C. B. MdT
Voyez la planche en regard de la p. 274; Chbvremont, Crypte de la basique abbatiale et monumentale de 8aint.Gilles, p. 21, et de Kerval, Vie et dte de saint Gilles, 2^ édit.. Le Mans 1875, p. 71, note 1.
Dans sa lettre au Courrier du Gard (p. 277, note 1), M. Révoil dit |iie " M. le capitaine Delmas, bien connu par son érudition et par son culte nr les monuments de Saint-Gilles ", déchiffra répitaphe du Saint. D'après '-. Trichaud (op. cit., p. 87) et Sœur Marie-Albert, ce fut M. Goubier qui, le 'êmier, lut et comprit l'inscription tumulaire.
avaient usé ses forces vitales. En remontant de la crypte, il emportait le germe d'une maladie mortelle " (^).
M. Goubier ne se remit jamais de cette rude secousse. Des maux de tête presque habituels ne Tempêcliaient pas de vaquer à sa besogne^ et de remplir, avec un zèle au-dessus de tous les éloges, les devoirs multiples de son laborieux ministère. Malgré son état de souffrance, il avait voulu se rendre^ le 29 Avril 1872, au monastère des Sœurs Dominicaines de Mazan, pour y célébrer, le lendemain^ la fête de sainte Catherine de Sienne, et passer quelques heures en compagnie de son meilleur ami, M. Pabbé Trichaud, directeur de la maison. M. Goubier aimait d'une affection paternelle la communauté de Mazan, qui allait fournir à la garde d'honneur du saint tombeau ses premières recrues. A peine arrivé, il parla de sa chère fondation : Ah ! c'est fini, dit-il à M. Trichaud, l'année prochaine je mets la main à l'œuvre; dès que ma cure sera achevée, et elle se terminera vers la fin de Septembre, je fais jeter les fondements du monastère; préparez vos religieuses^ je les veux pour l'an prochain à pareil jour " (^).
Le 30, M. Goubier officia à la grand' messe; c'était le " chant du cygne qui lance vers le ciel les derniers élans de sa voix mourante " (^). Après avoir prêché à vêpres, pendant un quart d'heure (^), le digne curé fut pris d'un malaise subit et tomba dans une léthargie, dont rien ne fut
Q) Les derniers jours de Monsieur Vahhé Goubier, pp. 15 et suiv. Voyez aussi la note de la p. 278, où nous avons raconté cet incident d'après M. Trichaud.
(2) Les derniers jours de Monsieur Vabhé Goubier, pp. 20, 21. Des obstacles, dont nous n'avons point à nous occuper, s'opposèrent à la réalisation d un projet, que M. Goubier croyait à la veille d'aboutir, et sur lequel il avait fonde de grandes espérances. Dieu aura tenu compte à son fidèle serviteur des efforts tentés pour la réussite d'une entreprise, que le zèle le plus pur avait dictée.
(3) Les derniers jours de Monsieur Vabbé Goubier, p. 23.
(*) L'allocution de M. Goubier a été trouvée, tout entière écrite de sa main, dans son portefeuille. Sœur Marie-Albert l'a insérée dans sa notice, pp. 25 et suiv.
capable de le tirer. Tout ce que Famitié la plus tendre et Fart le plus expérimenté peuvent inventer de soins et de remèdes, fut mis en œuvre pour le sauver. Peines inutiles ! M. Goubier succomba le lendemain^ 1^^ Mai^ aux suites d^une bémorrbagie cérébrale, dans la cinquante- deuxième année de son âge et la huitième depuis sa prise de possession de la cure de Saint-Gilles (i).
Qu^on juge de la consternation des ouailles du bon prêtre en apprenant la mort inopinée de leur bien-aimé pasteur. Ce fut un deuil universel à Saint- Gilles, où le cher défunt était adoré.
Le lendemain, 2 Mai, les députés de la fabrique vinrent chercher le corps à Mazan.
