‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 62 sur 253 · IV. - ÉGLISE DE SAINT-MARTIN, A MAESTRICHT C · texte numérisé non relu

IV. - ÉGLISE DE SAINT-MARTIN, A MAESTRICHT C

La ville de Maestricht est assise sur la rive gauche de la Meuse, reliée par un pont au quartier de la rive droite, nommé Wych, Wycic-Macstricht, qui forme comme une petite ville séparée. C'est à Wych que se trouve l'église paroissiale de Saint-

(') Nous avons mis à profit, pour la rédaction de cet article, les notes fournies par le R. P. Ambroisc Keelhoff (16 Décembre 1870), et par M. Willemsen, vicaire de Saiut-Servais, à Maestricht (16 Novembre 1871)-

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Martin. Cette église, de construction récente, a remplacé une autre, démolie en 1856, et dont M. Eugène Gens écrivait en 1843 :

" Comme monument, elle est peu remarquable, sauf la

la tour Quoi qu^il en soit, son origine est fort ancienne et

on ignore sa date certaine; mais jusqu'en Fan 1587 (^), elle n'occupa qu'un rang très-inférieur. Elle n'était, avant cette époque, qu'une quatrième chapelle de la paroisse du village de Bemelen, et le curé de cette paroisse, dépendante du chapitre de Notre-Dame, nommait le desservant de la chapelle de Wyck... Après le Concordat de 1801, l'église de Saint- Martin fut érigée en église primaire du canton nord de Maestricht" (3).

Il existait jadis à Wych un hospice de vieilles femmes, dont on fait remonter l'origine à saint Monulphe, XII^ évêque de Maestricht, qui mourut en 599. Cet hospice et la chapelle y annexée étaient placés sous l'invocation de saint Grilles (^) . La tourmente révolutionnaire de la fin du siècle dernier a renversé cette institution charitable.

On trouve à Saint-Martin un autel érigé sous le vocable de saint Gilles, et orné d'une magnifique statue de ce Saint. Cette statue, vrai chef-d'œuvre de sculpture, date du XV*^ siècle elle est en bois polychromé et a conservé sa peinture primitive. Saint Gilles est représenté debout, revêtu de l'habit noir de bénédictin, avec sous-robe blanche, le capuce légèrement rabattu sur les épaules; sa tête rasée laisse voir la cou-

(^) Un de nos correspondants recnle jasqu'en 1487, la date de l'érection en église paroissiale, de la chapelle de Saint-Martin. Nous ne savons laquelle des deux opinions est la vraie.

(^) Les monuments de Maestricht, p. 111. Cet extrait nous a été communiqué par le P. Keeliioff; nous n'avons pas l'ouvrage d'Eugène Gens sous la main.

(^) S'il est vrai, comme le porte la tradition, que saint Monulphe fonda cet hospice, il ne peut l'avoir mis sous la protection de saint Gilles, vu que celui-ci, d'après l'opinion adoptée aujourd'hui, n'était pas encoré né, lors du décès de saint Monulphe. Ce sera donc plus tard seulement, que la maison aura été placée sous ce vocable.

(^) D'autres voient dans cette statue le cachet d'un artiste du XVI*^ siècle.

ronne monastique. Il tient un livre ouvert dans la main droite et une flèclie dans la gauche. L^artiste n^a point oublié la biclie; placé à la droite du Saint^ Fintéressant animal pose les pieds de devant sur son maître (^).

L'église de Saint-Martin sert de but à un pèlerinage fameux. Ce pèlerinage^ qui dure toute Tannée, prend des proportions extraordinaires à la fête et pendant Foctave de saint Gilles. Les mères y accourent, de dix lieues à la ronde, tenant leurs enfants par la main ou les portant sur le bras. On évalue à plus de vingt mille le nombre des enfants amenés à Saint- Martin, durant cette huitaine, pour y vénérer les reliques de saint Gilles, et être guéris ou préservés des convulsions [stuipen), par l'intercession de ce grand Saint. L'église ne désemplit pas, ces jours-là. On récite sur les enfants malades l'évangile de saint Jean : In principio erat Verhum, et Toraison de saint Gilles (^).

Il y a une trentaine d'années, de bons campagnards venaient encore, de temps en temps, offrir des pigeons et des poulets; on ne fait plus aujourd'hui que des offrandes d'argent, et ces offrandes se font pendant toute l'année.

Le pèlerinage de Saint-Gilles, et tout ce qui s'y rattache, forme une œuvre spéciale, confiée aux soins d'un vicaire de- Saint- Martin, qui porte le titre de recteur de Saint-Gilles. Celui-ci perçoit, comme rémunération, le produit des offrandes faites le 1^^ Septembre, et, en vertu d'un ancien usage, il est tenu de régaler, ce jour-là, le clergé de la ville.

Durant l'octave de saint Gilles, on fait à Maestricht une pâtisserie grossière, appelée Krollebollen, consistant en pommes enduites de pâte, qu'on fait cuire au four. Ces KroUehol-

(') Cette description a été faite sur les Houx, au mois d'Août 1874, par un membre de la Gilde de Saint-Luc et de Saint-Thomas.

(2) M. Van Laer, curé-doyen de Saint-Martin, à Maestricht, nous a transmis des détails analogues : " Mille et mille mères, écrit-il, viennent i)cndant Tannée et surtout pendant Toctave, implorer pour leurs enfants la jjrotection et rintorc(>Ksion de saint Gilles, et demander la bénédiction" (Lettre (lu 19 Août 1878).

Icn se vendent par milliers anx pèlerins, car Fhabitude veut qu'on en donne, au retour, à toutes les personnes de la maisou, et l'on n'est point censé avoir fait le pèlerinage de Saint- Gilles, si l'on néglige de rapporter, en nombre suffisant, les KrolleholJoi traditionnelles.

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