‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 96 sur 253 · V. - BRÉVIAIRE DE LA COLLÉGIALE DE SAINTE-GUDULE, A BRUXELLES · texte numérisé non relu

V. - BRÉVIAIRE DE LA COLLÉGIALE DE SAINTE-GUDULE, A BRUXELLES

Ce Bréviaire se compose de deux volumes, formant la partie d'hiver et la partie d^été. Chaque partie porte, à la première page, au bas d'une gravure sur bois représentant sainte Gudule (^), l'inscription suivante :

Breuiarij ad vsum insignis ecclie coUegiate diue Gudile oppidi Bruxcellen. Cameracen, diocesis nup diligent recogniti et ipressi : I eu nouis festiuitatib* : et alijs diuino officio congruis. Pars hyema- ' lis (Pars estiualis), in- 16 {^).

La collégiale de Sainte- Gudule célébrait la fête de saint Gilles, le Septembre, sous le rite double. L'office qu'on y récitait est, en majeure partie, le même que celui du Bréviaire de Saint-Donatien, inséré plus haut (^). Yoici les principales différences que nous avons observées :

Les antiennes et l'hymne des premières Vêpres sont du commun d'un confesseur pontife. Les leçons sont en général i plus courtes, et la neuvième se termine aux mots : transeun-

(^) La Sainte porte une palme dans la main droite, et tient, de la gauche, une lanterne, dont un hideux petit démon tâche d'éteindre la lumière, au moyen d'un soufflet. Voyez, sur cette représentation, Cahier, Caractéristiques des , Saints dans Vart populaire, tom. i, Paris 1867, p. 197, v'^ Chandelier, cierge, • jlambeau. La gravure est surmontée des mots Sancta Oudila.

(^) Voici l'inscription terminale de la partie d'hiver : j

Finit pars Hyemalis Breuiarij ad vsu insignis ecclie collegiate scte Gudile virginis : in illustri Bruxellen. oppido : diocesis Cameracen. Impressi Parisijs : opa solerti Desiderij maheu : et accuratione vigili lodoci Badij ascensij tertio caledas Nouebris. Anno Mil. quingetesimo. decimosexto. Deo gras. :

Brunet ne signale pas le Bréviaire de la collégiale de Sainte-Gudule, dont I les exemplaires sont de la plus grande rareté. Nous en avons rencontré deux, l'un chez les PP. Bollandistes, à Bruxelles, l'autre dans la bibliothèque do feu Mgr. Malou. Ce dernier exemplaire, d'une conservation exceptionnelle, est accompagné d'une note manuscrite très-curieuse, signée Paul de S' Vincent, i et signalant les principales divergences, qui existent entre le Bréviaire de j Sainte-Gudule et celui de Cambrai. L'écriture est du siècle passé. |

(•') Les feuillets du Sanctorale estivale, où figure l'office de saint Gilles, ne sont pas chiffrés. Cet office occupe six colonnes; on n'y trouve pas de leçons pour l'octave, comme au Bréviaire de Saint-Donatien.

dum sîbi mare disposuit, qui, au Bréviaire de Saint-Donatien, forment la fin de la 7^ leçon.

L^antienne du Magnificat, aux secondes Vêpres, est propre. La voici :

Laus immensa dei siint hnius festa diei: in qua grecorum flos scandit ad alta polorum inclytus egidius : quia dulcia vota per eius vinoula rumpuntur : tempestates reprimuntur sedantur morbi totique salus datur orbi.

Cette antienne ne se rencontre pas au Bréviaire de la collégiale de Saint-Donatien; nous la croyons empruntée à quelque Bréviaire d^ Allemagne, car nous Tavons trouvée, au même endroit de l'office, dans les anciens Bréviaires de Wurtzbourg (^) et de Mayence (^) .

En 1 760, la collégiale de Sainte-Gudule fit imprimer un Propre, sous ce titre :

Officia propria Sanctorum Insignis EcclesisB CoUegiatae DD. Michaelis et Gudilae Bmxellis, in usum Cleri saecularis Bruxellensis, redacta ad formam Breviarii Romani. — Bmxellis, apud Franciscum t' Serstevens, 1760, in-1 6.

