‹ Saint GillesChapitre 15 sur 57 · Avertissement au lecteur (3 pp · texte numérisé non relu

Avertissement au lecteur (3 pp

4. Apostrophe au livre, écrite en vers latins par le jurisconsulte Lambert de Vlierden (2 pp.).

5. Ode en vers français, adressée à l'auteur, et signée : P. Quercu (2 pp.).

Après ces préambules, Aloyse de Lymbourg entre en matière. La Vie de saint Gilles est divisée en neuf chapitres et comprend 100 pages. " Il y a des-ja bonne espace de temps, — dit l'auteur dans son Avant- Fropos, — que j'avoy mis la main à la plume, pour traduire la Vie de nostre Bienheureux Patron S. Gilles, de laquelle nous usons tous les jours en nostre Eglise, de Latin, en langue vulgaire... " C'est la Vita audore auouynw, insérée par Stilting dans les Ada Sandorum; en bien des endroits, de Lymbourg traduit cette Vie littéralement, mais il délaie sa traduction dans de longues réflexions morales, entremêlées de textes de l'Ecriture sainte, d'extraits des saints Pères et de passages des auteurs profanes. Le style de l'écrivain est fort incorrect, mais sa naïveté, le parfum de piété qu'il exhale, font lire aujourd'hui encore avec plaisir le travail du prélat liégeois.

A la suite de la Vie de saint Gilles, et sous le titre étrange de Paraphrase, Aloyse de Lymbourg raconte l'histoire de son abbaye

(') Les armoiries d'Aloyse de Lymbourg sont blasonnées d'une façon différente dans le Recueil historique et généalogique des Ahhés de Saint-Gilles, de Simon- Joseph Abry. L'écu de ce prélat (6<= de la planche II) est écartelé : au 1'^'' et 4*^, de gueules, à une étoile d'or à six rais, au chef d'argent chargé do trois merlettes de sablej au 2*= et 3^, d'argent, à l'aigle éployée...

(pp. 101-145); cette partie renferme beaucoup de détails intéressants et nous y avons largement puisé (^).

Après la Paraphrase viennent les pièces suivantes : " Oraison à Dieu, pour les femmes, qui après leurs couches, présentent leurs enfants à l'Eglise de S. Gilles " (pp. 146, 147).

" Oraison à la Sacrée Vierge, et Mere au mesme effect " (pp. 148- 151).

" Autre Oraison au Glorieux Sainct Gilles à mesme fin que dessus (pp. 151-153).

Quatre " Eslans de l'ame dévote " (pp. 154-169). Avis au lecteur (1 p. non chiffr.).

Approbation, datée du 5 Septembre 1627, et signée Jan de Chokier. Chanoine de la Cathédrale, et Vicaire de Liège " (1 p. non chiffr.). Le verso de cette page porte la marque typographique de Jean Ouwerx {^).

On trouve ensuite la Discejptatiuncula clironologica de Sando ^gîdio Ahhate Arelatensi, et G onf essore. La " Table du contenus en ce livre " (3 pp. non chiffr.) et les " Erreurs passées en l'Impression " (1 p. id.) terminent le volume.

2. Notice historique sur Saint-Gilles avant et après sa mort ou S. Gilles, son monastère et son culte, par Teissonnier, prêtre (^).

— Nîmes, typographie Soustelle, X862, in-12, de 222 pp., sans le titre et l'approbation (^), avec une lithographie représentant saint Gilles en prière devant sa grotte.

Solide et très-bien écrit, le livre de M. l'abbé Teissonnier offre une lecture aussi instructive qu'attrayante. L'auteur est né à l'ombre de la

(') Voyez notre tome ii, pp. 289, 307-309, 316, 317.

(^') Cette vignette représente un homme bêchant la terre et un autre qui fend du bois, à l'aide d"'une hache; un paysage montagneux encadre la scène. On lit à Tentour : Absque labore nihil.

(^) M. Teissonnier, né à Saint-Gilles-dn-Gard, en 1807, fut durant de longues années directeur et professeur de dogme au grand séminaire de Nîmes; il est, depuis 1880, chanoine prébende de la cathédrale de cette ville. Ce vénérable ecclésiastique est bien connu, surtout en France, par son Cornpendium Theologiœ dogmaticœ, 4i volumes in-12, Nîmes, 1872-1873. La Bi&iiog'mphie catholique consacre à cet important travail un compte-rendu de 6 pages, qui se termine ainsi : "Le Compendium Theologiœ dogmaticœ de M. Teissonnier est une œuvre de haute valeur, une œuvre de longues et sérieuses études, une œuvre surtout de solide doctrine " (tom. lv, Paris 1877, pp. 100 et suiv.).

