‹ Saint GillesChapitre 17 sur 57 · IL - POETES · texte numérisé non relu

IL - POETES

Vita S. ^gidii Al}]3atis Arelatensis In Gallia Narbonensi, et Confessoris, Versibns et Odis variis illigata ab -ffigidio Royen.

Secunda et ultima JEditio, priore muUo correctior et audior. Accesserunt Epigrammata aliquot et Megiœ, e prœcipuis D. J^gidii vitœ capitihus haustœ. — Leodii, Typis Christiani Ouwerx peope PP. Jesuit. sue siGNO S. Ignatii 1641. SuPEEiORUM PEEMissu, in-18, de 100 pp. non chiffrées, y compris le titre et les liminaires (19 pp.).

Le verso de la page-titre est orné d'une très-jolie gravure, représentant saint Gilles. Le Saint, figuré sous les traits d'un vénérable

Q) La naissance miraculeuse du duc de Pologne Boleslas III, due à l'intercession de saint Gilles, a été oliantée en vers et en prose, et bien que le récit de cet événement ne rentre pas dans le cadre de notre travail, nous ne pouvons nous dispenser d'indiquer les sources où le lecteur puisera des renseignements complets sur un fait, qui occupe une si large place dans l'histoire du culte du saint abbé. Nous voulons parler des Cronicœ et gesta ducum sive principum Polonorum.

Godefroid Lengnich publia cette chronique, pour la première fois, en 1749| J. Szlaohtowski et R. Koepke en ont donné une édition nouvelle, précédée d'une savante préface et insérée dans les Monumenta Gerynaniœ historica, de Pertz, tom. xi, Scriptorum ix, Hannoverae 1851, pp. 418 et suiv. L'abbé Migne a reproduit le travail de ces érudits, préface et texte, dans son PatrologicB cursus com^letus, section latine, tom. clx, Parisiis 1854, coll. 833 et suiv.

Cette chronique ne porte pas de nom d'auteur; Szlaohtowski et Koepke pensent qu'elle est l'œuvre d'un moine italien, exilé en Pologne, et qui paraît avoir été chapelain de Boleslas 111. Elle se divine en trois livres : les deux premiers furent écrits en 1109 ou 1110; la composition du troisième remonte à une date postérieure, peut-être à l'année 1113 (Pertz, op. et tom. cit., pp. 419, 420. — Migne, op. et tom. cit., coll. 835-837).

Le chroniqueur débute par un prologue (*) rimé de quatorze strophes, dont la facture rappelle les anciennes séquences et qui décrit la naissance miraculeuse de Boleslas III (Pertz, op. et tom. cit., pp. 424, 425. — Migne, op. et tom. cit., coll. 841-844). Ce miracle est raconté plus en détail dans le 1er Yiy^Q chronique, chap. 30, De uxoratione Wladyslavi, patris tertii Bolez-

lavi, et chap. 31, De jejuniis et orationihus pro nativitate tertii Bolezlavi (Pertz, op. et tom. cit., pp. 442, 443. — Migne, op. et tom. cit., coll. 874-876). M. l'abbé Teissonnier a inséré la traduction du prologue et le texte de ce morceau dans sa Notice historique sur Saint Gilles, pp. 120 et suiv. Il la fait suivre de la tra-

(*) Cette pièce porte pour en-tête : Incipit ejMogus. Le mot Epilocfus est évidemment mal choisi; il signifie la dernière partie d'un discours, ce qu'on appelle en toon latin : peroratio ou concludo.

vieillard à longue barbe, est revêtu du costume monacal; un capuchon lui couvre la tête. Assis sur un tertre, il paraît absorbé dans la lecture d'un livre, de format oblong, qu'il soutient des deux mains; il tient une flèche dans la main gauche. La crosse du saint abbé gît à ses côtés; sa biche est couchée devant lui. Dans le haut de cette charmante composition Q), on voit les armes de Jean de Nollet, abbé de Saint- Gilles-lez-Liége, accompagnées de sa devise : Fias minus nollet {^).

L'opuscule s'ouvre par une ode dédicatoire de l'auteur à l'abbé Jean de Nollet, suivie d'une pièce de vers où il explique d'une façon allégorique les armes de ce prélat.

duction des chapitres 30 et 31 du livre i^"^ des Cronitœ Polonorum et de quelques fragments des livres ii et m (pp. 125 et suiv.). Voyez aussi d'Êverlange, Suint Gilles et son pèlerinage, 5*°<= édit., pp. 80 et suiv., 242 et sniv., Note iv.

Boleslas III, l'enfant de miracle, naquit le 23 Décembre 1085.

Le 28 Août 1851, arrivait à Saint-Gilles-du-Gard un noble et savant polonais, M. le comte Alexandre Przezdziecki, dans le but de compulser les archives et le buUaire de la basilique, et d'y découvrir quelque trace du pèlerinage effectué par Boleslas au tombeau du saint abbé. Les Archives départementales du Gard fournirent à cet érudit la preuve certaine d'un fait ignoré des historiens.

Pour transmettre à la postérité le souvenir de la naissance de Boleslas III, due aux prières de saint Gilles, et en mémoire de son propre pèlerinage, M. Przezdziecki offrit en don à la basilique, par acte du 30 Octobre 1851, un magnifique ciboire en vermeil, exécuté dans les ateliers de M. Froment-Meurice, orfèvre- joaillier de la ville de Paris. Le couronnement du couvercle représente la naissance de Boleslas, obtenue du ciel par la puissante intercession du saint abbé, et la figure du Saint est modelée d'après un sceau en plomb de Saint-Gilles, de l'an 1185, attaché à une charte conservée aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, à Marseille. (Teissonnier, op. cit., pp. 131 et suiv. — d'Everlange, op. et edit. cit., pp. 82, 83, et surtout pp. 250 et suiv.. Note vi.)