(^) La bibliothèque de Mgr. Malou renferme un exemplaire du Breviarium HerMpolense ou de Wurtzbourg, mais les derniers feuillets en ayant été arrachés, nous ne pouvons indiquer ni le lieu, ni la date de son impression. Brtmet cite un Breviarium diœcesis HerMpolensis, in-folio, imprimé à Wurtzbourg, en 1479, chez Etienne Dold, et il ajoute qu'un Bréviaire de ce même diocèse, format petit in-4, était sorti des presses de P. Draob, à Spire, en 1477. (Manuel du libraire et de Vamateur des livres, 5™'= édit., tom. i, 2"^^ partie, Paris 1860, col. 1235.) L'exemplaire, que nous avons eu sous la main, appartient, croyons-nous, à l'édition de 1477; le volume, in-16 de forme carrée, peut passer à la rigueur pour un petit in-4. Les feuillets n'en sont pas chiffrés.

(^) Fol. ccccxvi r°, col. 1. L'exemplaire du Breviarium Moguntinum, que nous avons consulté, fait également partie de la bibliothèque de Mgr. Malou. Il résulte de VexpUcit, que l'impression de ce Bréviaire (format in-18) fut achevée à Mayence, le 1" Avril 1509, par Jean Schœffer, cuius auus primus artis Impressorie fuit inuentor et autor. Brunet cite une édition in-folio du Breviarium Moguntinum, imprimée en la même année et portant le même explicit, avec cette seule différence, qu'au lieu de Prima die Aprilis, on y lit : in vigilia nativitatis marie (7 Septembre). (Op. et tom. cit., ^ol. 1237.) L'édition in-folio vit donc le jour chez Jean Schceffer quelques mois seulement après celle qui nous occupe, et dont ne parle pas Brunet.

On n'y trouve pas d'office propre de saint Grilles; cet office aura été abandonné, lors de l'adoption, à Sainte-Grudule, du Bréviaire romain.

Nos lecteurs connaissent déjà le texte de l'office, que récite le clergé de Saint-Gilles, à Bruges, à la fête patronale de cette église (^); les leçons du deuxième nocturne sont tirées des écrits de Fulbert de Chartres. L'en-tête de cet office indique qu'il provient de l'église de Saint-Leu-Saint-Gilles, à Paris (^), et tout porte à croire qu'il fut adopté chez nous, vers le milieu du XYII^ siècle. L'église précitée s'enrichit, en 1659, d'un fragment considérable de notre grande relique du saint abbé, et ce don nous valut en retour un précieux morceau de la vraie Croix (^) . Ce pieux échange donna naissance à des relations, qui ont très-bien pu introduire à Saint-Gilles, de Bruges, l'office qu'on y récite encore aujourd'hui.

L'église de Saint-Leu-Saint-Gilles abandonna l'ancien office de son patron, dans le courant du siècle passé. Nous avons sous les yeux les Offices propres de V Église Paroissiale de S. Leu-S. Gilles, à Paris, en latin et en français, dressés selon le nouveau Bréviaire et le nouveau Missel de Paris [^). Ce recueil, qui date de 1779, renferme un office complet de saint Gilles, dont toutes les parties sont propres (^) . La fête

(}) Voyez ci-dessus, pp. 163 et sniv.

(2) On y lit : Ex off. proprio ecclesiœ 8S. Lupi et ^gidii, Parisiis.

(3) Tom. I, pp. 455 et suiv.

(*) A Paris, de l'Imprimerie d'A. M. Lottin l'aîné, Imprimeur-Libraire du Eoi et de la Ville, Rue S.-Jacques, au Coq et au Livre d'or; Aux Dépens de la Fabrique, 1779, in-12, de 697 pp.

L'exemplaire, dont nous nous servons, appartient à l'église de Saint-Leu, à Paris; l'un des vicaires de cette paroisse, M. l'abbé Perron, a en la bonté de nous le confier, par l'entremise de notre ami si dévoué, le R. P. Stanislas, du Carmel de Passy.

(•^) Pp. 311-375. Les hymnes des premières Vêpres, de Matines et de Laudes, sont de Santeuil; on les trouvera plus loin.

Le rédacteur de cet ofiBce a eu la main fort heureuse dans le choix des morceaux de l'Ecriture, qui le composent. Psaumes, antiennes, répons, capitules, etc., sont parfaitement appropriés à la vie solitaire et pénitente de saint Gilles, dont ils forment en quelque sorte la biographie.

du saint abbé, co-titulaire de Féglise, s^y célébrait le 2 Septembre, lorsque ce jour tombait un Lundi, sinon le Dimanche dans F octave de saint Leu, dont la fête se solennisait le 1^^ du mois.

