‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 47 sur 253 · ANVERS · texte numérisé non relu

ANVERS

Le pouillé de l'ancien diocèse d'Anvers^ faisant le relevé des chapellenies de F église de Notre-Dame en cette ville, mentionne un autel de Saint- Gilles et de Saint-Lambert, altare SS. Egidii et Lamherti (^).

La chapelle de Fancien hospice de Clapdorp {^) renfermait un autel dédié à saint Grilles et à sainte Marie-Madeleine. Bollandus, dans la Vie de saint Biaise, dit avoir vu un document romain, daté de 1475, par lequel Philippe, cardinalévêque de Porto, les cardinaux-prêtres Barthélemi, du titre de Saint- Clément, Olivier, du titre de Saint-Eusèbe, Marc,

(') Feu M. Knyl, curé de Saint-André, à Anvers, de qui nous tenons ce détail (lettre du 20 Septembre 1871), ne nous a pas indiqué l'année de la confection de ce pouillé. Nous croyons superflu de répéter, que, dans les anciens pouillés, le mot altare est souvent synonyme de bénéfice, et que dès lors les termes altare SS. Egidii et Lamherti doivent peut-être s'entendre d'une chapellenie fondée sous le vocable de ces Saints.

(^) Cet hospice, communément appelé de infirmerie op Clapdorp, existait déjà en 1300; il tirait son nom du hameau de Clapdorp, enclavé plus tard dans la ville, et était primitivement destiné à recueillir des Béguines malades, c'est-à-dire, des filles dévotes, vivant isolément ou dans leurs familles, et qui n'avaient de commun avec les vraies Béguines que le nom. Plus tard l'établissement fut converti en hospice de vieilles femmes, et transféré, en 1545, dans la rue Rouge, Roodestraat; la chapelle de la maison était dédiée à saint Biaise. Voyez DiERCXSENS, Antverpia Christo nascens et crescens, 2*^ édit., tom. ir, Antverpiae 1773, pp. 2, 3, 62 et suiv. — Mertens et Torfs, Gesddedenis van Anttcerpen, ii deel, Antwerpen 1846, pp. 220 et suiv.

" Au Klapdorp, dit M. Augustin Thys, fut fondé, au treizième siècle, un hôpital ou hospice en faveur de seize femmes, de préférence des béguines ou tilles dévotes, pauvres et infirmes. Cet hôpital se nommait de Infirmerij et se ti'ouvait à l'angle oriental de la rue des Dominicainesj un peu plus loin, à peu près à l'endroit où la rue de Klapdorp se rétrécit soudainement, était une chapelle assez spacieuse formant une dépendance de l'hospice, et qui était sans doute aussi l'église du hameau; elle avait deux autels, l'un consacré à Saint-Égide, l'autre à Sainte-Marie-Madeleine." {Historique des rues et places ptibliques de la ville d'Anvers, Anvers 1873, pp. 112, 113.)

du titre de Saint- Marc, Baptiste, du titre de Sainte- Anastasie, Ausias, du titre de Saint- Vital, Etienne, du titre de Saint- Adrien, Antoine, du titre de Saint- Jean-Baptiste et de Sainte- Balbine, et le cardinal- diacre Théodore, du titre de Saint- Théodore, accordent une indulgence de cent jours, en faveur de ceux qui visitent, à certains jours, 1^ autel de Saint- Gilles et de Sainte-Marie-Madeleine, dans la chapelle de Finfirmerie de Clapdorp, visitantibus altare S 8. ^gidii et Mariœ Magdalenœ in Gapella Infirmariœ op Clapdorp (}).

Parmi les reliques des XXXVI " Saints éminents comme on les appelle (^), jadis vénérées dans Téglise de Tabbaye de Saint- Sauveur, à Anvers, et conservées aujourd'hui à Téglise paroissiale de Saint- André, en la même ville, nous en trouvons une de saint Gilles. L'histoire de ce riche trésor a été esquissée ailleurs (^); il nous reste à parler des honneurs, qui lui furent rendus.