Le ciboire porte ces inscriptions : Alexa7ider Przezdziecki Polonus, ad renovandam veteris beneficii memoriayn, V. Kal. Sept. A. JD. MDCCCLI œdem B. Mgidii in valle Flaviana ingressus, D. 0. M. calicem monumentum pietatis ex voto D. D. D. — Intercedente B. ^gidio, patrono cœlesti, Boleslaus III, dux Poloniœ, patri populoque natus A. D. MLXXXV. (d'Everlange, op. et edit. cit., p. 251.)

(^) Nous possédons une copie fort bien réussie de cette gravure, dessinée par feu M. Jacques Petyt, de Bruges.

(^) Jean de Nollet, successeur immédiat d'Aloyse de Lymbourg, fut élu abbé du monastère de Saint-Gilles, en 1636, et bénit par Henri Sylvius, évoque de Dionysie, suffragaut de Liège; il mournt le 5 Mai 1656. Voyez la biographie de ce prélat dans le Recueil historique et généalogique des Abbés de Sai'.it- Gilles, par Simon- Joseph Abry, héraut d'armes du pays de Liège, Tongres, 1870, pp. 24 et suiv. Jean de Nollet portait d'argent à trois merlettes de sable, posées deux et une.

Viennent ensuite :

1. Une pièce de vers, datée de 1G37, et adressée à Jean de Nollct, à l'occasion de son inauguration, par W. Brant, docteur cs-arts, ancien professeur à l'Université de Douai, et un carmen familiare du même au même.

2. Plusieurs chronogrammes et quelques vers, composés par le neveu de l'abbé de Nollet en l'honneur de son oncle.

3. Deux pièces de vers, écrites par Jean Royen, curé d'Aubel-lcz- Liége, frère de l'auteur, pour féliciter celui-ci de la publication de son travail.

4. Diverses petites pièces de l'auteur à son livre, au lecteur, ad maleclicum, et un prologus ad 8. jEgidium, en vers saphiques.

Après ces divers préambules, l'auteur aborde son sujet. Yoici comment il procède. Il donne d'abord un passage en prose de la Yie du Saint, et le traduit ensuite en vers; il suit cette méthode jusqu'à la fin de la biographie de saint Gilles, tout en ayant soin de varier sans cesse la mesure des vers. ISTotre poëte emploie tour à tour le carmen saphicum, lioratianum, liendecasyllahum, asdepiadeum, saphicum sine adonio, lieroïcum, elegiacum et iamhicum. La mesure est indiquée en tête de chaque morceau.

La Vif a S. JEgidii est suivie de diverses élégies et de quelques épitaphes, sous forme d'épigrammes, en l'honneur du saint abbé. Après cela vient un Plandus miisarum Legiacarum ad Ghristnm ut Eiiropœ ac maxime Ecclesice intestinis hellis devastatœ, desideratlssimœ pacis heneficio heyiignus succurrat (3 pp.). Les deux dernières pages de l'opuscule contiennent des chronogrammes latins sur le tremblement de terre, qui se fit sentir à Liège en 1640, sur l'inondation de la Meuse et la chute du Pont-des-Arches, en 1643. Ce dernier feuillet aura été ajouté plus tard, vu que l'opuscule porte la date de 1641.

Le travail de Gilles Eoyen est d'une extrême rareté. On n'en connaît que deux exemplaires, dont l'un fait partie de la Bibliothèque de l'Université de Liège ; l'autre appartient à M. Gustave Francotte, de la même ville, qui en fit l'acquisition à la vente de la précieuse collection de livres de feu M. Jean-Baptiste Ansiau, à Louvain ('). La VHa 8. ^gidii formait le n° 591 du catalogue. L'exemplaire avait perdu de sa fraîcheur, et il manquait un feuillet aux liminaires. M. Francotte a fait laver et richement relier ce rarissime petit volume; un artiste calligraphe a copié, avec une rare perfection, le feuillet disparu. Ce joyau

(^) Cette vente eut lieu à Louvain, sous la direction du libraire Ch. Peeters, les 29, 30 et 31 Mars 1870.

bibliographique nous a été transmis, avec le plus gracieux empressement, par son digne et savant possesseur, qui a droit, de ce chef, à toute notre gratitude.

Précieux, comme curiosité littéraire, le travail de Gilles Roy en n'a pas de valeur historique; l'auteur admet la contemporanéité de saint Gilles et de saint Oésaire, et verse dans toutes les erreurs d'histoire et de chronologie de ses devanciers.

Gilles Royen manie la langue latine avec grande facilité, et sait la plier, sans gêne aucune, à toutes les exigences de la versification. Il est surprenant qu'aucun biographe ne mentionne ce poëte (^); ce silence ne s'explique que par l'excessive rareté des exemplaires de son œuvre. Cette œuvre cependant doit avoir joui d'une vogue assez grande, puisqu'il en parut une seconde édition du vivant de l'auteur, chose rare pour les productions de ce genre. Cette seconde édition est la seule connue; aucun exemplaire de la première ne semble avoir survécu.