Les offices de saint Lan et de saint Gilles sont précédés d'une instruction solide et très-pratique sur la manière dont il convient que les fidèles d'une paroisse célèbrent la fête patronale de leur église; nous en détaclions un fragment, digne à tous égards de l'attention du lecteur.

Les paroissiens, dit l'auteur, doivent :

" 1° S'assembler dans leur Eglise avec beaucoup de piété, assister à l'Office divin et à la Prédication.

" 2° Se renouveller dans l'affection et l'estime de leur Paroisse, et dans la pratique des devoirs d'un bon Paroissien; prendre une ferme résolution de fréquenter l'Eglise paroissiale, non pas seulement les jours des grandes solemnités, mais encore tous les Dimanches et Fêtes,

" 3° Afin de mériter la protection des saints Patrons auprès de Dieu, et leur rendre l'honneur qui leur est dû, il faut s'appliquer à imiter la vie sainte qu'ils ont menée; car la vraie manière d'honorer les Saints, et de se rendre dignes de leur protection, c'est d'imiter leurs vertus. Ainsi une des pratiques propres à sanctifier le jour de leur Fête, est de lire leur vie dans la Vie des Saints, ou dans la Légende, c'est-à-dire, les Leçons du second Nocturne de leur Office, et faire une attention particulière, non pas à des actions extraordinaires auxquelles leur zèle les a portés, et qui peuvent faire le sujet de notre admiration, sans devoir être l'objet de notre imitation, parce que Dieu ne les demande pas de tout le monde : mais l'attention que nous devons donner, c'est aux vertus communes et ordinaires du Christianisme, que ces Saints ont pratiquées avec une perfection qui n'est pas commune.

" Telles sont les vertus que les Paroissiens de Saint Leu Saint Gilles doivent considérer en lisant la vie de leurs saints Patrons... En lisant la vie de Saint Gilles, ils y remarqueront son dégoût pour le monde, son détachement de toutes les aises et commodités de la vie, son humilité, son amour pour Dieu, son application à la prière et à la méditation de la loi du Seigneur, etc. Voilà des vertus à la portée de tous les Chrétiens, et qu'ils peuvent pratiquer du moins jusqu'à un certain degré de perfection; de quelque âge, dans quelque état et profession qu'ils soient. Aussi c'est à la louange de toutes ces vertus qu'ont été employées les différentes parties des Offices de Saint Leu et Saint Gilles; c'est la fin qu'on s'est proposée, en parcourant toutes les circonstances de leur vie, depuis leur enfance jusqu'à leur sainte mort. C'est pour cela qu'on a choisi dans l'Ecriture Sainte tous les passages propres à former xm tableau édifiant des vertus qu'ils ont pratiquées, et par lesquelles ils se sont rendus agréables à Dieu, et ont mérité le bonheur éternel, dont ils jouissent maintenant dans le Ciel. C'est donc par la pratique de ces mêmes vertus, que tous ceux qui les ont pour Patrons, et qui oni en eux une grande confiance, pourront obtenir leurs suffrages auprès de Dieu, et mériter de jouir avec eux de la félicité qui les rend heureux, pendant toute l'éternité. " (Pp. 211 et suiv.)

Les leçons du deuxième nocturne sont d'une facture tout autre que celles des anciens Bréviaires, tirées, en règle générale, des Actes du Saint; leur style accuse une origine moderne. Nous insérons ici ces leçons, curieuses à plus d^un titre, après avoir formulé nos réserves sur le système chronologique adopté par le rédacteur, et sur plusieurs faits qu^il signale, notamment le séjour de saint Gilles à Paris, à la cour du roi Childebert, la translation de son corps à Toulouse, au temps des Albigeois, etc. :

LECTIO IV

-^gidius, Athenis natus, adolescens patriam propfcer Chrisfcum reliquit; et Massiliam appulsus, Arelatem ad beatum Cassarium, audita sanctitatis ejus fama, contendit. Per biennium ejus magisterio eruditus, cum vitaa solitarise desiderio sestuaret, secretiorem eremum, primum ad ripam "Wardonis amnis in agro Ucetiensi, cum Yeredemio petiifc. Mox cum illic quoque frequentiori hominum concursu gravaretur, ad oram Rhodani reversus, tandem qualem optabat locum in valle Flaviana, qua Parochia ITemansensis ad Arelatensis fines porrigitur, reperit, et in antro nemoribus undique circumsepto, et ab hominum praesentia remotissimo constitit. Illic diutius solis fere herbarum radicibus vitam sustentavit, soli Deo cognitus, et sola cœlestia cogitans.