Personne sans doute n'a contribué davantage à relever le culte de ces reliques, que l'abbé de Saint- Sauveur, François Diericx (^), surtout par la publication de son beau livre :

Q) AA. S8. Februarii, tom i, Antverpise 1658, pp. 333, 334. Diercxsens (op. et tom. cit., p. 2) indique par erreur le tom. m de Février, p. 333; Mertens et Torfs sont moins exacts encore, en renvoyant à la p. 33 du tom. m (op. et tom. cit., p. 222, en note).

(2) Eminentes Sancti, uitmuntende Heiligen. (^) Tom. I, pp. 351 et suiv.

(^) François Diericx, d'Anvers, entra, le 15 Octobre 1649, au prieuré • cistercien de Saint -Sauveur, devenu abbaye en 1652, et communément appelé Peeter Pot, du nom de son fondateur. Profès, le 28 Juin 1651, il remplit successivement les charges de sous-prieur, de maître des novices et de prieur; nommé abbé de son monastère en 1668, il reçut, le 2 Octobre de cette année, la bénédiction abbatiale des mains d'Ambroise Capello, évêque d'Anvers, assisté de Jean van Heymissem, abbé de Saint-Bernard sur TEscaut, et de Macaire Simeomo, abbé de Saint -Michel, à Anvers. Seize mois avant sa mort, François Diericx se retira à Herentbals, où il décéda le 5 Janvier 1688, à l'âge de 58 ans, dans la 20*^ année de sa prélature, la 38'= de sa profession religieuse, et la 34^ de prêtrise. Nous connaissons de l'abbé Diericx, outre les deux ouvrages cités, une Vie flamande de saint Marcou, sur laquelle on trouvera de curieux détails dans Rond den Heerd, 8"'^ jaar, 1873, pp. 170 et suiv. Ni Foppens, dans sa Bihliotheca Belgica, ni Paquot, dans ses Mémoires, ne

Fides et Traditio Sacrarum Reliquiarum XXXVI Eminentium Sanctorum, qiiœ puhlicœ Christi-Fidelium venerationi exponuntiir in Ecclesia S. Saivatoris, Ântverpiœ : demonstrata a D. F. Francisco Diericx, dictœ Fcclesiœ Ordinis Cisterc. Ahhatc (^). Il existe un autre écrit du savant prélat, servant d^introduction au premier, et intitulé : Tractatus prœvius de antiqidssima Sacrarum Reliquiarum veneratione ab ipsis mundi exordiis, per continuam in Ecclesia successionem usque ad nostra tempora deducta ac demonstrata, per F. Franciscum Diericx, Ord. Cisterc. Monasterii 8. Saivatoris Ahhatem (^). Parlant de isaint Gilles, Fauteur dit, à la page 95 de ce dernier travail :

Si plaga sterilitatis terrœ {quœ famem validam, et miserandam inducit) Patrice immineat, ad S. Mgidium Ahhatem, ejusque fugiamus Reliquias, et Patronus magnus erit, uti aller Elias, ut sanaretur sterilitas terrœ : ut cœlum rorem et pluviam, et solum det fructus suos.

Le motif qui fait invoquer saint Gilles contre la stérilité des terres, causée par une trop grande séclieresse, est assez connu; lorsque notre Saint partageait la solitude de Vérédème, il avait, par ses prières, rendu la fertilité aux campagnes voisines {^) .

Mais est-il permis d'inférer du passage cité de Diericx, que lorsqu^il y avait disette d'eau et partant crainte de voir les récoltes compromises, on venait implorer l'assistance de saint Gilles, dans l'église abbatiale de Saint- Sauveur, oii reposaient ses reliques ? Nous manquons d'éléments pour résoudre cette question.

mentionnent cet écrivain; la majeure partie dos notes biographiques qui précèdent, est extraite du nccrologe manuscrit de l'abbaye de Saint -Sauveur.

(') Antverpiœ 167 4-.

(-) Antverpia3 1674.