(*) Le livre de M. Teissonnier porte une double approbation motivée et des plus élogieuses : la première émane de Mgr. Plantier, évêque de Nîmes, la seconde de Mgr. Meirieu, évêque de Digne»

basilique de Saiut-Gilles; familiarisé dès son enfance avec tous les souvenirs du culte de l'illustre solitaire, préparé par de laborieuses recherches, il a produit une œuvre qui s'adresse à la fois au cœur et à l'esprit, une œuvre oii l'érudition s'allie à la piété, et dont chaque page reflète un ardent amour pour le saint thaumaturge, un zèle vraiment sacerdotal pour la propagation de son culte.

Le savant écrivain va nous raconter lui-même l'origine de son livre :

" Dépositaire d'une savante compilation due à la patiente érudition • d'un honorable membre de l'Académie du Gard, feu M. Hector Mazer, je devais, selon la mesure de mes forces, travailler à en faire sortir une histoire de la ville de Saint-Gilles, dans laquelle le Saint de ce nom et Clément IV, à qui cette ville donna naissance, avaient d'avance leur place marquée. Des devoirs sacrés, et aussi des dérangements survenus depuis, ne m'ont pas permis jusqu'ici d'accomplir cette tâche difficile.... Mais un vœu m'a été exprimé; un de ces vœux auxquels le cœur sent l'impérieux besoin de déférer.

" Le 27 Juillet prochain, doit avoir lieu, en grande pompe, à Saint-Gilles, la translation d'une belle relique de notre saint Patron (^). Mgr. Plantier, notre savant et intrépide Prélat, daignera présider cette imposante cérémonie. Or, M. Corrieux, curé de la paroisse, a pensé avec raison que, dans cette circonstance solennelle, une notice biographique du glorieux Patron aurait un à-propos particulier et serait favorablement accueillie des fidèles.

" Je m'associe de grand cœur à cette heureuse idée du respectable curé, et je remercie sincèrement la famille Nourrit-Mazer, propriétaire des écrits de M. Hector Mazer, de l'empressement si bienveillant avec lequel elle a bien voulu m'autoriser à détacher du travail plus considérable, que nous avons en vue, quelques fragments pour en composer ce petit livre, que j'intitule: Notice historique sur 8. Gilles, avant et après sa mort, ou Saint-Gilles, son Monastère et son Culte " {^).

M. l'abbé Teissonnier divise son travail en vingt et un chapitres. Dans les cinq premiers il esquisse la biographie du saint abbé, en prenant pour base de son récit les données chronologiques de Stilting (^). Les deux chapitres suivants traitent du monastère de Saint-Gilles, de ses privilèges, de sa règle, des dangers qui menacèrent son indépendance (^).

(') Voyez, sur cette relique, notre tome i, p. 386. (2) Avertissement, pp. 1, 2.

Pp. 3-42.

(*) Pp. 42-56.

XLIIÎ

L'auteur parle ensuite des pèlerinages au tombeau de notre Saint, des reliques détachées de son corps et accordées à divers sanctuaires de la chrétienté; il fait le relevé des anciennes dépendances de l'abbaye de la vallée Flavienne et indique les principales localités de la France, qui ont emprunté au bienheureux solitaire leur dénomination et ont retenu le nom de Saint -Gilles (^).

Sept chapitres sont consacrés à l'histoire du culte de l'illustre Saint dans les diverses contrées de l'Europe. L'auteur commence son itinéraire par Saint-Gilles et ses environs. De là il mène son lecteur dans l'Ouest de la France, visite avec lui les diocèses de Luçon et de Saint- Brieuc, et passe dans la Grande-Bretagne (^). Rentré en France, il s'arrête au Mont- Saint-Quentin, dans l'ancienne Picardie, et fait une excursion au pays de Liège et dans la forêt des Ardennes, pour y vénérer la mémoire de Goderan, l'histrion converti, et celle du bienheureux Thierry, abbé du monastère de Saint-Hubert, les premiers propagateurs connus du culte de saint Gilles dans notre pays (^). Le pieux voyageur n'est pas au bout de ses pérégrinations : il parcourt l'Allemagne, la Bavière, la Hongrie (''), et donne un souvenir à la catholique Pologne, en racontant, d'après une chronique du XII^ siècle, la naissance miraculeuse de Boleslas III, attribuée aux prières de saint Gilles (^). C'est à Paris que le pèlerin fait sa dernière étape {^).

