‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 88 sur 253 · II. - BRÉVIAIRE ET PROPRES DE TOURNAI · texte numérisé non relu

II. - BRÉVIAIRE ET PROPRES DE TOURNAI

D'après les règles établies, aux fêtes doubles et semidoubles il y a neuf leçons: trois de ? Ecriture, prises au propre du temps, si le propre des Saints n'en a pas ou n'indique pas celles du commun; trois du Saint et trois d'une homélie sur l'évangile, qu'on lit ce jour-là. Cet ordre n^a pas toujours été suivi.

Quand les histoires des Saints eurent été introduites dans l'office, on tomba dans l'abus de n'y lire presque plus l'Écriture sainte. En certains lieux, les leçons du premier et du deuxième nocturne, quelquefois les neuf leçons étaient prises dans la Vie du Saint, dont on célébrait la fête. Mais l'Église a réglé avec sagesse que seulement les trois leçons du deuxième nocturne seraient extraites de la Vie et des actes authentiques du Saint, dont on fait l'office; elle a réprimé l'abus, qui s'était introduit, de borner les leçons à l'histoire du Saint, laissant tout à fait de côté l'Écriture sainte et les homélies des Pères sur l'évangile du jour (^).

L'abus, dont nous parlons, s'était glissé dans la plupart des Bréviaires des XV^ et XVI^ siècles. Le Bréviaire de Tournai (1446), ceux de Térouane (1507), des collégiales de Sainte- Gudule, à Bruxelles (1516), et de Saint-Donatien, à Bruges (1520), les Bréviaires de Liège de 1535 et 1558, etc., ont tous

tirées d'un sermon de saint Jean Chrysostome. Les Propres de 1623 et 1666 ont trois leçons historiques, calquées en partie sur l'ancienne Vie de saint Gilles, en partie sur la légende du Bréviaire romain. La dernière se termine ainsi migravit in Cœlum Calendis Septerïihris, anno Christi quingentesimo vigesimo tertio. Chose curieuse, au Bréviaire de 1792, cette phrase a été remplacée par la suivante : ... migravit in cœlum Kalenclis Septenihris, circa annum Christi septingentesimwn vigesimum tertiura. (Pars autumnalis, p. 314.)

(') FoRxici, Pastitutiones liturgicoî ad usum Seminarii Romani, tom. ii, Romae 1825, pp. 155, 156, et la traduction annotée de ce savant ouvrage, faite par M. Boissonnet, sous le titre de : Institutions liturgiques, d Vusage du clergé en. général et des séminaires en particulier, Liège 1851, p. 238. Voyez aussi Graxcolas, Commentaire Mstorique sur le Bréviaire Romain, tom. i, Paris 1727', p. 217.

neuf leçons historiques. Nous avons cru nécessaire de fixer sur ce point Tattention du lecteur, et de lui en donner l'explication.

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