I. - BRÉVIAIRE ROMAIN
Deux lignes d'abord sur l'office de saint Gilles, empruntées à Baillet. Parlant du culte de notre Saint, cet liagiograpbe écrit :
" Le pape Urbain IV, qui monta sur le saint Siège l'an 1261, contribua encore à l'augmenter par son autorité, lorsqu'il fit une constitution pour faire mettre l'office de sa fête dans le bréviaire Eomain. Il y fut de rit semi- double ou à neuf leçons, comme on parle, jusqu'au milieu du seizième siècle qu'il fut réduit au simple (^); ce qui fut depuis confirmé
(') L'office simple diffère dn semi-double, en ce qu'il n'a qu'un nocturne, qui est celui de la férié, et trois leçons : la première est do rÉcriturc sainte, la seconde et la troisième peuvent être propres à la fête simplej si celle-ci n'a qu'une leçon projjre, ou prise au commun, la première et la deuxième leçons sont celles de la férié courante.
par le pape Pie V, et qui subsiste encore aujourd'liui dans TÉglise Romaine. f^)
Yoici la leçon historique du Bréviaire romain (^) :
^gidius Atheniensis, regisa stirpis, a prima astate divinis litfceris, et charitatis ofiSciis ita deditns fuit, iit nihil prseterea curare videretur. Itaque parentibus mortuis, fcotum patrimonium in pauperes erogavit : quhi etiam tunicam exuit, nt segrotum egentem tegeret; qua ille indutus statim convaluit. Sed multis deinceps clarior miraculis, timens sui nominis celebritatem, Arelatem ad beatum Csesarium contendit : a quo post biennium discedens, secessit in eremum : ubi diutius herbarum radicibus, et cervse lacté, quse statis ad eum horis veniebat, admirabili sanctitate vixit. Quae cerva, insequentibus quodam die canibus regiis, cum in antrum ^gidii refugisset, Galli83 regem impulit, ut ab eo summis precibus peteret, ut in loco speluncse monasterium exstrui pateretur. Cujus administrationem, flagitante rege, invitus suscepit : eoque munere aliquot annis prudenter pieque gesto, migrayit in cœlum.
Un grand nombre de Bréviaires particuliers et de Propres reproduisent textuellement cette leçon. Dans plusieurs diocèses^ où la fête de saint Gilles est du rite semi-double^, la leçon du Bréviaire romain^ légèrement retoucliée et allongée, a servi à former les trois leçons du deuxième nocturne. Tel est le cas au diocèse de Liège, où la fête du saint abbé se célèbre sous le rite semi-double, et partant à neuf leçons (^) . Nous reproduisons celles du deuxième nocturne, qui ne sont au fond que la leçon du Bréviaire romain, dont la plupart des expressions et des tournures ont été conservées :
LECTIO IV
-^gidius Atheniensis, nobiHssimo génère ortns, a prima astate divinis Litteris operam dédit, et sanctis christianœ charitatis ofïiciis ita
(^) Les Vies des Saints, tom.'vi, Paris 1739, Mois de Septembre (au milieu du vol., avec pagination distincte), p. 3.
(-) Voyez, sur l'autorité historique des leçons du Bréviaire romain, notre tome I, pp. 23 et suiv.
(^) Dans les autres diocèses de Belgique, la fête de saint Gilles est du rite simple, comme au Bréviaire romain. Le l^"" Septembre tombe assez souvent durant l'octave des SS. Anges gardiens, et, presque toujours, l'on y célèbre
dcditus fuit, ut nihil pra3fcerea cogitare, seu curare viderctur. Itaque, parentibus mortuis, totum patriraonium vendidit, et pccuniam indc acceptam in pauperes, liberali manu, erogavit : quin etiam, ut nudus Christum sequcretur, tunicam exuit, et ea aegrotum egentem texit, qua ille indutus, statim convaluit.
R. Honestum.
LECTIO V
Multis deinde miraculis clarus, timens sui nominis cclebritatem, conscensa navi, in provinciara ISTarbonenscm descendit, et Arelatem ad beatum Caesarium, praedictee civitatis Episcopum, se contulit, ibiquo tectus, et incognitus integro biennio remansit; sed cum charitatis impulsu aegrum curasset, ut auram, et concursum populi fugeret, inde clam discedens, in eremum secessit.
R. Amavit.
LECTIO VI
Ibi diu herbarum radicibus, et cervœ lacté, quae statis ad eum horis veniebat, admirabili sanctitate vixit. Quee cerva, inscquentibus aliquando canibus regiis, cum in antrum ^gidii se recepisset, hac occasione vir Dei a Rege Galliae inventus est, qui summis precibus ab eo pefciit, tandemque obtinuit, ut in loco speluncse monasterium exstrui pateretur, eu jus administrationera, flagitante Rege, invitus suscepit; coque munere aliquot annis prudenter picque gesto, migravit in cœlum (^).
H. Iste liomo.
quelque fête transférée; de là vient que, hormis au diocèse de Liège et dans les églises dont saint Gilles est le titulaire, Ton no fait à l'office qu'une simple mémoire du saint abbé, dont la légende prend alors la place de la neuvième leçon.
O Officia propria Sanctorum Ecclesiœ et Diœcesis Leodiensis, Mechliniae 1848, in-4. Pars autumnalis, p. 1. On trouve aussi ces leçons ad calcem du Bréviaire romain, in-4, sorti des presses de Clément Plomtoux, à Liège, en 1785. Voyez Pars œstiva, pp. cxcv, cxcvj. Les leçons, dont nous venons de donner le texte, sont les mêmes qu'au Propre do la Basilique vaticane, à Rome, dont elles sont probablement extraites. Cf. Lectiones propricn Sanctorum quorum pecidiaria officia recitantur a Clero Basilicœ Vaticanœ, Romao 1714, pp. 169,
Amené, par nos recherches, à examiner un grand nombre do Bréviaires et de Propres de l'ancien diocèse de Liège, nous avons pu constater que les leçons de l'office de saint Gilles y ont subi de nombreuses transformations. Dans les Bréviaires de 1535 et 1558, les neuf leçons sont historiques et empruntées à la Vita auctore anonymo, publiée par Stilting. Au Bréviaire de 1622, la quatrième leçon est celle du Bréviaire romain; les cinquième et sixième sont