LECTIO V

Non tamen omnino, ut sperabat, latere potuit; nam per Magnâtes quosdam de familia Régis qui tune tenebat Gothorum monarchiam, cum illuc venantes pervenissent, detectus est, et ab ipso Rege sancti viri virtutem mirante, caeteris detrectatis muneribus, eo tandem adductus, ut in loco spelunc89 monasterium extrui pateretur. Hujua Abbas, jubente Rege, factus, iter Romam aggressus est: cui testîmonium perhiberi creditur in Actis Conciliorum, ubi leguntur Romam raissi a Caesario Abbas ^gidius et Messianus Notarius, ambo ex ejus discipulis, qui Symmaclio Papae libellum in gratiam Arelatensis Ecclesiae déferrent, ejusque privilegium ab Aquensi Episcopo violatum vindicarent. Redux in Septimaniam -^gidius, Childeberto Francorum Régi, cum bellum illic gereret, innotuisse, et Parisios ab eodem invitatus esse traditur. Ubi in aula aliquandiu detentus, tandem impetrata abeundi facultate, in Monasterio suo defuncbus est die Dominica anno quingentesimo quadragesimo septimo.

LECTIO VI

Servi sui sanctitatem brevi Deus miiltis miraculis prodidit. Hinc popiilis ad ejus tumulum undique confluentibus, urbs ibidem constructa est, ejus nuncupata nomine. Cujus nominis tanta celebritas fuit, ut inferior Occitania sancti j^Sgidii provincia diceretur, et cultus beati iEgidii per totum Occidentem diffunderetur. Hune cultum celebriorem reddidit Urbanus Papa quartus dum speciali Constitutione edixit, ut sancti -^Egidii Officium Breviario Romano insereretur. Quin ex Gallia, ubi incœpit beati ^gidii cultus, in Angliam transiit. Ibi tam solemnis ejus fuit memoria, ut Anglicana Ecclesia etiam post luctuosum schisma quo ab Ecclesia Oatholica discessit, in reformate, ut vocant, novas suae Liturgise Calendario, unde omnium fere Sanctorum nomina explosa sunt, ipsum ^gidii nomen retinuerit. Corpus beati j^gidii in Monasterio suo diu mansit; grassante vero Albigensium furore, Tolosam ad Basilicam sancti Saturnini delatum est, ubi super altari ipsius nomine insignito, in capsa reconditum, hucusque religiose asservatur (^).

Voici Foraison de Foffice :

Sancti Abbatis -^gidii supplicationibus, tribue nos, Deus, adjuvari : ut quse pie credidit, appetamus; et quod juste speravit, consequamur. Per Dominum {^),

A la procession qui suivait Tierce, on disait cette oraison :

Deus, qui beatum jî]gidium in solitudinem duxisti, ut, spretis omnibus, tibi soli adbsereret; da nobis, ejus exemplo et intercessione, temporalia cuncta despicere, et ad seterna toto cordis affectu festinare. Per Christum Dominum nostrum (^).

Enfin aux suffrages de P office, on faisait la mémoire suivante de saint Leu et saint Gilles réunis :

Q) Pp. 331 et suiv. Le rédacteur du Bréviaire de Saint-Omer, publié, en 1784, par Mgr. de Bruyère Chalabre, a utilisé ces leçons pour l'oâSlce de saiat Gilles; mais, comme cet oflB.ce y est du rite simple et n'a qu'une leçon historique, on a formé celle-ci des quatrième et cinquième leçons du Propre de Saint-Leu, et supprimé la sixième, dont la finale seule a été conservée en partie. La leçon du Bréviaire de Saint-Omer se termine ainsi : ... in monasterio suo defunctus est die Dominica anno 547. Corpus ejus, grassante Albigensium furore, Tolosam ad Basilicam Bancti Saturnini delatum est.

Le texte de cette leçon nous a été communiqué par le R. P. Stanislas.

(3) Pp. 361, 362.

Da nos, Deus, in nostra unumquemque vocatione, digne ambulare, intercedentibus sanctis tuis Lupo Pontifice, et ^gidio Abbate, quibns divisiones hic gratiarum, unam in cœlo mercedem contulisti. Per Christum Dominum nostrum (^).