M. Gustave Francotte, à qui nous avions demandé des renseignements, nous répondit, le 17 Septembre 1870:

*' Je regrette de ne pouvoir rien vous dire de notre poëte Gilles Royen; aucun de nos biographes ne fait mention de lui, et son œuvre ne nous est connue que par deux exemplaires, tous deux d'acquisition récente et tous deux d'une seconde édition. La première semble avoir péri tout entière.

" Il était liégeois et frère d'un curé d'Aubel, qui, lui aussi, s'adonnait à la poésie latine. Ce matin précisément j'ai trouvé, dans un procès criminel de la fin du XYIII^ siècle, un Gilles Royen, de Visé, figurant comme témoin.

(^) Nous avons vainement consulté Valerius Andréas, Bihliotheca Belgica, 2« édit., Lovanii 1643; Foppens, Bihliotheca Belgica, Brnxellis 1739; Paquot, Mémoires pour servir à Vhistoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, de la principauté de Liège, etc., Lonvain 1763-70; Peerlkamp, De vita ac doctrina omnium Belgarum qui latina carmina composuerunt, Bruxellis 1822; DE Becdelièvre, Biographie liégeoise, Liège 1836-37; Goethals, Lectures relatives à Vhistoire des sciences, des arts, des lettres, des mœurs et de Ijl politique en Belgique et dans les pays limitrophes, Bruxelles 1837-38, et Histoire des lettres, des sciences et des arts en Belgique et dans les pays limitrophes, Bruxelles 1840-44; PiRON, Âlgemeene levensheschryving der Mannen en Vrouioen van België, Mechelen 1861-62, etc.

Espéi'ons que la Biographie nationale, dont l'Académie royale de Belgique a commencé la publication en 1866, saura réparer cet oubli. Nous avons regretté de ne pas rencontrer le nom de Gilles Royen sur la Liste provisoire des noms destinés à figurer dans la Biographie nationale, liste imprimée dans les ateliers du Moniteur 'belge, en 1861.

" Voilà un bien complet oubli sur cet homme, qui sans doute n'a pas composé tant de vers latins sans rêver de quelque gloire littéraire ! "

Gilles Eoyen n'est pas le seul poëte belge qui ait consacré son talent à la glorification de saint Gilles. Parmi les nombreux écrits du chartreux Guillaume van Apsel ou van Absel {Apselius ou AbseMus) {^), nous rencontrons une Yita D. ^gidii, en vers latins.

Issu d'une famille noble de Bréda, lieu de sa naissance, Guillaume van Apsel prit l'habit de chartreux, vers 1431, au couvent de la Chapelle-lSTotre-Dame, à Hérinnes-lez-Enghien, sous l'administration de Jean d'Arras; mais ce fut le successeur de ce prieur, Jean de Montigny, qui reçut sa profession. Ses vertus, autant que son savoir, le firent élire, en 1462, prieur de la Chartreuse du Yal-de-Grâce, à Bruges (2);

O "Voyez, sur Guillaume van Apsel, Dorlandus, Chronicon Cartusiense, Coloniee Agrippinee 1608, p. 445; Eaissius, Ad natales Banctorum Belgii Joannis Molani Auctarium, Duaci 1626, pp. 161 v", 162 Sweertius, Athenœ Belgicœ, Antverpiee 1628, p. 297; Paquot, Mémoires pour servir à Vhistoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, etc., tom. iv, Louvain 1764, pp. 411, 412; GoBTHALs, Lectures relatives à Vhistoire des sciences, des arts, des lettres, des mœurs et de la politique en Belgique et dans les pays limitrophes, tom. i, Bruxelles 1837, pp. 23, 24; Biographie nationale, tom. i, Bruxelles 1866, coll. 6, 7, art. Ahsel (Guillaume van).

Tous les auteurs cités, sauf Dorlandus et Eaissius, énnmèrent les productions de Guillaume van Apsel. Ce religieux ne se contentait pas d'écrire des livres; il était graveur et excellait dans l'art de la reliure : " Dans son amour pour les livres, dit Goethals, il s'était attaché à se rendre habile dans tout ce qui pouvait servir à leur ornement ou à leur conservation. Il était un des meilleurs relieurs de son temps et gravait, d'après les mémoires de son ordre, nonseulement sur bois, mais encore sur cuivre" (op. cit. pp. 23, 24). D'après cet auteur, Guillaume van Apsel serait " le plus ancien graveur de l'école flamande " (p. 23). Nous ne savons où. Goethals a puisé ces derniers détails; Dorlandus parle seulement de l'habileté de ce religieux dans la reliure et les travaux manuels : In exercitatione autem corporali \exquisitissimus operarius scrihitur extitisse, nempe in arte ligandi fahrilique superans universos (op. et loc. cit.).

(^) Le poëte montois Philippe Brasseur a résumé, en quelques vers, la biographie et les travaux de Guillaume van Apsel. Voici cette petite pièce; elle est extraite des Sydera Illustri%im Hannoniœ Scriptorum, per modum prœludii emissa, ordine Statuum inter eos servato, seu eorum elogia, et scripta decasticis, et octosticis, ac ininori plerumque numéro distincta. Authore Phil. Brasseur, Presb. Hannomont., Montibus Hannonise 1637, p. 160.

GUILELMDS AbSELIUS, EX PROFESSO DOMUS CAPELLE

DOCTissiMus Brugensium Prior.