Clément lY et saint Louis, ces amis illustres entre tous, la dévotion du grand pontife au patron de sa ville natale, la prédilection marquée du saint monarque pour cette cité, fournissent matière à un double chapitre (^). Les trois derniers s'occupent du corps de saint Gilles, de son dépôt à Toulouse, etc. (^).

Le beau livre de M. Teissonnier se termine par un Appendice, où l'on trouve une neuvaine et des litanies (^) en l'honneur de saint Gilles, avec une touchante prière à ce Saint, composées par Mgr. Meirieu, évêque de Digne, que la ville de Saint-Gilles compte parmi ses plus nobles enfants ('°), Un Cantique historique et chronologique sur saint

(^) Notice historique sur Saint Gilles, pp. 57-75.

(2) Id., pp. 75-103.

(3) Id., pp. 103-111.

O Id., pp. 111-118. • (5) Id., pp. 119-134.

C) Id., pp. 134-144.

C) Id., pp. 144-167.

(S) Id., pp. 167-192.

(^) Nous avons inséré ces litanies dans notre tome ii, pp. 507 et suiv. (^°) Notice historiqtie sur Saint Gilles, pp. 195-216.

Gilles, ahlé, dû à la plume de M. Estève, forme le couronnement de cette œuvre remarquable (^).

3. Le doigt de Dieu est ici !... Mémoire aux fidèles de Saint-Gilles sur les travaux qui ont amené la découverte du tombeau de leur saint Patron, par M. Vabhé G , Curé de cette Paroisse, Chanoine honoraire de Digne. — Nîmes, de l'imprimerie typographique Soustelle, 1866, petit in-8, de 31 pp.

Cette brochure est l'œuvre de M. Goubier. Nous en parlons fort au long dans le corps de notre travail, et le lecteur y trouvera de nombreux extraits de ce Mémoire, qui produisit une sensation si vive dans le monde religieux (^).

4. Crjrpte de la basilique abbatiale et monumentale de Saint- Gilles (Gard). Travaux préliminaires de restauration. Notes et souvenirs, par Eugène Chèvremont. — Nîmes, de l'imprimerie typographique Soustelle, 1866, petit in-8, de 24 pp.

M. Chèvremont, percepteur à Saint-Gilles-du-Gard, rend compte, dans son Introduction, de l'impression que fit sur lui, en arrivant de Bretagne, sa première visite à l'ancienne basilique abbatiale; il fut péniblement affecté, dit-il, à la vue des mutilations dont ce beau monument avait été l'objet et de l'état d'abandon " dans lequel demeuraient depuis si longtemps ces magnifiques vestiges d'une splendeur détruite, mais qui se laisse si facilement comprendre et deviner " (^). La crypte, si admirablement restaurée aujourd'hui, n'était alors qu'un caveau infect, sans lumière et sans air, obstrué de décombres et semé de dangereux écueils.

Dans les pages suivantes, qui forment le corps de sa brochure, M. Chèvremont raconte comment la crypte fut provisoirement ouverte au culte, dans la soirée du l^"" Novembre 1864, par le chant solennel de l'ofiice des morts. Il parle ensuite des fouilles exécutées dans la crypte, et de la découverte du tombeau de saint Gilles, qui devait couronner la courageuse entreprise de M. le curé Goubier (^).

Une note finale développe les plans de restauration de la basilique, tels que les concevait l'auteur (^).

(') Notice historique sur Saint Gilles, pp. 217-220. O Tom. I, pp. 265-267, 270 et suiv.

(') Crypte de la basilique abbatiale et monumentale de Saint-Qilles, etc., p. 4. C) Id., pp. 11-22.

(^) Id., pj). 23, 24. M. Chèvremont a voué une espèce de culte au monument dont il déplore les tristes mutilations. Depuis plusieurs années, il con-

5. Antiquités du Midi. Tombeau à-'AtyiSio^ (saint Gilles) récemment découvert dans la crypte de la ville dont il fut le fondateur et dont il est le patron, par le baron de Rivière (M. — Marseille, IMPRIMERIE V Marius Olive, 1866, in-12, de 12 pp.

C'est un court résumé de la Yie du saint abbé et de l'histoire de la ville de Saint-Gilles. Ennemi déclaré du césarisme et du système de centralisation, qui trône en maître aujourd'hui, le noble auteur expose en tête de sa brochure le motif qui en a dicté les pages :

" Dans un siècle soi-disant de liberté et de progrès, où l'Etat est tout, le citoyen, la cité, la province même, rien, où l'on ne peut faire le moindre règlement de police, réparer une église de village, un chemin, un pont, sans que le gouvernement intervienne, avec d'interminables formalités, par des hommes de son choix, maires, sous-préfets, préfets, agens-voyers, architectes, ingénieurs, ministres même et conseil d'État, .... il me paraît opportun de saisir l'occasion que m'offre la récente découverte du tombeau d'un saint ermite, pour montrer, par son exemple, ce que pouvait, ce qu'a fait ou préparé, dans des temps dits de servitude et d'ignorance, un simple particulier, étranger, inconnu, sans fortune, sans autre prestige que ses vertus, sa piété, sa charité, son abnégation " {^).