Nous terminons ici notre étude, déjà longue, sur les leçons historiques et les oraisons de P office du glorieux thaumaturge, pour passer aux

M. Mono, directeur des Archives de Carlsruhe, a publié une riche collection d'hymnes du moyen âge, sous le titre de : Lateinische Hymnen des Mittelalters, aus Randschriften herausgegehen und erMàrt. Le travail du savant archiviste parut à Fribourg en Brisgau, de 1853 à 1855, et comprend trois volumes : le premier contient les hymnes en Phonneur de Dieu et des anges; le deuxième, celles composées à la gloire de Marie, et le troisième, celles écrites à la louange des Saints.

Saint Grilles n'a pas été oublié dans ce dernier volume; il y compte trois Lymnes, dont nous reproduisons le texte. Les deux premières sont tirées d'un manuscrit du XIIP siècle, appartenant à la Bibliothèque de Luxembourg; elles ont pour auteur Guy de Bazoches (^), chantre de Saint- Etienne, à Châlons-sur-Marne, qui se croisa en 1190, et mourut en 1203 (^).

AD s. JEGIDIUM

Aime confesser meriti potentis, | gratiae templum supereminentis, sume devotœ tibi vota mentis

aure benigna. j

Qu3e quidem semper quoniam petenti, larga blanditur gremio patenti,

(-) MoNE, op. cit., tom. III, pp. 165, 166, notes à la suite des hymnes.

O U. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen-âge, tom. i Bio-liUiorjraphie, Paris 1877-81, col. 988, art. Guy de Bazoches. L'auteur indi que les ouvrages à consulter sur cet bymnographe.

si tamen digne petat, est frequenti supplice digna.

Flore sub primo tenerse juventae de novo factus senior, repente luce virtutum satis évidente enituisti,

Dum genus celsum celebremque fundum jussa contemnens domini secundum (^), mira res, mundo superando mundum terga dedisti.

Tu comes verus domini sequelse, qui dator reddis céleris medelse luminum caecis decus et loquelee munera mutis.

Tu pio transfers animo petitus naufragas mentes opifex peritus pacis ad portum veniseque littus aura salutis.

Hinc quod ut sanctus merito colaris, quod deo dignus quod et assequaris, quicquid excelsum dominum precaris, claret ubique.

Ergo pro nobis, pie pastor, ora, nos ut extrema facias in hora horrida longe positos ab ora partis iniquae (^).

DE S. ^GIDIO

Quantum decet, quantum valet, quanto dei zelo calet

caterva fidelium, digna laude veneretur, cui digna laus debetur,

beatum ^gidium.

(^) Cette phrase doit se construire ainsi : JDum, secundum jussa domini, contemnens genus celsum celebremque fundum, etc.

O MoNE, Lateinische Hymnen des Mitielalters, tom. iii, p. 165, n.759.

n. — eo

Hic Athenis oriundus, adhuc œvo tener mundus

a mundi lascivia, vicit opes virtutibus, genus excessit moribus,

œtatem scientia.

Hic fons largse pietatis, opus pise largitatis

primum suas tribuit sanctitatis argumentum, dans egeno vestimentum,

quo se magis induit.

Ut compararet cœlicam, terrenam dédit tunicam,

dédit immo vendidit, émit enim largiendo, quod avare possidendo

primus homo perdidit.

Sanum prece pretiosa reddit virum, quem virosa

consumebat lassio; sol vit cl ave labiorum et virtute meritorum

captum a dEemonio.

Christi verus imitator paupertatis fit amator

et relictis omnibus exul abit, tollit crucem, mavult Christum sequi ducem,

quam praBesse ducibus.

Prsedam ventis atque mari datos munit salutari

precum propugnaculo, dat salutem destitutis, opem vitse constitutis

mortis in articule.

Arelatem transfretavifc, hic a febre revocavifc

filiam Theocritae, fines petit Nemausorum^ gratuletur gens Gothorum

tanto felix hospite.

Corvus pavit in deserto servum dei, qiiem aperto

currus tulit aëre, mel locusta prsecursori, cerva patris hujus ori

lac propinat ubere.

Armipotentis Francise regem orando gloriae

régi réconciliât, suum ei dum reatum^ a quo sibi revelatum

et dimissum nuntiat»

Nobis ergo propitius sanctus pater -<îjgidius

precum suarum segide, gregem se venerantium nostrse salutis ostium

defendat a tyrannide (^).

DE S. ^GIDIO

Sicut passer solitarius in tecto, sic vir ^gidius pervigil in Obristo.

Eequiescens quasi leo cum Jnda accubuit^ dum pullum suum ad vineam ligare studuit.

Ut catulus leonis ascenderat ad praedam alligans ad vitem asinam suam.

