‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 76 sur 253 · OBJETS D'ART · texte numérisé non relu

OBJETS D'ART

M. Delattre possède, dans sa riche collection cambrésienne, un vitrail, en forme de médaillon, provenant de Fancienne chapelle de Saint-Gilles, et un diptyque où figure le saint abbé. Laissons leur heureux possesseur en faire la description, et remercions-le d'avoir orné son travail d^une planche, qui reproduit cette double et précieuse épave (^) :

" Le vitrail représente saint Gilles, abbé, tenant de la main droite la crosse abbatiale. La main gauche est percée d'une flèche; une biche étanche le sang qui coule de la plaie, et rappelle celle de la forêt des environs de Nîmes, qui le nourrit de son lait pendant un certain temps. On lit dans le haut du vitrail la date de 1518. Cette date doit rappeler quelque fait historique qui nous échappe, et sur lequel nous appelons l'attention de nos chroniqueurs.

A-t-on sauvé ce précieux spécimen de l'art du verrier au XYI"^ siècle, au moment oii en 1580 on allait abattre une première fois la chapelle, pour dégager les abords de la place^ dans la crainte d'un siège ? A-t-il été replacé dans la chapelle I qui lui succéda, pour disparaître de nouveau sous le régime de I la terreur ? S'il en était ainsi, il faudrait avouer que ce frêle I objet d'art eut une meilleure fortune que le pieux monument^ pour lequel il fut fait, où il fut admiré, et auquel il a sur- I vécu" P).

' " Pour compléter nos renseignements sur les objets artistiques concernant le culte de saint Gilles à Cambrai, nous ferons la description d'un diptyque, peinture sur bois, dont

Q) Delattee, Recherches historiques sur la villa de Vabhé du Saint- Sépulcre, etc., p. 69.

(^) Planche 2, en face de la p. 62, fig. 1 et 3. (^) Delattre, op. cit., p. 63.

nous devons la possession à la vieille amitié de M. Manniez, économe des hospices et du bureau de bienfaisance de cette ville.

" Ce tableau, formé de deux volets, avec cbarnières, remonte au XV^ siècle. Il représente deux personnages; un prêtre revêtu du surplis, et une femme d^un certain âge paraissant être sa mère. Ils ont les mains jointes et sont agenouillés devant un prie-Dieu, sur lequel un livre est ouvert. Le prêtre porte une croix rouge entre les doigts; derrière lui apparaît .'^aint Gilles, ahbé, qu^on reconnaît à ses attributs. Derrière la femme se trouve la Sainte- Vierge, en riche costume du XV^ siècle, et tenant FEnfant divin dans ses bras.

S^il est permis de penser que les personnages occupant le second plan du tableau, sont les patrons de ceux que Fon voit dans Fattitude de la prière, serait-il téméraire de supposer que cette peinture n^est autre chose que le souvenir de la fondation pieuse de V office de saint Gilles, faite dans Féglise Notre-Dame, par le savant doyen, Gilles Carlier ? (^)

Delattre, op. cit., pp. 64, 65. — Gilles Carlier, né à Cambrai, fils de Gilles Carlier, qui occupait, entre les%leux portes de Cantimpré, tino forge tenne en fief de l'abbaye de Saint-Aubert, fit ses études au collège de Navarre, à Paris, fut créé docteur en théologie et prêcha avec succès dans la capitale. 11 paraît que, dès l'an 1411, il était possesseur d'un canonicat dans la cathédrale de Cambrai. Il fut nommé doyen de cette église, le 12 Octobre 1436, assista au concile de Bâle, et travailla avec zèle pour faire rentrer les Hussites dans le giron de l'Église. Député par le concile vers les Bohémiens, il s'acquitta de cette mission avec honneur, et revint à Bâle, oii il soutint, pendant quatre jours, une discussion animée contre Galerus Thaborite, sur l'article de la punition publique des péchés. Gilles Carlier mourut le 23 Novembre 1472. On a imprimé à Bruxelles, en 1479, deux volumes in-folio des consultations du savant doyen. Le premier a pour titre : Sporta fragmentorum, et le second : Sportula fragmentorum. On trouve dans les Miscellanea de Baluze, tora. m, p. 301, un écrit de Gilles Carlier, intitulé : Narratio de morte Juliani Cœsaris Cardinalis. Le même auteur avait laissé un ouvrage ayant pour titre : Scutum veritatis, qui se trouvait en manuscrit dans un monastère de Louvain. Jean Bander, dans son catalogue des manuscrits des Pays-Bas, attribue à Gilles Carlier des commentaires in lihros IV sententiarum, dont il existait un manuscrit à Bruxelles et un autre à Lille, chez les Dominicains. (A. Le Glay, Recherches sur Véglise métropolitaine de Camhrai, Paris 1825, pp. 127, 128, ot Cameracum christianum, p. 98. — Delattre, op. cit., pp. 65 et suiv.)

Une des cliapelles de Paiicienne église métropolitaine de Cambrai, démolie pendant la révolution française, la chapelle de Saint-Jep.n, renfermait une épitaplie, offrant en relief les images de saint Gilles, de saint Jérôme et de saint Denis FaréopagiteO).

Page 1