Tous les historiens conviennent que le monastère de la vallée Flavienne fut le noyau d'où sortit la ville de Saint-Gilles; tous admettent que cette ville dut ses accroissements et son étonnante prospérité aux multitudes nombreuses qu'attirait le tombeau du saint anachorète. Mais la création de la nouvelle cité fut-elle l'œuvre de notre Saint ? Celui-ci mérite-t-il le titre de fondateur, dans le sens strict du mot, que lui décerne M. le baron de Eivière ? Rédigea-t-il, comme l'affirme cet écrivain, un code de lois et ordonnances, destinées à régir les colons groupés autour du monastère ? (^)

eacre ses loisirs et ses ressources personnelles à rembellissement des ruines de l'ancien chœur de la basilique, au milieu desquelles vient d'être érigée une statue de la Vierge, sous le vocable de Notre-Dame des Ruines. (d'Éverlange, Saint Gilles et son pèlerinage, 5^ édit., Nîmes 1880, p. 155, note 1.)

(^) Lors de la fête mémorable célébrée à Saint- Gilles, le 22 Octobre 1867, en souvenir de l'invention du tombeau de notre grand Saint, M. le baron de Rivière avait orné la porte de son hôtel do l'inscription suivante, qui résume en quelque sorte sa brochure :

INVENTO BEATI CONDITOKIS SEPULCEO CIVITAS RESURGIT.

(2) Tombeau d''Al'yihLO<^, etc., pp. 3, 4.

(^) Voici le passage du travail de M. le baron de Rivière, auquel nous faisons allusion :

" Egidius, comme on l'appelait alors, avait fait hommage de sa concession au Pape, afin de soustraire, autant qu'il dépendait de lui, ses moines et les

Nous avons peine à l'admettre, et, avec la généralité des historiens, nous aimons mieux reculer la fondation de la cité Saint-Gilloise jusqu'après la mort du saint abbé (*); nous préférons rattacher les origines de cette ville, tout comme ses développements et sa célébrité, au sépulcre qui gardait les glorieuses dépouilles du thaumaturge et faisait affluer de tous les coins de l'Europe des milliers de pèlerins. Ce courant, ne l'oublions pas, fut prompt à s'établir; moins de cent ans après la mort de saint Gilles, ses vertus et les miracles, dont Dieu se plaisait à honorer son tombeau, étaient connus au loin, sa renommée était solidement établie {"). L'opinion, qui obtient nos préférences, ne révoque donc nullement en doute la haute antiquité de la ville de Saint-Gilles.

populations qui se plaçaient sous son égide, à la domination capricieuse et rapace des chefs très-peu civilisés qui dominaient, tour à tour, dans ces temps de troubles,

" Maître alors de donner aux colons, qui se groupaient autour du monastère, le régime qui lui paraissait le plus convenable, et inspiré par le précepte divin qui ordonne le respect de la propriété d'autrui, il n'eut garde de porter atteinte au plus grand de tous les biens de ce monde, ]a liberté; il ne lui vint pas, non plus, la pensée qu'on puisse, en conscience, ravir à une cité, pas plus qu'à un particulier, le droit naturel de gérer ses affaires comme elle l'entend et de choisir celui ou ceux qui doivent la représenter pour cette gestion.

" Les règlcmens qu'il établit paraîtraient, aujourd'hui, ultra-démocratiques et inconciliables avec l'ordre public; cependant, ils subsistèrent, avec les modifications que le temps y avait apportées natui-ellement, jusqu'à la révolution. La cité était administrée souverainement par des consuls élus par les notables, qui s'assemblaient toutes les fois qu'ils le jugeaient convenable, délibéraient et prononçaient librement sur toutes les affaires.

" Sous un régime aussi paternel, aussi véritablement Hbéral, vint bientôt se réfugier une nombreuse population... " (pp. 5 et suiv.)-

(^) Il est cependant des auteurs qui se rallient, en tout ou en partie, à l'opinion de M. le baron de Rivière; citons parmi eux M. Béchard et M. l'abbé Trichaud.