Cum per virtutum scalam Sorech quaarens vineam

(^) MoNE, Lateinische Hymnen des Mittelaltersy tom. m, pp. 165, 166, n. 760»

se suamque Christo junxerat sponsam.

Hic inventus sine macula,

nec speravit in thesauris et pecunia,

Ne sibi coluber in via

nec cérastes nocere posset in semita.

Oui per sanctae trinitatis efficaciam contulit tantam deus meritorum gratiam,

Ut miraculorum coruscans virtutibus miseris per ipsum subveniret pluribus.

Nam tempore quodam propter eleemosynam misero cuidam suam dédit tunicam,

Quam ut seger idem induerat, incolumis inde redierat.

Deinde relinquens GraBciam transiit exul ad Galliam.

Munus ab apostolico Romae sibi contraditum, statim immissum Tiberi direxit ad cœnobium.

Peccatum régis piavit, mortuum resuscitavit.

Multos infirmes curavit, dsemoniacos sanavit.

Hinc nos te, sacer ^gidi, voce rogamus supplici.

Ut peccatorum veniam per tuam nobis gratiam

A domino obtineas,

cui laus sit et potestas (^).

(^) MoNE, Lateinische Hymnen des Mittelalters, tom. m, pp. 167, 168, n. 761.

M. Mone a découvert une copie de cette hymne dans un manuscrit du XIV^ siècle, conservé à la Bibliothèque de Stuttgard; un manuscrit du XV= siècle, propriété de l'église de Saint-Pierre, à Carlsruhe, renferme également une copie de cette pièce, dont l'auteur est inconnu. (Mone, op. et tom. cit., p. 168, note à la suite de l'hymne.)

Hymne des premières Vêpres de la fête de saint Gilles, au Bréviaire de Mayence, de 1509 (^).

Festum sancti egidij mente colamus parili, qui cum supernis civibus nunc gaudet in celestibus.

Génère quidem nobili, sed nobilior meritis, signis clarebat pluribus, opem ferens debilibus.

Ab obsessis corporibus demones fugans precibus, peccatum régis diluit, mortuo vitam reddidit.

Hinc tota gaudet gallia, cum f rancis et germania; hinc omnis lingua iubilet, omnisque reus supplicet.

Ut a nostris reatibus

suis nos mundet precibus,

in trinitatis nomine,

te adoramus domine. Amen {^).

Q) Nous avons déjà parlé de ce Bréviaire (p. 463, note 2), dont voici, du reste, Vexplicit complet :

Breuiarium sm ritu inclite et insignis ecclesie Moguntine swmma cum diligentia castigatu et emendatum. Ad laudem et gloriam omnipotetis dei : heatissime immaculate semperq virginis Marie ac diui Martini antedicte ecclesie et diocesis patroni pientissimi : omniuq sanctorum et sanctaru. Impressum Moguntie impensis et opéra honesti et prouidi viri Joannis Schoffer ciuis ÏMoguntini. Cuius auus primus artis Iv)vpressorie fuit inuentor et autor. Anno ! salutifere incarnationis domini. Millesimo quingentesimonono. Prima die ' Aprilis.

(^) Fol. ccccxiii v°, ccccxiiii r". M. Mono signale cette hymne, dont il reproduit la première strophe (Lateinische Hymnen des Mittelalters, tom. m, |p. 166, annote). L'ofiSce, auquel cette hymne est empruntée, et qui offre de ferandes analogies avec celui du Bréviaire de Wurtzbourg, est très-important |iu point de vue liturgique; la crainte seule de dévier de notre plan nous empêche d'en transcrire les principales parties propres.

Hymne des premières Vêpres de la fête de saint Gilles, au Bréviaire de la collégiale de Saint-Donatien, à Bruges (1520) (').

Eterno régi glorie hymnum canamus hodie, egidij miracula qui divulgat per secula.

Istum profudit grecia stirpe creatum regia, docilem dei gratia et preclarum scientia.

Eius tunica largitur egro qui sanus redditur; veredemio iungitur heremis quibus colitur.

Terra que fuit sterilis eius prece fit f ertilis ; eger sanatur debilis, famam fugit vir humilis.

Linquitur veredemius, intrat saltum profundius, cerva pastus egidius et pro nutrice saucius.

Construxic monasteria et fugavit demonia; per hune diversa talia fecit deus magnalia.

Sit laus patri cum filio paraclytoque agyo,

sanctorum qui consortio :

fungi dédit egidio.