Hic patria Bredanus erat; Paterque Capellse Dum foret, ad Brugee claustra vocatus iit.

il mourut dans cette maison Q), le 4 Août 1471, après quarante ans de profession.

Guillaume van Apsel était donc à Bruges, lorsqu'au mois de Mai 1468, Guillaume de Grachaut y apporta la précieuse relique de saint Gilles, que l'église paroissiale de ce nom possède encore aujourd'hui. L'arrivée de cette relique prit les proportions d'un événement. Un imposant cortège, où l'on voyait figurer le chapitre de la collégiale de Notre-Dame, le clergé de Saint-Gilles et les quatre ordres mendiants, alla recevoir le noble écuyer à la porte de Sainte-Catherine, par où il devait entrer en ville, et tint à honneur d'escorter jusqu'à l'église de Saint -Gilles le trésor dont ce temple allait s'enrichir (-).

Le pieux et savant prieur de la Chartreuse de Bruges pouvait-il demeurer indifférent à cette éclatante manifestation de la foi populaire ? Ne serait-ce pas pour en perpétuer le souvenir, qu'il écrivit, rythmo dulcissimo (^), sa Vita D. ^gidii P Si notre supposition est fondée, — et nous avons tout lieu de la croire telle, — il existe une relation étroite entre notre relique et le travail d'Apselius; la translation de cette relique aura donné naissance au poëme qui nous occupe.

Cette élucubration poétique ne nous est connue que par son titre, et l'on ignore ce qu'est devenu le manuscrit qui la contenait. Ce manuscrit se conservait sans doute dans la bibliothèque du monastère,

Utque erat eximie sacris imbutiis, et unà

Palladis arte potens, scripsit utrimque libros. Er/idî vitam ritmo conscripsit; eoque

Profusas Domini{*) scripsit ab ore preces. Sed prosa literas sacris de rébus agentes;

Deqtie ministerio sedula Martha ttio.

Indeque tractatum de Virginie Matre; simulque

De verœ pacis (quse modo rara) bo7io.

Conventusque pios quels filia spiritualis

AUoqiiitur Patrem, nec minus hancce Pater.

(^) Arnould de Eaisse (Eaissins) s'exprime ainsi : In valle-Grati^. con- VENTU Cartusianorum propb Brugas, ohitus dies Guiliermi Apselii, ibidem Prioris (op. cit., p. 161 v°). Paqnot dit aussi que Guillaume van Apsel mourut à la Chartreuse de Bruges (op. et tom. cit., p. 411). En présence de l'assertion catégorique de ces deux écrivains, nous abandonnons l'opinion de M. Goethals, embrassée par le baron Jules de Saint-Genois, dans la Biographie nationale, opinion d'après laquelle Guillaume van Apsel se serait démis, vers 1466, de ses fonctions priorales à la Chartreuse de Bruges, pour rentrer comme simple religieux au couvent de la Chapelle-Notre-Dame, et y mourir. Arnould de Raissp dit, en termes exprès, que van Apsel était, au moment de son décès, prieur de la Chartreuse de Bruges, ibidem Prioris.

('-) Voyez notre tome i'^'", pp. 430, 431.

(^) SwEERTius, Athenoi Belcjicœ, p. 297.

(*) Seu tractatum de oratione Dominica.

Scu dialofîos.

et il aura péri, avec tant d'autres richesses, lors de la destruction du couvent par les Gueux, en 1578. La Chartreuse du Yal-de-Grâce fut supprimée par l'empereur Joseph II, en 1783. Cette maison possédait une importante bibliothèque, qui fut vendue publiquement à l'hôtel de ville de Bruges, avec celles d'autres couvents supprimés, le 14 Mars 1785, et jours suivants; le catalogue de la vente ne mentionne pas la Vita D. y^gidii d'Apselius (^).

Il existe une autre Vie rimée de saint Gilles, à laquelle fait allusion Mabillon, mais dont la trace paraît également perdue (2).

Vie de Saint Gile, par GuiUannie de Berneville, i^oë^e anglonormand du XIP siècle, publiée, d'après le manuscrit unique de Florence, par G. Paris et A. Bos. — Paeis, Firmin-Didot, 1881, petit in-8, de 188 pp., sans la préface.

Au moment où nous écrivons ces lignes (l^'' Août 1881), ce livre n'a pas encore paru. Comment dès lors pouvons-nous le ranger parmi les sources de notre travail ? Deux mots d'explication à ce sujet.

Dans sa livraison du mois d'Août 1878 {^), le Polyhiblion annonçait que la Société des anciens textes français avait sous presse l'œuvre, dont nous venons de transcrire le titre. Il faut avoir recherché, pendant près de vingt ans, tout ce qui se rattache à la vie et au culte

(^) Ce catalogue forme un in-12, de 251 pp. 11 porte le titre suivant :

Catalogue d''une grande Collection de Livres trouvés dans les quinze Couvens Supprimés dans les Villes de Bruges et Nieuport; Dont la Vente se fera à VHôtelde-Ville dudit Bruges, le 14 Mars 1785, et jours suivans, à 10 heures du matin et à 2 heures de relevée, A Vlntervention des Administrateitrs Maréchal Chevalier de Bompré, van Zuylen van Nyevelt et de Colnet; et sous la Direction de Joseph van Praet, Imprimeur-Libraire, où les Catalogues se distribuent. — A B^'uges, De Vlmprimerie de Joseph van Praet, Imprimeur de la Ville, Pays et Territoire du Franc, s. d. Les quinze communautés supprimées, dont ce catalogue décrit les bibliothèques, sont les Chartreux, les Chartreuses, Sarepta, les Annonciades, Béthanie, les Carmélites déchaussées, les Riches Claires, les Carmélites chaussées, les Capucines, les Pauvres Claires, les Dominicaines, les Sœurs grises, les Pénitentes, tous couvents de Bruges, les Chartreux anglais et les Annonciades de Nieuport. La bibliothèque des Chartreux de Bruges était de beaucoup la plus importante; la liste des ouvrages qui la composaient occupe 58 pages du catalogue.