La ville de Saint-Gilles, écrit M. Béchard, " avait des lois municipales empruntées peat-être par jEgidius aux lois d'Athènes, sa patrie, et analogues d'ailleurs à celles des villes consulaires et des républiques municipales de la Provence et du Languedoc." (Consultation pour la Fabrique de Saint-Gilles, Nimes 1866, p. 29.)

Le corps de saint Gilles, dit d'autre part M. l'abbé Trichaud, "devint l'objet d'une vénération filiale de la part des habitants qui s'étaient établie auprès du monastère et qui devaient tout au saint fondateur. C'était lui, en effet, qui leur avait cédé des parcelles du territoire dont Vamba l'avait fait propriétaire, moyennant une légère redevance. Ceux-ci s'étaient construit des maisons avec les débris d'une ville gréco-romaine que l'histoire ne peut nommer. " (Histoire de Vinvention du tombeau de S. Gilles, Nimes 1868, p. 38.)

(-) Voyez notre tome i, pp. 195, 196.

6. Consultation pour la Fabrique de Saint-Gilles (Gard), par F. Béchard. — Nîmes, de l'imprimerie Clavel-Ballivet et C'% 1866, petit in-8, de 48 pp.

M. Béchard, ancien avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, a rédigé ce mémoire aux fins de prouver que la Fabrique de Saint-Gilles " estrecevable et fondée à exiger des détenteurs du terrain qui forme le chemin de ronde ou processionnal de l'église, la restitution de ce terrain et son affranchissement de toutes servitudes d'appui et autres " (^).

Ce mémoire comprend deux parties : la première, intitulée : De la fin de non-recevoir opposée à la Fahrlqihe {^), est exclusivement juridique, et met hors de conteste le principe de l'imprescriptibilité des églises affectées au culte et de leurs dépendances nécessaires, savoir : les murs extérieurs, contreforts, piliers, fondations, abords, chemins de ronde et procès sionnaux.

La seconde partie est V Application à la cause du principe d'imprescriptihilité des églises et de leurs dépendances nécessaires (^). Pour mieux établir sa thèse, M. Béchard entre dans une foule de détails historiques et archéologiques sur le saint abbé et son monastère, sur la ville de Saint-Gilles, sur la basilique abbatiale et sa crypte, sur la découverte du saint tombeau, etc.; il y a là plus d'un précieux renseignement, qu'on chercherait vainement ailleurs.

L'auteur est jurisconsulte avant tout, mais il sait au besoin faire valoir à l'appui de sa thèse les considérations morales de l'ordre le plus élevé, et nous ne résistons pas au désir de transcrire ici une des plus belles pages de son savant mémoire :

" L'église supérieure est bâtie sur la crypte oii gisent les restes mortels du grand saint Gilles, et où tant de millions d'âmes sont venues, depuis le VHP siècle jusqu'à des temps voisins de nous, se confirmer dans leur foi et puiser à un grand souvenir des enseignements de vertu, de courage et de résignation. C'est sous ses voûtes

(^) Les propriétaires, voisins du pourtour de l'église, s'étaient distribué, avec l'autorisation ou par tolérance de l'autorité municipale et sous condition expresse de restitution, le terrain formant le chemin de ronde, et avaient prolongé jusqu'au mur d'enceinte de l'édifice sacré les murs mitoyens respectifs et séparatifs de leurs héritages; ils formèrent ainsi autant de cours dépendantes de leurs maisons. Depuis, sans autorisation nouvelle, ils élevèrent dans ces cours des constructions, liées à leurs maisons, d'une part, et adossées, de l'autre côté, aux murs de l'église, par des entailles et des refouillements {Consultation pour la Fabrique de Saint-Gilles, p. 23).

(2) Id., pp. 2-20.

(3) Id., pp. 21-48.

encore intactes qu'affluaient les pèlerins; c'est de cette petite croisée, malheureusement sacrifiée aux nécessités des fouilles faites dans les énormes massifs sous lesquels les moines avaient abrité contre de nouvelles profanations le tombeau du fondateur de leur ordre (^), qu'on venait de toutes les contrées de l'Europe vénérer les reliques du saint, s'inspirer de ses exemples et implorer son intercession. Les Saint-Gillois peuvent-ils oublier les miracles de civilisation matérielle et morale opérés sous l'influence du patron de leur église et de leur cité ? Permettront-ils que les pierres sacrées qui rendent de nos jours encore un éloquent témoignage du degré de splendeur où leur ville était parvenue dans le moyen âge, et des efforts qu'ils firent eux-mêmes, sous le règne de Louis XIV, pour restaurer l'édifice qu'avaient détruit les guerres civiles, périssent par leur incurie ? Leur foi, leur honneur, leur intérêt n'exigent-ils pas qu'ils préservent d'une ruine totale ce que les siècles ont épargné dans leur unique paroisse, et ce que menacent aujourd'hui les constructions parasites établies sur les fondations, sinon sur les voûtes mêmes, consacrées par l'art et la religion ? " {^)

7. Lettre pastorale de Monseigneur l'Évêque de Nimes sur la découverte du tombeau de S. Gilles et sur la Fête dont l'anniversaire de cette invention doit être l'objet, le 22 Octobre prochain (1867).