Les trois morceaux qui suivent sont du célèbre hymno-j graphe français Jean-Baptiste de Santeul (^j; nous les tiromj

(0 Voyez ci-dessus, p. 455. .

(2) Jean -Baptiste de Santeul, communément appelé Santenil, naquit ), Paris, 1© 12 Mai 1630. Son amour pour l'étude le fit entrer, à l'âge de 20 ans

de ses Hymni sacri et novi (^) . Dans le Propre de Saint-Leu- Saint- Gilles^ à Paris^ on a mis la deuxième de ces pièces aux premières Vêpres^ et la troisième à Matines, mais avec des variantes, que nous aurons soin d^indiquer.

SANCTO ^GIDIO ABBATI

^gidi, clara sate stirpe Eegum, Impulit quo te pietatis ardor ?

Te, tuos, linquis profugus, supremi Eegis amore.

Flore sub primo puerilis aevi, Non puer docti patiens laboris :

Nempe praeclaras animo sagaci Hauserat artes.

chez les chanoines réguliers de l'abbaye de Saint -Victor; de là le nom de Santolius Victorinus, qu'il prend dans ses écrits. Doné d'une étonnante facilité pour la poésie latine, Santeuil s'acquit promptement une grande réputation. Bossuet l'ayant sollicité plusieurs fois d'abjurer les muses profanes, il consacra son talent à chanter les mystères et les Saints du christianisme. Il fit d'abord plusieurs hymnes pour le nouveau Bréviaire de Paris, publié, en 1680, par l'archevêque François de Harlay; il en composa un bien plus grand nombre pour celui de Cluny (1686), et cet ordre en fut si content, qu'il accorda au poëte des lettres d'affiliation et le gratifia d'une pension. Santeuil mourut le 3 Août 1697; exhumés en 1800, lors de la démolition de l'abbaye de Saint- Victor, ses restes reposent, depuis le 16 Février 1818, dans l'église de Saint- Nicolas-du-Chardonnet, à Paris. (Moeéei, Grand Dictionnaire historique, édit. Drouet, tom. ix, Paris 1V59, S, pp. 147 et suiv., art. Santeul, \Jean-Baptiste de]. — DE Feller, Biographie universelle, édit. Weiss et Busson, tom. vu, [Paris 1849, pp. 444, 445, art. Santeul ^Jean de].

Santeuil a été très-diversement apprécié; loué sans réserve par les uns, il a subi des critiques fort sévères de la part des autres, en tête desquels se range l'illustre abbé de Solesmes, Dom Prosper Guéranger, qui, dans ses Institutions liturgiques, entreprend une campagne en règle contre l'hymnographe français. Voyez le tome ii de cette œuvre capitale, nouv. édit. publiée par Dom Alphonse Guépin, Paris 1880, pp. 70 et suiv.

Editio novissima, Parisiis 1698, pp. 169 et suiv. Les hymnes, qui composent ce recueil, sont classées dans l'ordre du Bréviaire romain; celles de saint Gilles sont assignées au 1^'^ Septembre. Les hymnes de Santeuil ont été baintes fois réimprimées; nous avons sous les yeux une édition d'Amsterdam, jie 1760, In qiia Hymni omnes, dit le titre, quos Auctor usque ad mortem conci- Huerat, reperiuntur. Les hymnes pour la fête de saint Gilles se trouvent aux iîp. 145 et suiv.

Igneus mentis vigor impotentem Non facit, morum gravitas coërcet.

Servat immotam, sibi par, sub alto Pectore mentem.

Sancta maj estas sedet ore sancto, Et pudor frontis socius modestae :

Ipse splendorem Deus, et verendos Afflat honores.

Magna jam de se dabat auspicari; Pauperes, aegros, ope sublevabat, Comis in cunctos animus, supremis Gratus et imis.

Se probat virtus generosa factis; Dente lethali mala mordet hydra, Arte non docta, prece sed medenti Vulnera sanat.

-^ger occurrit maie nudus artus, Yeste quem texit miseratus ultro; Vestis attactu fugit obstinatus Corpore languor.

Fama longinquas cita transit urbes; Itur, accurrunt, via fervet omnis.

Sentiunt omnes simul efficacis Munera dextrse.

Jamque tôt signis maie tuta notis Ferre se Virtus nequit, in profundos, Qua viam monstrat Deus, ardet exul Ire recessus.

Qui bonis pro te fugit abdicatis, Hujus exemplum, Deus, semulemur; Cuncta decrescent, modo crescat unus Pectore Christus.