Sterilitatem enim terrœ fertur sanctus Mgidius tune suis orationihus Jugasse. (Cf. Vita S. Mrjidii auctore anonymo, dans les AA. S8. Septemhris, tom. I, p. 300, n. 9 )

Emmanuel de Portugal avait donné les reliques, dont nous parlons {^), au prieur Christoplie Butkens, en 1633, mais il s'écoula près de quarante ans, avant qu'elles fussent exposées à la vénération publique; dans l'intervalle, les lettres, qui constataient leur authenticité, s'étaient égarées. En 1671, l'abbé François Diericx, qui s'occupait à mettre en ordre les archives de son monastère, eut le bonheur de retrouver ces pièces; il fit part aussitôt de sa trouvaille à l'évêque d'Anvers Ambroise Oapello, qui chargea l'archidiacre Aubert van Eede d'examiner l'affaire (^). Le résultat de cet examen fut favorable, et les reliques ayant été enchâssées dans des reliquaires distincts, l'évêque les munit de son sceau, et donna de nouvelles lettres d'authenticité, datées du 24 Octobre 1671. Sa Grandeur autorisa, le même jour, la publication du bref apostolique, en date du 26 Juin 1671, par lequel le pape Clément X, faisant droit à la supplique de Pabbé Diericx, érigeait, dans l'église du monastère de Saint- Sauveur, une confrérie sous le vocable des XXXYI Saints, et l'enrichissait de plusieurs indulgences, tant plénières que partielles. Ambroise Capello fixa la fête principale de la confrérie au premier Dimanche du mois d'Août, et permit de faire annuellement une procession au dit jour (^).

Le Dimanche, 7 Août 1672, jour destiné à Fexaltation des reliques des XXXYI Saints, la ville d'Anvers vit défiler dans ses rues un cortège, qui surpassait en magnificence tout ce qu'elle avait vu de manifestations religieuses de ce genre, depuis bien des années (*). Neuf chars, décorés avec une rare

Q) Sauf une, celle de saint ïïatliebrand, que l'évêque Ambroise Capello ajouta pour parfaire le nombre de trente-six, le 24 Octobre 1671 (Diericx, Ficles et traditio, etc., p. 263).

(^) Diericx, Fides et traditio, etc., pp. 239 et suiv.

(^) Diericx, id., pp. 217 et suiv.

(^) C'est la remarque de Papebrochius, dans la Vie de sainte Marie d'Égypte : Non fuit, — écrit le savant bollandiste, — a multis annis Antverpiœ, quai urhs in sacris processionihus adornandis singulari excellere solet magnificentia, pompa ulla augustior spectahiliorque quam illa, in qua sacrœ Reliquice (il parle des reliques des XXXVI Saints, parmi lesquelles il y en avait une

somptuosité, et traînés par des chevaux richement caparaçonnés, portaient les images des XXXVI Saints, accompagnées chacune d^un chronogramme latin, rappelant Tannée 1672. De charmants petits tableaux, dus au pinceau de Théodore Boeyermans (^), et représentant les saints personnages, complétaient r ornementation des chars, près desquels marchaient des religieux des divers monastères d^ Anvers, portant les reliques des héros de la fête (^) .

Sur le septième char, dit des saints abbés, on voyait saint Benoît et son disciple saint Maur, ayant à leur droite saint Gilles, et à leur gauche saint Hathebrand. Le chronogramme suivant ornait Timage de saint Gilles :

^gIDIYs Venator YM teLo ConeossVs.

Les reliques des quatre saints abbés étaient portées par des Frères-Prêcheurs (^) .

Les 8 et 9 Août, à 3 heures de relevée, un public d^ élite se pressait dans une des vastes salles de l'abbaye de Saint- Sauveur, pour assister à la défense des thèses théologiques, soutenues par un religieux de la maison, le Frère Idesbalde van der Schelstraete, sous la présidence de son professeur,

de sainte Marie d'Egypte) circumgestahantur. (AA. S8. Aprilis, tom. i, Antverpiae 1675, p. 74, n. 32. — Item Diericx, Fides et traditio, etc., p. 249.)