(^) Voyez notre tome i, p. 27, note 3.

(3) Tom. xxiii, Paris 1878, pp. 178, 179.

(^) La Société des anciens textes français a été fondée en 1875, pour publier les monuments de l'ancienne langue et de l'ancienne littérature française.

d'un Saint, pour comprendre l'impression que fit sur nous cette annonce et le désir immense qu'elle nous inspira de lire le poëme de Guillaume de Berueville. Consulté sur l'époque de sa publication, M. Firmin-Didot nous fit répondre que ce travail verrait le jour vers la fin de l'année 1879.

Dans notre impatience de voir paraître une œuvre, qui nous intéressait à tant d^ titres, et avec une hardiesse que rien ne justifiait, nous prîmes la liberté de nous adresser à M. Gaston Paris, membre de l'Institut et l'un des premiers érudits de France (^), qui s'était chargé, avec M. le D"" Bos, de publier la Vie de Saint Gile. Notre lettre, datée du 29 Juillet 1879, reçut le meilleur accueil; dès le 1*^*^ Août, M. Paris y répondait dans les termes les plus aimables, et nous transmettait, avec un fragment de l'œuvre de Guillaume de Berneville, tous les détails connus sur ce poëme et sur son auteur.

Imprimé en entier dès 1877, le texte du poëme n'attendait pour voir le jour qu'une préface de M. Gaston Paris, préface à laquelle cet érudit, absorbé par d'autres travaux, n'avait pu mettre la dernière main. Au mois de Février 1881, il nous adressa un exemplaire du texte et du vocabulaire qui l'accompagne, nous autorisant, avec une bonté sans exemple, à reproduire des fragments de la Vie encore inédite de Saint Gile. Grâce à cette faveur exceptionnelle, nous avons pu insérer, parmi les appendices de notre travail, plusieurs centaines de vers, empruntés à l'œuvre du poëte anglo-normand, et faire connaître à nos lecteurs un des monuments les plus intéressants de la littérature française au XIP siècle (2).

Nous n'avons pas tardé jusqu'à ce jour d'offrir nos remercîments à M. Gaston Paris, mais nous regardons comme un devoir de lui

(') M. Gaston Paris marche noblement sur les traces de son illustre père, M. Paulin Paris, décédé à Paris, le 12 Février 1881, laissant après lui une renommée européenne, acquise par soixante ans de labeurs, poursuivis jusqu'à la dernière heure d'une florissante vieillesse (*). A vingt-six ans, M. Gaston Paris obtint le grand prix Gobert à l'Académie des inscriptions et belles -lettres, pour son Histoire poétique de Charlemagne, sa principale oeuvre. Suppléant de son père au Collège de France, il lui succéda, le 26 Juillet 1872, dans la chaire de langue et littérature française du moyen âge; l'éclat de son enseignement et ses nombreux écrits l'ont placé au premier rang parmi les érudits français. Voyez, sur les travaux de M. Gaston Paris, l'étude de M. Frédéric Godefroy : Les érudits français au XIX^ siècle. § ii. La philologie romane et Vhistoire romane du moyen âge, dans Les Lettres chrétiennes (n° de Juillet- Août 1880), tom. I, Lille 1880, pp. 282 et suiv.

(2) Tom. II, pp. 558 et suiv.

(♦) Le Folybihlion a consacré une belle notice nécrologique à M. Paulin Paris, dans son tome xxxi, Paris 1881, pp. 262 et suiv.

réitérer publiquement l'expression d'une gratitude aussi profonde que légitime.

La Vie de Saint Gile se compose de 3794 vers. Les renseignements, que nous possédons sur son auteur, se réduisent à fort peu de chose.

" ha Vie de 8aint Gile, — nous écrivait M. Gaston Paris, le l*"' Août 1879, — est un poëme composé, dans la première moitié du XIP siècle, par Guillaume de Berneville, dont nous ne savons absolument rien, si ce n'est qu'il était normand (sa langue le prouve), et chanoine. J'ai fait de vaines recherches pour découvrir quelque trace de ce personnage. Le manuscrit, qui contient son œuvre, est unique; il se trouve à Florence, où le D"" Bos l'a découvert {}).

(}) M. le chanoine d'Éverlange avait offert un exemplaire de son livre à M. le D"" Bos, de Marseille. Ce savant lui répondit, le 1^' Décembre 1878, par une longue et intéressante lettre, oti il parle de la Vie de saint Gile, qu'il avait découverte, et de plusieurs autres trouvailles curieuses, se rapportant à la biographie du saint abbé. Ces détails sont précieux.

Après avoir remercié M. d'Éverlange de son " bel ouvrage sur saint Gilles ", M. le D"" Bos continue ainsi :

" Quoique j'ai eu à peine le temps de le parcourir, je me suis néanmoins assuré avec plaisir que ce livre, aussi bien écrit que consciencieusement fait, pourra m'être fort utile pour la préface qui paraîtra en tête de la légende en vers de S. Gilles, du XII^ siècle.