— Nîmes, typographie Soustelle, in-8 de 12 pp. (^). . Nous avons enchâssé cette perle dans notre travail (^).

M. l'abbé Carie a parfaitement décrit, dans la Semaine religieuse de la ville et du diocèse de Nimes (^), la fête annoncée et préparée par la magnifique lettre pastorale de Mgr. Plantier.

8. Histoire de l'invention du tombeau de S. Gilles, par Vahhé J. M. Trichaud, Missionnaire apostolique. — Nîmes, Giraud, libraire, 1868, in.8, de 240 pp. («).

L'auteur a choisi pour épigraphe de son livre ce texte de l'Écriture, si bien approprié à la circonstance : Gaudentque vehementer cum invenerint sepulcruni (Job, m, 22).

(') C'est par distraction que l'autenr écrit ordre, au lieu de monastère. Ç^) Consultation pour la Fabrique de Saint-Gilles, pp. 46, 47.

Lettres pastorales, etc., de Mgr. Plantier, Évâque de Nimes, tora. VI, pp. 253 et suiv. Nous possédons un tiré à part de cette lettre. C*) Tom. I, pp. 286 et suiv.

N"'' du 26 Octobre et du 2 Novembre 1867, 3« année, Nimes 1867, pp. 410-418, 430, 431. Voyez notre tome i, pp. 294 et suiv.

C) L'ouvrage sort des presses do Rives et Faget à Toulouse.

Le titre de l'ouvrage donne une idée incomplète de son contenu; le premier tiers du volume renferme la Vie du saint abbé, l'histoire de l'abbaye et de la ville de Saint -Gilles Nous indiquerons les principales divisions du travail de M. l'abbé Trichaud, en traitant de la découverte du tombeau de notre Saint {^).

9. Vie admirable du grand S* Gilles, dont le Tombeau a été découvert en 18Ô5 (29 Août) dans l'Église souterraine de la Ville qui porte son nom (Diocèse de Nimes). — TARAscoN-suR-EnoNE, impil AuBANEL, s, d., in-18, de 39 pp.

Cet opuscule est encore une production de M. le chanoine Goubier, curé de Saint-Gilles-du-Gard, qui l'écrivit peu de mois avant sa mort; V Avant-Propos, signé de son nom, est daté du 29 Août 1871.

Ce petit travail comprend sept chapitres. Les quatre premiers initient le lecteur aux principaux faits de la vie de saint Gilles (^). Le cinquième chapitre raconte la disparition du tombeau de l'anachorète et sa merveilleuse découverte, le 29 Août 1865 (^). Les événements, qui ont suivi cette découverte, sont brièvement rapportés dans le sixième chapitre, où l'auteur appelle de tous ses vœux le retour des anciens pèlerinages (^). Le récit des grâces obtenues depuis la découverte du saint tombeau, forme la matière du dernier chapitre (").

Pour venir en aide à la piété des pèlerins, M. Goubier a traduit, outre la Prose : Félix mundi jpericiilai^), les hymnes de Santeuil, qui se récitaient jadis en beaucoup d'églises de France, aux premières Vêpres, à Matines et aux Laudes de la fête de saint Gilles (^), Un Appendice contient cette traduction, disposée " sous forme de neuvaine " (^). Deux cantiques en l'honneur de saint Gilles terminent l'opuscule {^^).

Q) Pp, 13-6L

C^) Tom. I, p. 265. Voyez, sur Tœuvre de M. Trichaud, le Polyhihlion, tom. IV, l'^'^ partie, Paris 1869, pp. 238, 239. (3) Pp, 5-16.

O Pp. 16-20.

C) Tom. II, pp. 486 et suiv.

(^) On trouvera ces hymnes au tome ii de notre travail, pp. 477 et suiv. La traduction s'est faite sur le texte retouché et écourté du Propre de Saint- Leu, à Paris. Voyez les notes au bas des pages 477, 478, 479 du tome cité, et les premières lignes de la page 475.