(^) Théodore ou Thierri Boeyermans, peintre d'histoire de grand talent, dont les tins font un élève de Rubens et les autres de Yan Dyck, naquit à Anvers, le 10 Novembre 1620, et y mourut en 1677 on 1678. Voyez, sur cet artiste, la notice de M. Siret, insérée dans la Biographie nationale, tom. II, Bruxelles 1868, coll. 605 et suiv. Les petits tableaux, dont parle Diericx, sont conservés aujourd'hui à l'église de Saint-André. D'après M. Visschers, dans sa Geschiedenis van S* Andries Icerlc, te Antwerpen, m deel, Antwerpen 1861, p. 223, ils seraient l'œuvre de divers artistes, et Boeyermans en aurait seulement peint la majeure partie. Cela se concilie difficilement avec les termes si formels de Diericx: .... picturœ sancti aut sanctœ ah ingeniosissimo Pictore Theodoro Boyermans pro Ecclesia 8. Salvatoris magna industria (ut videre est) delineatœ. (Fides et traditio, etc., p. 248.)

(^) Diericx ne consacre pas moins de huit pages à la description de cette fête, qu'il qualifie de processio admiràbilis. Voyez Fides et traditio, etc., pp. 242-249. — Item Mertens et Torfs, Geschiedenis van Antwerpen, Vi deel, Antwerpen 1851, pp. 56, 57.

(•') Diericx, Fides et traditio, etc., p. 246.

le R. P. Albéric van den Kercïiove. Ces thèses avaient été livrées à l'impression^ et étaient dédiées aux XXXVI SaintS;, triginta seX MIrahILIbUs Bel sanGtIs. La dédicace se composait de trente-six chronogrammes en leur honneur (^); le 2 relatif à saint Gilles, était ainsi conçu :

^gIDIo, CerYa nVtrIente, In sYLYa ManentI (^).

La confrérie des XXXVI Saints célébra, le Dimanche, 4 Août 1771, et sept jours suivants, son jubilé de cent ans d'existence. A cette occasion, l'église de l'abbaye de Saint- Sauveur, où la confrérie avait son siège, reçut une décoration splendide, dont nous trouvons la description dans la curieuse plaquette intitulée : Verhondinge van het Sonder t-Jaerig Jubilé Aengaende de Lofweerdige Instellinge van H Vermaert Broederschap der XXXVI Uytmuntende Heyligen, Welkers Gëapprobeerde Beliquien Busten, en ge'éert worden in de Kerhe der Abdye van S. Salvator, tôt Antwerpen. — f Antwerpen, by J. B. de Gort, Boeh-druhher en Boel^-verhooper op de Lombaerde-vest in den gidden Bybel by de Gammestraet (s. d.), petit in-4, de 48 pp. (^).

L'église était tendue de riches tapis, sur lesquels se détachaient des médaillons à l'effigie des XXXVI Saints, avec accompagnement de chronogrammes latins et de quatrains latins et flamands (*) .

Voici ceux qui encadraient le médaillon de saint Grilles :

sanCto ^alDIo Magno abIeOtIs aUXILIo.

Aen den H. ^gidius grooten helper der Aermen.

^gidiiis miseros solatur, et inter egenos Tôt bona munifica dividit ampla manu:

Plura quid hîc memorem ? cœli pietate pofcitur Divitiis : certum est, qui bene fecit, habet.

Q) DiERicx, Fides et traditio, etc., pp. 249 et suiv. O DiERicx, id., p. 252.

(^) M. le curé Visschers attribue cette plaquette à l'anversois J. A. F. Panwels. (Geschiedenis van *S" Ândries Tcerk, ui deel, pp. 102, 103, en note.) (■*) Verkondinge van het Hondert-Jaerig Jubilé, etc., pp. 16 et suiv.

^gidius verbroost d'aerm' en bedrukte mensclien, Deelt uyt syn geld en goed, dit zyn syn' meeste wenschen : Wat zegg' ik nog al meer ? hy koopt met 't aerdsche goet Den hemel : dit verkrygt, die zulke werken doet (^).

La révolution française chassa les religieux de Saint- Sauveur et détruisit leur abbaye. Mises en lieu sûr^ et sauvées ainsi de la profanation^ les reliques de nos XXXVI Saints, sitôt la tourmente apaiséO;, furent solennellement transférées à Féglise paroissiale de Saint- André; cette translation se fit, en 1802, du consentement de l'archevêque de Malines Jean- Armand de Roquelaure. L'ancienne confrérie, gardienne-née du saint dépôt, suivit celui-ci dans son nouvel asyle, et, dès 1803, le conseil d'administration rentra en fonctions (^).