Sit Patri, sit laus Genito, sit almo Fiamini, sit laus tribus uua semper; Et tibi cunctis, Deus unus, œqua Gloria saeclis.

Quid fugis prseceps dubium per œquor?

Scandet seratas tua fama puppes, Scandet et Virtus tua, nec fugacem Deseret unquam.

Ergo florentes studiis Athenas Deseris, doctas quoque doctus artes, Patriam, Cives, Bona, Res, Amicos, Teque relinquis (^).

Quippe vestigas meditatus alta Mente thesauros, tibi vis latronum l^ulla quos tollat, neque dente verrais Eodat iniquo.

Non metus pœnas, neque Régis ira, Exulem fecit tua sola Yirtus, Dum fugis terras, patrium requiris Civis Olympum,

Non sibi certam, stabilemque terris Credulus sperat fore civitatem; Non manu factas, solidas, perennes Cogitât arces.

Et caducarum simulacra rerum Nos tenent terris fugitiva fixos ?

Nos adhuc umbram sequimur? Eugit nos Timbra sequentes {^).

(^) An Propre de Saint-Leu, l'hymne des premières Vêpres de la fête de saint Grilles commence par cette strophe, dont les deux premiers vers ont été changés ainsi :

Flore sub primo juvenilis aevi, ^gidi, quantus pietatis ardor !

(^) A la suite de cette strophe on a mis, an Propre de Saint-Leu (1''^* Vêpres), la pénultième de la première hymne : Qui honis pro tefugit ahdicatis, etc., et pour conclusion :

Summa laus Patri, genitoque Verbo, Et tibi compar, utriusque Nexus:

Da bonis nudos bona vera per te Quserere cœlo. Amen.

Non ad antiquas, sua tecta, turres(^), Sponte discedens oculos retorsit, Quo fugax(2) tendit, vigilabat alto Fixus Olympo.

Ille non curât, ratis acta vento Quos petat portus; sua meta Cœlum. Nil tulit secum, bona supplet unus Omnia Christus.

Redditus Francis pius exul oris, Intrat obscuras nemorum latebras, O nimis felix recreata tellus Hospite sancto ! {^)

Luminis tanti radius nigrantes Terruit sylvas; fugit horror antris; Ipsa mansuescit fera, jam prioris Immémor irae(*).

Die quibus pœnis juvénile corpus Plectis, attritum subigisque menti, Semper infensus tibi, durus hostis Et tibi, judex. {')

Die dapes asgro stomacho negatas, Gutturi sicco latices negatos, Die et orando vigilata longaB Tempora noctis.

Antra vidistis, Loca sola, Vallès, Invii saltus, querulique Fontes Vos et effuso madefacta fletu Conscia saxa.

(^) Propre de Saint-Leu :

Non ad antiquas fugitivus sedes,

(2) Id. Fuga.

(3) Id.:

O nimis felix, recreata sancto Hospite tellus !

(*) Cette strophe a été supprimée au Propre de Saint-Leu. (^) Propre de Saint-Leu :

Ipse qusesitor tibimet severus, Durus et ultor.

Quaeritur; tectum bene sylva prodit; Omnium votis rapitur sacerdos, Eite commissi modo destinatus Pastor ovilis.

Viribus fractus, moribundus, seger, Se suo victu, velut ante, fraudât; Quippe praslibat meliora jugis Gaudia mensae(^).

Hymne de Santeuil (^) aux Laudes de Foffice de saint Grilles, dans le Propre de Saint-Leu, à Paris (^) .

Quid tu, relictis urbibus, Mortalium consortia Timens fugis ? quid tu vides Solusque tecum cogitas ?

Mentis volatu libero, Percurris aeternas domos :

Et qu2e negas mortalibus, Transfers Deo commercia.

Praasens cboris cœlestibus, Sacro quietus otio, Totus tuendo Numini, Totus colendo tu vacas.

Quam pura qui te diligunt, 0 Christe, libant gaudia !

Te propter antris abditos, Sinu recondis in tuo.

Jugis tibi sit gloria, Fons o bonorum Trinitas, Terrena contemnentibus, Quae te rependis prsamium.

Amen.

Q) Le Propre de Saint-Leu n'a pas ces deux dernières stroplies, qui ont été remplacées par :

Summa laus Patri, genitoque Verbo, etc.

(^) L'en-tête porte : Santolius Victorinus; nous avons vainement clierclié cette pièce dans les Hymni sacri et novi de l'auteur. (•^) Pp. 356 et suir.

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