(^) Vie admirable du grand 8^ Gilles, pp. 25-31. Id., pp. 32-39.

Signalons encore : Les derniers jours de Monsieur Vàbhê Qouhier, curé de Saint-Gilles, chanoine honoraire de Nîmes et cîe Digne, par 8^ Marie-Albert

10. Vie et culte de saint Gilles, l'un des quatorze Saints les plus secourables du paradis, par M. Jules de Kerval. — 1" édit., Le Mans, IMPRIMERIE -LIBRAIRIE Leguichetjx-Gallienne, 1874, iii-8, de 42 pp.; 2" édit.. Le Mans, même imprimerie, 1875, in-18, de 216 pp., avec une gravure sur bois représentant la découverte de saint Gilles dans la forêt gothique.

Le livre de M. de Kerval occupe une place d'honneur parmi les nombreux ouvrages publiés, dans ces dernières années, sur saint Gilles et son culte. L'auteur ne s'est pas contenté, comme on le fait trop souvent, de copier les travaux de ses devanciers; son œuvre accuse une étude sérieuse des sources, et la partie consacrée au culte de saint Gilles trahit le chercheur patient et minutieux.

Le beau travail de M. Jules de Kerval est né d'une pensée pieuse, celle de concourir à la restauration de l'antique chapelle de Saint- Gilles-de-la-Plaine, située à l'extrémité du diocèse du Mans, à 3 kilomètres environ d'Alençon, et sur le territoire de la paroisse de Saint- Paterne.

Occupé à réunir les matériaux de son livre, M. de Kerval voulut bien nous demander des renseignements sur le culte de saint Gilles en Belgique; il nous fit l'honneur de nous écrire une seconde fois, au moment de mettre sous presse la nouvelle édition de son travail. L'aimable auteur nous pardonnera d'insérer ici quelques passages de sa double lettre; ces lignes édifieront le lecteur autant qu'elles nous ont édifié, et lui feront connaître, mieux que nous ne saurions le faire, l'œuvre due au talent et à la piété d'un des serviteurs les plus dévoués de notre grand Saint.

M. de Kerval nous écrivait d'Alençon, à la date du 1" Juillet 1874.

" Monsieur le curé de S' Paterne, près Alençon (Sarthe), vient d'entreprendre la restauration d'une antique chapelle dédiée à S* Gilles, sanctuaire autrefois fort en honneur dans la contrée, où ce grand Saint est invoqué contre la peur et l'épilepsie. Vous trouverez peut-être indiscret à un inconnu de venir vous entretenir de la réparation de cette humble chapelle, située si loin de votre pays, dans un coin pres-

se Sainte-Madeleine, Dominicaine de Mazan, Tonlonse, imprimerie Rives et Privât, 1872, in-8, de 36 pp. Le chapitre iv de cette brochure raconte l'émouvant épisode de la découverte da tombeau de saint Grilles (pp. 14-17); le chapitre suivant parle du projet qui préoccupait si vivement M. le curé Goubior, celui de donner à la précieuse relique une garde d'honneur, en établissant tout près de la basilique une communauté de religieuses dominicaines, tirées du monastère de Mazan (pp. 18-21). Nous avons fait plusieurs emprunta au travail de Sœur Marie- Albert. (Tom. i, pp. 300, 301, 304 et suiv.)

que ignoré de notre province, mais je connais, Monsieur, l'intérêt que vous portez à tout ce qui concerne le culte de S* Gilles.... C'est à Monsieur le curé de S' Grilles -du- Gard que je dois l'honneur de me mettre en rapport avec vous : ce bon et digne prêtre daigne en effet s'intéresser à l'œuvre que nous avons entreprise; il m'a parlé avec bonheur de l'amour que vous portez au Saint, dont il a la gloire insigne de posséder le tombeau; il m'a engagé à vous écrire, persuadé qu'il vous serait agréable de connaître cette renaissance du culte de S' Gilles dans notre contrée. Quelle providentielle coïncidence, et comme Dieu se plaît à inspirer à quelques-uns de ses enfants les mêmes pensées d'amour et de dévouement, pour exalter dès cette terre le nom de ses serviteurs bienheureux dans les cieux ! Comme il s'est plu en particulier à faire contribuer le talent des uns et la simple bonne volonté des autres au même but : la glorification de S' Gilles, la résurrection et la diffusion de son culte ! De tous côtés en effet voici que la dévotion à l'admirable abbé, que nos pères dans leur foi profonde plaçaient au nombre des Saints les plus secourables du paradis, resplendit de l'éclat des anciens jours. Tandis que Monsieur le curé de S* Paterne s'occupe activement de restaurer le sanctuaire du Saint, de mon côté je me prépare à composer une notice, qui puisse faire connaître l'histoire du Saint, et réveiller parmi nos populations la confiance qu'elles ont toujours conservée en sa puissante intercession " (^).