" Les habitants de Saint- Gilles, qui n'avaient pu recueillir le dernier soupir de leur pasteur, — écrivait M. Tabbé Azaïs, dans la Semaine religieuse de Nimes, — ont voulu posséder sa dépouille, et ils lui ont fait des funérailles qui sont un témoignage éclatant de leur douleur et de leur attachement
(}) Les derniers jours de Monsieur Vahhé Gouhier, pp. 28 et suiv. Rien de touchant comme les pages où Soenr Marie-Albert raconte, dans leurs moindres détails, les dernières souffrances de M. Goubier. L'auteur, par un sentiment plein de délicatesse, a dédié son travail à M^^^ Eugénie Goubier, la digne et inconsolable sœur du regretté défunt, qui habitait avec lui et qu'il chérissait d'un incomparable amour, La pensée de sa sœur ne quittait jamais ce frère au cœur si aimant. La veille de sa mort, comme par un douloureux pressentiment, prenant la main de M. Trichaud, après la conversation rapportée plus haut, il lui disait les larmes aux yeux : " S'il vous plaît, promettez -moi de bâtir un appartement pour ma bonne sœur, à côté du couvent. Si je mourrais avant elle, je serais tranquille" (Les derniers jours de Monsieur Vahhé Gouhier, p. 21). Eugénie Goubier a eu l'obligeance de nous offrir un exemplaire de l'intéressant opuscule de Sœur Marie-Albert.
]\/[me Parrier nous communiqua la triste nouvelle du décès de M. le curé Goubier, par sa lettre du 15 Mai 1872, lettre navrante qui respire la plus profonde douleur, alliée aux sentiments d'une admirable résignation chrétienne. A cette lettre était joint tout un dossier envoyé par M"^ Goubier et comprenant, outre deux portraits du défunt, le n° de la Semaine religieuse de Nimes, contenant sa notice biographique et la description de ses funérailles, I ainsi qu'une copie de la lettre écrite par M. l'abbé Trichaud à M"^ Goubier, pour lui annoncer la mort de son frère, dont il venait de recueillir le demieisoupir.
pour ce prêtre bien-aimé. La population entière remplissait les vastes nefs de l^église et un nombreux clergé était réuni autour du cercueil. La messe a été chantée par M. Pabbé Corrieux, archiprêtre de la cathédrale, et à FÉvangile, M. Tabbé de Cabrières, vicaire- général, s'inspirant de son amitié pour le cher défunt et du deuil de la paroisse, a payé à la mémoire du pasteur un juste tribut de regrets et de sympathie. Il a fait passer sous nos yeux le jeune vicaire de Nimes et le zélé curé des deux paroisses de Vauvert et de Saint- Gilles, avec Faimable cortège de ses vertus sacerdotales. Il a fait ressortir les principaux caractères de son âme de prêtre, sa piété, doux mélange de foi et de saint attendrissement; son zèle industrieux pour le bien des âmes, pour la beauté du culte, pour la décoration du tombeau de S. Gilles,... et le pieux attendrissement de Tauditoire a répondu à cette parole touchante.
Le corps du bon et saint prêtre occupe une place d^honneur au lieu où fut enseveli le glorieux fondateur de Tabbaye de Saint- Gilles; il repose dans la crypte de Péglise, au pied du tombeau de S. Egidius : c^était la place qui convenait à celui qui avait retrouvé le sépulcre du saint abbé, et qui lui avait rendu la gloire des anciens jours (^).
La pierre qui recouvre le tombeau de M. Goubier porte Pépitaphe suivante {^), composée par M. Révoil, le savant
(^) Semaine religieuse de Nimes, du 11 Mai 1872, p. 144, Faisant allusion aux paroles adressées par M. Goubier aux premières gardiennes du saint tombeau, M"*^ Parrier, l'une d'elles, nous écrivait, en annonçant la mort de son vénérable curé : " Maintenant nous aurons deux trésors à soigner, le tombeau de saint Gilles et le sien, que l'on vient de mettre dans la crypte, tout près de celui du Saint; il avait désiré cette place, et il la méritait bien
Les restes de M. Goubier ont été déposés devant la confession de saint Gilles. En face, depuis un demi-siècle, se trouve la tombe d'un autre curé, M. Louis Dorthe, qui administra la paroisse de 1813 à 1830, et dont la mémoire vivra éternellement bénie au sein de la population (d'Êverlange, op. et edit. cit., p. 133, note 1).
(-) Le texte de cette épitaphe noua a été communiqué par M'"^ Parrior.
restaurateur de la crypte et Fami particulier du défunt. La pose en eut lieu au mois d'Août 1873 :
HIC . EEQ . ACHIL . GOUBIER . PAEOCHIiE . S . ^GIDII . RECTOR .
QUO . PROMOVENTE . RESTAURAT! .