) sur les pèlerinages belges en Terre-Sainte antérieurs aux croisades, et notamment sur celui de Lietbert, évêque de Cambrai.

Ce prélat partit pour la Palestine, en 1054, suivi de plus de trois mille pèlerins des provinces de Flandre et de Picardie. Miobaud (op. cit., tom. i, pp. 572 et suiv.) décrit les péripéties du voyage de Lietbert. Les pèlerins n'atteignirent point la ville de Jérusalem, but de leur voyage, mais ce fait, et celui dont parle la note de la page précédente, prouvent que, dès avant les croisades, le goût des pèlerinages lointains était aussi prononcé cbez les Belges que cbez d'autres peuples, et qu'à cette époque déjà nos ancêtres pouvaient avoir connaissance du pèlerinage au tombeau de saint Gilles.

(^) Cette remarque s'applique, à plus forte raison, aux deux siècles suivants, qui forment l'ère des croisades.

(^) Histoire des Croisades, tom. i, pp. 49 et suiv. Micbaud développe fort bien cette matière; voyez tom. i, pp. 48-71, et son Éclaircisseynent sur les Pèlerinages, parmi les Éclaircissements qui terminent le même volume, N'' II, pp. 546- 585. On consultera aussi, avec beaucoup de fruit, V Introduction du Dictionnaire géographique, historique, descriptif, archéologique des pèlerinages anciens et modernes et des lieux de dévotion les plus célèljres de Vunivers, par de Sivry et Champagnac (OoUect. Migne), Paris] 859.

AETICLE I

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