" Je regrette que ce reste de notre vieille littérature ne soit pas encore prêt; je me serais fait un plaisir de vous l'adresser dès maintenant.

" Vous qui êtes un admirateur intelligent et passionné de S. Gilles, vous auriez sans doute pris plaisir à la lecture de cette vieille légende, qui montre combien le culte de l'ermite provençal était populaire en Angleterre et en Normandie, où la légende a été probablement composée....

" Le culte de S. Gilles est aussi assez répandu en Italie, où j'ai trouvé de vieilles traductions italiennes de la légende d'or et des anciennes Vies de B- Gilles, éditées par les Bollandistes, et que je publierai peut-être un jour eu temps opportun....

" I^ous avons également pensé, M. Gaston Paris et moi, à rééditer, dans notre publication, la très-ancienne Vie latine de 8. Gilles, publiée par les Bollandistes, au 1*^' septembre, et qui a servi de base à presque toutes les légendes et vies, et notamment à notre poëme du XII'' siècle.

" J'ai vainement cherché une vie soit en prose, soit en vers, de saint Gilles, écrite en vieux provençal. Il a dû en exister, mais l'ancienne littérature de la langue d'oc a subi encore plus de pertes que le vieux français, et c'est une lacune que je regrette bien vivement.

" Je publierai, dans le compte-rendu d'une mission philosophique que j'ai remplie en Italie, une traduction en dialecte picard de la Vie de 8. Gilles, insérée dans la légende dorée, et je me ferai un plaisir de vous faire hommage de cette petite découverte. " (d'Éverlange, 8aint Gilles et son pèlerinage, 5® édit., Nîmes 1880, pp. 238 et suiv., Note m.)

" Guillaume de Berneville a travaillé sur la Vie latine de saint Gilles (^), dont il n'a pas toujours compris très-bien le texte, et n'a ajouté que des amplifications poétiques. Il n'y a rien à chercher chez lui pour l'histoire de saint Gilles. "

L'auteur se fait connaître à la fin de son poëme. Écoutons-le :

3755. Or depreium cest Deu ami

Dunt ceste vie avum oi,

K'il depreie sun cher seignur

Ke il par la sue dulçur

Nus doinst cele veie tenir 3760. Par quei poissum a lui venir,

E al chanoine sace gré

Ki s'est peiné e travaillé

De ceste vie translater;

Il ne quert pas sun nun celer :

3765. GwiLLAME ad nun de Bernevile,

Ki par amur Deu e seint Gile

Enprist cest labur e cest fès ('^).

La Vie de Saint Gile est suivie d'un Vocabulaire, qui ne comprend pas moins de 70 pages 0, et oii l'on trouve l'explication de tous les termes du poëme, qui peuvent offrir des difficultés au lecteur. A côté de chacune de ces locutions se trouve indiqué le vers où elle figure. Ce Vocabulaire est extrêmement précieux; il fournit la clef du travail de Guillaume de Berneville, et pour peu qu'on en ait fait usage, on lit l'œuvre du poëte anglo-normand aussi aisément qu'une page de français moderne.

Membre actif de la Société de statistique de Marseille et correspondant de plusieurs Académies et Sociétés savantes. — 2™^ édit,, Marseille, Imprimerie ET STÉRÉOTYPiE Saint- JosEPH, petit in-S", de 24 pp.

Q) Publiée par Stilting dans les AA. 88. Sept., tom. i, pp. 299-304. (2) Voici l'explication, aussi littérale que possible, de ce passage de la Vie de Saint Gile :

Maintenant prions cet ami de Dieu, dont cette vie avons ouï, qu'il prie son cher Seigneur que, par sa douceur, il nous donne de tenir cette voie, par laquelle (nous) puissions venir à lui, et qu'il sache gré au chanoine, qui s'est peiné et a travaillé pour translater cette Vie. Il ne cherche pas à celer son nom; il a nom Guillaume de Berneville, qui, par amour de Dieu et de saint Gilles, entreprit ce labeur et ce faix.

C) Pp. 117-188.

Dans une préface, datée du mois de Février 1877, l'auteur fait un compte rendu des plus élogieux du livre de M. le chanoine d'Éverlange, Saint Gilles et son pèlerinage (^); il termine ainsi cet avant -propos :

*' Une heureuse circonstance m'ayant amené, dans le courant de décembre dernier, à Saint-Gilles, j'ai voulu mettre à profit mes quelques jours de résidence dans cette ville, pour visiter l'antique église qui abrite, depuis tant de siècles, les reliques du saint anachorète.

" J'ai parcouru la vallée Flavienne, à jamais célèbre, où le grand

saint, au milieu du désert, à l'exemple des solitaires de l'Egypte et de

la Thébaïde, éprouvait les ravissements d'une contemplation sublime,

où son cœur se livrait sans partage aux ardeurs de son amour pour

Dieu. Il choisit pour demeure une caverne dans le fond des bois :

Et son âme, vouée à Dieu seul désormais, Cherchait la solitude à l'ombre des forêts.

" De nombreux pèlerins, des artistes les plus en renom se sont donné rendez-vous à Saint- Gilles, pour voir, pour admirer la pierre miraculeuse et la célèbre basilique. De cette visite, ils ont certainement rapporté des impressions. Je livre les miennes, le mieux qu'il m'est possible, dans les vers qui suivent " {^).