En 1821, la confrérie célébra son jubilé de cent-cinquante ans, et, en 1846, celui de cent soixante-quinze ans d'existence (^). Pour relever davantage l'éclat de ce dernier jubilé, le conseil d'administration avait, dès 1844, résolu de faire confectionner une cliâsse en argent, destinée à renfermer les reliques des XXXVI Saints, et, afin d'en couvrir les frais, il organisa, une exposition-tombola d'objets d'art, qui fut cou-

(') Verhondinge van het Hondert-Jaerig Jubilé, etc., pp. 33, 34.

(-) VisscHERS, Geschiedenis van S" Andries Tcerh, m deel, p. 13. Il existe une plaquette intitulée : Handhoeksken van HHeylig Geaipiproheérd Broederschap der XXXVI JJytmuntende Hetjligen, Ingesteld doôr den Âllerheyligsten Vader Clemens X. anno 1671, in de Tcerli der Ahdey van 8t. Salvator, en hy suppressie der zelve Ahdey overgehragt doôr Zyne Doérluchtige Hoogweêrdigheyd Joannes Armandus de Roquelaure, Aerdshisschop van Mechelen, in den jaere 1802, in de Parochiaele Kerk van den H. Apostel Andréas, ahvaer deéze heylige Reliquiën loorden uytgesteld tôt eerhieding van aile Christene Geloovigen, met een Korthegryp van de Levens der zelve Heyligen, en een vaste aenwyzing hoe en doôr wie deézen xiytneémenden Schat aen deéze Kerk is gekomen. — Uyt de Drukkery van Philippe Ville op de oude Koorde-merkt. 1822, in-12, de 20 pp. Cette plaquette renferme, rangées dans l'ordre du calendrier, de courtes notices biographiques sur les XXXVI Saints; celle de saint Gilles, qui figure à la p. 15, n'offre rien de saillant.

La description de ce double jubilé peut se lire dans Visschers, op. et tom. cit. Voyez sur celui do 1821, pp. 102 et suiv., et sur celui de 1846, pp. 216 et suiv.

ronnée du plus beau succès. La ciiâsse^ sortie des mains de l'habile orfèvre anversois J. Verschuylen, coûta^ s^il en faut croire Mertens et Torfs (^), la somme de trente mille francs; elle fut exposée,, pour la première fois^ dans Péglise de Saint- André, durant la quinzaine jubilaire de 1846 (1-16 Août), et excita ^admiration générale. Le même artiste avait renouvelé les petits reliquaires d''argentj dans lesquels sont encbâssées séparément les reliques; quatorze d^ entre eux, parmi lesquels celui qui contient les reliques de saint Gilles, furent exécutés aux frais de la confrérie, les autres sont des dons de divers particuliers (^). La grande cbâsse est exposée annuellement durant Foctave des XXXYI Saints, qui se solennise le P^" Dimanche d'Août et sept jours suivants; aux autres temps de l'année, les reliques sont renfermées dans deux armoires vitrées, placées de chaque côté du chœur, près des degrés qui mènent au sanctuaire.

La confrérie des XXXVI Saints distribuait jadis des images, représentant ces bienheureux, disposés dans l'ordre du calendrier, en six rangées, chacune de six compartiments, où l'on voit le Saint ou la Sainte avec ses principaux attributs et son nom. Saint Gilles occupe la vingt-sixième case; il est accompagné de sa biche, porte le costume monacal, tient la crosse de la main droite et une flèche dans la gauche. Cette gravure, qui date probablement du siècle passé, trahit un burin peu exercé; feu M. Kuyl, curé de Saint- André, a eu la bonté d'en communiquer le cuivre, aujourd'hui encore propriété de la confrérie, à la rédaction de la feuille hebdomadaire brugeoise Rond den Heerd, qui l'a reproduit à la p. 180 du tome viii (année 1873) de ce recueil.

(^) Geschiedenis van Antwerpen, vi deel, p. 57, en note.

O Voyez, pour plus amples détails, Visschees, Geschiedenis van 8^ Andries Tcerlc, m deel, pp. 222 et suiv. Les tableaux de Boeyermans sont disposés sur le piédestal, qui supporte la châsse.

PEOVINCE DE HAIMUT

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