A. - BRÉVIAIRE DE
La Bibliothèque publique de la ville de Bruges possède le seul exemplaire connu de la partie d'été de ce Bréviaire, renseigné comme suit sous le n° 1579 du catalogue :
Breviarium ecclesiœ Tornacensis secundum novum ordinarium diligenter correctum, 1496, cart.^ 1 vol. in-12 (^).
(^) Laude, Catalogue méthodique de la Bibliothèque publique de Bruges, Bruges 1847, p. 275.
Feu M. Willems a réuni de curieux détails sur ce précieux Bréviaire, dans nn article intitulé : Berigt tuegens de Antiverpsche boek-printers der vijftiende eeuiv, en den drukher van het Breviarium Tornacense; article écrit en 1828, et inséré dans le Belgisch Muséum voor de nederduitsche tael- en letterkunde en de geschiedenis des vaderlands, viii^ deel, Gent 1844, pp. 17 et suiv. Pour être mieux renseigné sur cet incunable, l'auteur s'était adressé à M. Sconrion, secrétaire et bibliothécaire de la ville de Brrges, qui Ini fit parvenir le fac-similé de l'avant-dernière page dn Bréviaire (reproduite dans le Belgisch Muséum, tom. cit., en regard de la p. 28), et la description du volume, dont nous extrayons les lignes suivantes :
" C'est nn très-petit in-8°, à peu près carré, impi'imé à deux colonnes, sauf le calendrier et les rubriqnes pour la récitation de l'office, qui sont à longues lignes... Après le calendrier et les rubriques, qui occupent neuf feuilles, le livre commence par ces mots :
Encîpît ps estîual breuîa rtj eccc tornacnt scîim'nouum orîjînariu ÎJiUgmtcr corrccti " Le livre n'offre aucune indication de nom d'imprimeur ou de libraire, ni aucune date de lieu ni de temps. Ce qu'il a de plus remarquable, c'est la souscription manuscrite qu'il porte à la fin, et qui est de la teneur suivante, en caractères que je crois du quinzième siècle : Joanea latins Cor tracesis excudebat advcrpie sub iter Signio Talpe a no restaurato salutis. M.
OCCC XL, VI.
" Il est à remarquer, que la mise de cette date paroît avoir été bien réfléchie, attendu (jue celui qui l'a écrite, ayant dû intercaler uu L, qu'il avoft
Le calendrier porte^ au 1*^'" Septembre : Egidii ahbatis duplex.
L'office de saint Gilles occupe trois colonnes; nous en copions les neuf leçons, extraites de la Vita auctore anonymo, reproduite par Stilting. Toutes sont historiques et fort courtes :
• Sanctus egidius natione grecus a parentibus preclaris originem duxit. Extitit enim athenis oriundus pâtre videlicet theodoro nominc matre vero pelagia qui uterque regia stirpe progeniti et preclari christianissimam duxerunt vitam.
Predictus ergo egidius evo tener ad liberalia rudimenta dispositus doctores summos spiritus sapientie gracia perlustratus in brevi equiparavit docili quoque puero gracia dei non defuit eius vitam omni morum honestate perornans.
Quadam die dum ad ecclesiam pergeret accidit ut quidam eger in urbis medie platea iaceret a transeuntibus elemosinam petens. Cuius Yocibus miserandis sanctus puer compunctus quamvis adhuc pedagogi seutenciam sibi formidabilem estimaret extractam tamen tunicam qua
oublié, pour faire XLVI, a effacé cette date d'un trait, et l'a rectifiée, en faisant les chiffres xlvi une seconde fois.
" Je vous avoue, monsieur, que, sans cette souscription, que je ne puis pourtant regarder comme un badinage, écrit au XV*^ siècle, pour flatter à la fois les villes d'Anvers et de Courtrai, j'aurois été tenté, d'après l'exiguité des caractères et la finesse du papier, de fixer la date de l'impression de ce livre vers Tannée 1480.
" Un fait, bien plus constant, d'après lequel on peut croire sans témérité qu'on pouvoit imprimer des livres à Anvers dès la date de 1446, c'est que, comme l'a très-bien prouvé l'abbé Ghesquière (Esprit des Journaux, juin 1779, page 224), on vendoit à Bruges des livres imprimés dès le mois de janvier 1445, douze ans avant la publication du fameux Psahnorum Codex de Mayence.