Le poëme de M. Eéveillé de Beauregard comprend 160 vers, dont quelques-uns sont fort beaux; de nombreuses notes historiques éclaircissent le texte. L'auteur a réuni, sous forme d'appendice, les appréciations élogieuses de son travail, insérées dans divers journaux et recueils périodiques de France et d'Italie (^).

A côté des ouvrages qui traitent ex professa de saint Gilles et de son culte, nous devons mentionner deux œuvres capitales, qui nous ont été d'un puissant secours dans la composition de cette monographie, et dont les titres reviendront presque à chaque page de notre premier livre :

1. Histoire générale de Languedoc, avec des Notes ^et les Pièces justificatives : Gom/posée sur les Auteurs et les Titres originaux, et enrichie de divers Monumens. Par deux Religieux Bénédictins de la Gongrégation

(}) Pp. 5-8.

(2) Pp. 8-9.

(5) Pp. 21-24.

On a vu paraître dans ces dernières années, ét surtout depuis la découverte du tombeau de saint Gilles, une foule de pièces détachées, telles que cantiques, cantates, etc., en l'honneur du saint abbé. M. le chanoine d'Everlange a réuni tous ces morceaux dans la l""^ édition de Baint Gilles et son 'pèlerinage, Avignon 1876, pp. 169-190.

de S. Maur. — A Paris, chez Jacques Vincent, 5;vo1. in-folio (i, 1730; — II, 1733; — III, 1737; — iv, 1742; — v, 1745).

Ce vaste et célèbre travail a pour auteurs DD. Claude de Vie (^) et Joseph Vaissete (2). Dom de Vie étant mort après l'apparition du deuxième volume, Dom Vaissete publia seul les trois derniers tomes P).

2. Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes, avec des notes et les preuves ; Sui vie de dissertations liistoriqiies et

Q) Né à Sorèze, petite ville de l'ancien diocèse de Lavaur, Dom Claude de Yic fit profession à l'âge de 17 ans, le 23 Octobre 1687, au monastère de la Daurade, à Toulouse. Il mourut dans l'abbaye de Saint-Gerraain-des-Prés, à Paris, le 23 Janvier 1734. Voyez, sur sa vie et ses travaux, D. le Cerf de la ViiviLLE, Bibliothèque historique et critique des auteurs de la Congrégation de Maur, La Haye 1726, pp. 488, 489; D. Tassin, Histoire littéraire de la Congrégation de Baint-Maur, Ordre de 8. Benoît, Bruxelles 1770, pp. 514, 515; D. François, Bibliothèque générale des écrivains de V Ordre de Saint Benoit, patriarche des moitiés d'Occident, tom. m, Bouillon 1778, pp. 192, 193.

(^) Dom Joseph Vaissete, un des pins savants historiens de son temps, naquit à Gaillac, ville du diocèse d'Alby, en 1685. Il fit également profession au monastère de la Daurade, à Toulouse, le 11 Juillet 1711, et mourut à Paris, dans l'abbaye de Saint- Germain -des-Prés, le 10 Avril 1756. Voyez, sur sa vie et ses œuvres, D. le Cerf de la Viéville, op. cit., p. 488; D. Tassin, op. cit., pp. 724 et suiv.; D. François, op. et tom. cit., pp. 171 et suiv.

O Voyez, pour tous détails sur VHistoire générale de Languedoc, D. Tassin, op. cit., pp. 725 et suiv.; D. François, op. et tom. cit., pp. 172 et suiv.

Il paraît en ce moment, chez M. Edouard Privât, à Toulouse, une nouvelle édition de VHistoire générale de Languedoc. Cette édition, accompagnée de dissertations et notes nouvelles, contient le recueil des inscriptions de la province, antiques et du moyen âge, des planches, des cartes et des vues de monuments. Elle formera quatorze volumes in-4, dont huit ont vu le jour, et se publie, sous la direction de M. Edouard Dulaurier, membre de l'Institut, par MM. Edward Barry, professeur honoraire d'histoire à la faculté des lettres de Toulouse, Germer-Durand, bibliothécaire de la ville de Nîmes, A. Molinier, ancien élève de l'École des chartes, et une réunion de savants. M. Ernest Koschach, correspondant du ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques, a continué jusqu'en 1790, sous le titre : Études historiques sur la 'province du Languedoc, le travail de DD. de Vie et Vaissete, qui s'arrêtait à la mort de Louis XIII, en 1643.

Cette réimpression d'une de nos œuvres historiques les plus remarquables fat accueillie dans le public savant avec une faveur marquée; au 25 Janvier 1875, plus de sept cents souscripteurs l'avaient honorée déjà de leur signature.

Les recueils bibliographiques ont consacré des comptes rendus fort détaillés aux volumes parus de la nouvelle édition de VHistoire générale de Languedoc. Voyez notamment la Bibliographie catholique, tomes Lii (Paris 1875), pp. 466 et suiv.; lvi (1877), pp. 274 et suiv.; lviii (1878), pp. 342 et suiv.; LXiii (1881), pp. 290 et suiv.

Toutes nos citations sont faites d'après l'édition originale.

critiques sur ses antiquités; et de diverses observations sur son histoire naturelle: Par M. Méîiard(^), conseiller au présidial de la même ville, de Vacadémie royale des inscriptions et belles-lettres. — A Paris, chez Hugues-Daniel Chaubeut et Claude Hérissant, eils, 7 vol. petit in-4° (i, 1750; — II, 1751; — m, 1752; — iv, 1753; — v, 1754; — vi, 1755; — VII, 1758) (2).