M. de Kerval formulait ensuite une demande de renseignements, à laquelle nous fîmes droit de notre mieux. Son travail parut en 1874, et reçut de la presse {^) et du public religieux l'accueil qu'il méritait. La première édition fut épuisée en quelques mois; dès l'année suivanté, l'auteur en publiait une nouvelle, considérablement augmentée, dont nous devons dire un mot.

(^) M. de Kerval avait joint à sa lettre Tin numéro du Messager de VOrne (6 Juin 1874) contenant un article dû à sa plume, et intitulé : La chapelle de Saint-Gilles près SainUPaterne (Sarthe).

(^) " C'est une étude sobre et consciencieuse, — écrivait M. Emile Souvigné, dans le journal français L'Union, ■ — où l'agrément du style relève une érudition discrète mais sûre. Ennemi des digressions intempestives, M. de Kerval n'omet aucun des faits qui établissent la suréminente sainteté de son héros, aucun des témoignages qui constatent l'ancienneté et l'universalité de son culte. L'historien puise aux sources et n'emploie guère de matériaux de seconde main. Avec un scrupule, malheureusement trop peu commun, il cite les textes, les documents,' les correspondances qui servent de base à son récit. Et ce n'est pas une mince besogne, si l'on considère que du monastère qui fut son berceau, le culte de saint Gilles se répandit rapidement à travers l'Europe, en France, en Belgique, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie Nous souscrivons pleinement à cet éloge, qui n'est nullement exagéré.

LU

Le livre s'ouvre par une Yie du saint abbé, succincte mais complète, et puisée aux meilleures sources (^). L'histoire du culte de saint Gilles occupe le reste de l'ouvrage; elle forme la matière des quatre derniers chapitres, dont nous transcrivons les en-tête, pour permettre au lecteur de juger de leur intérêt.

Chapitre m. Extension du culte de saint Gilles. — Pèlerinages à son tombeau. — Églises et sanctuaires élevés au moyen âge en son honneur. — Bulles des Papes. — Le " Livre des miracles " {^),

Chapitre iv. Les quatorze Saints Auxiliateurs. — Puissance de saint Gilles. — Son pouvoir contre la peur. — Dans les confessions. — Pour protéger les enfants. — Contre l'épilepsie et les maladies nerveuses. — Contre la fièvre. — L'orage. — L'incendie. — La sécheresse (^).

Chapitre v. Culte de saint Gilles en France. — Dans le Midi. — Eglise abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard. — Découverte du tombeau du Saint. — Guérisons. — Ses reliques. — Son culte dans les diocèses de Paris, Amiens, Chartres. — En Bretagne. — En Normandie. — Dans le Maine. — Légende de Gilles Eegnard. — Culte de saint Gilles à l'étranger (^).

Chapitre vi. La chapelle de Saint-Gilles-de-la-Plaine, près Saint- Paterne (5).

M. de Kerval a traité ce dernier chapitre avec un soin tout particulier. Il recherche les origines de la chapelle, qui semble dater du ou XII^ siècle; il retrace son histoire, et nous fait assister aux profanations qu'elle eut à subir en 1793. Pillée d'abord, vendue ensuite comme bien national, la chapelle de la Plaine fut convertie en grange; sa destruction était imminente, lorsqu'au mois de Février 1874, M l'abbé Bes-

(0 Pp. 7-22.

(^) P. 55. Ce chapitre abonde en détails de tont genre et du plus haut intérêt. Nous y apprenons, entre autres choses, que l'usage existait jadis, et existe encore aujourd'hui en plusieurs contrées, de mettre les enfants, les nouveau-nés surtout, sous la protection de saint Gilles, pour les guérir de la pcar, des convulsions, et les préserver de tout mal : " Nous trouvons cet usage établi en plusieurs pays, dit M. de Kerval : il existe depuis fort longtemps en France, où les rois et les princes s'y conformèrent souvent. C'est ainsi qu'en 1638, Louis XIII et Anne d'Autriche ordonnèrent des prières solennelles à saint Grilles, lors de la naissance de Louis XIV, et que, durant neuf jours, une députation du clergé et de la noblesse se rendit à l'église Saint-Leu-Saint- Gillos, de Paris, pour demander la conservation du prince nouveau-né. La même cérémonie eut lieu en 1716, à l'avénenicnt de Louis XV (pp. 63,64).

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