" Malgré cela, et malgré la grossièreté du caractère des premières pages, l'impression du petit livre en question ne me paroît pas pouvoir être bien fixée à une époque aussi reculée, que celle de la souscription qui s'y trouve. Peut-être est-ce 1466 ou 1476 qu'a voulu écrire l'auteur de cette souscription. " (Belgisch Muséum, tom. cit., pp. 27 et suiv.)
M. Willems reconnaît, en terminant son article, que le Bréviaire en question peut n'être qu'une réimpression, et la souscription manuscrite un emprunt fait à la première édition (Id., p. 32). Un bibliophile hollandais, M. Koning, d'Amsterdam, place l'impression de ce volume entre les années 1470 et 1480 (Id., p. 44). Nous ignorons sur quoi se base M. Laude pour assigner l'année 1496. M. Gilliodts-van Severen a consacré une longue Note hihlioijraphique à ce Bréviaire, dans La Flandre, tom. ii, Bruges 1868-69, pp. 336 et suiv.
induebafcur aliud qiiod oportunius daret non habens egro tribuit. Qua indutus eger ilico totius corporis sanitatem se récépissé gavisus est.
Interea dum ab ecclcsia quadam die rediret fuit ei obvias quidam qui nuper a serpente percussus tumcnti cute fatebatur sese mortiferum suscepisse virus quem vir sanctus oratione fusa pro illo pristine sanitati restituit monens eum ut deo cuius clemencia sanatus f uerat gi^ates redderet.
Item alia die dum sacra misteria celebrarentur forte quidam miser arreptus a demone cepit terribilibus clamare vocibus adeo ut fere tota turbaretur ecclesia.
Sed egidius qui ibi aderat humi prostratus breviter oravit statimque domini pietate fretus hue illucque labenti se confideuter obiecit et ut ab eo exiret maligno spiritui palam imperavit. Qui sancti imperium transgredi nequiens hominem quem invaserat damans ac mugiens incolumem reliquit.
Verum ut sancti virtus pre magnitudine sua latere non potuit confluebant ad eum plurimi corporis animeque remédia postulantes. Nec vero ubi dator hilaris et quod daretur babunde erat spei sue munere frustrabantur.
Igitur tante religionis preconium ad karoli régis francie auras pervenit qui illius colloquio relevari cupiens misit ei legatos eum efflagitans ut se visitaret.
Quibus acceptis vir domini in aliquo se illi profore credens dispositis necessarijs ad karolum regem proficiscitur a quo honorifice susceptus est videns autem rex verum esse quicquid de illo fama preconante acceperat detinuit eum secum multis petitionibus per dies aliquot 0).
(^) Pp. 228 v° et 229 r°. Les feuillets de ce Bréviaire ne sont pas chiffrés; la pagination en a été faite au crayon par M. Scourion, qui a omis le fol. 141.
Mgr. Malou, de savante et regrettée mémoire, a publié une nouvelle édition des Officia propria Sancforum tutelarium et patronorum ecclesiœ cathedralis, civitatis et diœcesis Brugensis (Brugis 1852). La lettre pastorale, mise en tête de ce volume, contient force détails sur les livres d'église, jadis en usage dans la portion de territoire, qui forme aujourd'hui le diocèse de Bruges. Sa Grandeur cite diverses éditions du Bréviaire de Tournai, que nous n'avons pas eu la chance de rencontrer :
Nobis ohvii fuerunt — ainsi s'exprime Mgr. Malou, — lihri qui ita inscrihuntur : Praesens Breviarium fuit per deputatos Reverendi in Christo PatrÎB et Dni Dni Karoli Toruacensis episcopi ac etiam vencrabilium et circnm-^ spectorum virorum dominorum decani et capituli ecclesia) Toruacensis cmendatum; et accurata cum diligentia, secundum verum nsum ecclesioc et diœcc Toruacensis, corx'octum, etc. et ad calcem: Finit sanctorale hycmale (et acsLj