Léon Ménard, né à Tarascon, en 1706, mourut en 1767. 'L'Histoire

de la ville de Nismes est son principal titre à l'estime des érudits. On peut voir la liste de ses autres écrits dans la Biographie universelle, de de Feller, édit. Weiss et Busson, tom. v, Paris 1849, p. 602.

(2) " Ouvrage fort importaût et dont les exemplaires complets ne sont pas communs ", dit Brunet {Manuel du libraire et de V amateur de livres, tom. III, 2""^ part., Paris 1862, col. 1619). Nous avons eu la bonne chance de rencontrer un exemplaire complet du grand travail de Ménard à la Bibliothèque publique de Bruges.

Ménard trouva dans l'admiration reconnaissante et généreuse de ses concitoyens le dédommagement de ses peines et des frais considérables, qu'entraînait la publication de son ouvrage.

En séance du 12 Décembre 1752, l'assemblée du Conseil de la ville de Nîmes " désirant témoigner à M. Ménard combien elle est sensible au zèle qui l'anime, et aux peines qu'il prend pour la perfection de l'histoire de cette ville, et lui donner des marques publiques de la reconnoissance que mérite son ouvrage ", décida " 1" de le gratifier d'une somme de quatre mille livres, une fois payée...; sçavoir deux mille livres payables tout présentement, et les deux mille livres restantes à la fin de l'ouvrage seulement; pour servir en quelque sorte de dédommagement des dépenses excessives que la composition et l'impression de cette histoire lui ont occasionnées. 2° D'accorder audit sieur Ménard une

pension viagère et annuelle de la somme de six cents livres, qui sera payée

de six en six mois échus, à compter du jour que le dernier volume -de son histoire aura été déposé dans les archives de la communauté, pour être joint aux précédens ".

Le diocèse de Nîmes ne voulut point rester en arrière; par décision du 13 Mai 1754, l'assemblée de ses représentants gratifia Ménard d'une somme de deux mille livres (Ménard, Histoire... de la ville de Nismes, tom. vi, Paris 1755, Preuves, lxxxvii, pp. 208 et suiv.).

Puissent nos administrations publiques imiter, au moins de loin, de si beaux exemples ! leur générosité produirait d'admirables résultats. Notre histoire nationale — tous l'avouent, — offre bien des lacunes; son achèvement datera du jour où chaque ville, chaque commune, possédera sa monographie, écrite à l'aide de ces milliers de documents, qui gisent encore inconnus dans la poussière de nos dépôts. Certes, il est plus d'une ville, plus d'une commune rurale même, qui peut montrer avec orgueil ses annales, exhumées de l'oubli par de savantes mains; mais que de cités, que de centres importants, dont l'histoire reste à faire ! Cette lacune serait bien vite comblée, si nos administrations communales, moins oublieuses de leur glorieux passé, savaient consacrer à l'encouragement de quelque habile et patient travailleur, une partie des deniers publics, dont trop souvent nous avons à déplorer le triste gaspillage.

Nous avons aussi fréquemment consulté, et avec fruit, une œuvre, qui, sans avoir l'importance des travaux qui précèdent, n'en a pas moins des mérites réels. C'est

l'Histoire de l'Église de Nimes, par M. A. Germain, professeur dliistoire au collège royal de Nimes — Nîmes, Giraud, libraire -éditeur, 2 vol. in-8 (i, 1838; — ii, 1842).

L'auteur s'est proposé d'écrire l'histoire religieuse du diocèse de Nîmes; il reconnaît, dans sa Préface, avoir largement profité des travaux de Ménard et de ceux de DD. de Yic et Yaissete, qu'il a complétés par ses propres recherches.

*' Ménard, dit-il, est loin de sous-entendre l'histoire de l'église de Nimes. Il s'efforce, au contraire, d'en consigner tous les faits. Nous lui en devons, nous surtout, de la reconnaissance. Son vaste répertoire nous a souvent épargné de longues et pénibles investigations. Nous y avons abondamment puisé. Nous avons particulièrement profité des pièces justificatives recueillies par lui; nous nous sommes même imposé l'obligation de les reproduire. Nous n'avons pas hésité non plus à mettre à contribution les savants Bénédictins, auteurs de VHistoire générale de Languedoc. Mais toujours nous avons cherché à nous approprier leur travail, en retouchant, quelquefois même en refaisant leurs traductions. C'est assez dire que nous avons rédigé cette histoire d'après les originaux. Tout en suivant les traces des érudits du dernier siècle, nous avons tâché de compléter leurs travaux par ceux des modernes et par une étude sérieuse des documents authentiques de chaque époque " (').

M. Germain consacre bien des pages de son livre à saint Gilles et surtout à son abbaye.

Q) Préface, xij, xiij.

Est quidam Sanctus in Galliae finibus contra austrum juxta Massiliam, ubi Eodanus intrat mare, — terra PEOVIN- CIA, et Sanctus E&IDIUS nominatur, — qui tanti meriti apud Deum existit, quod omnis qui in eo devotionem suam ponit et memoriam ejus agit, si quid ab eo petierit, indubitanter obtinebit.

Chronicœ Polonorum, lib. i, cap. 30, ap. Peetz, Monmnenta Germaniœ historica, tom. xi. Script, ix, pp. 442, 443.

LIVEE I

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