Une croix jadis à F usage du Saint
3. Une cloclie dont il se servait pour appeler à la prière les pâtres de ces montagnes.
4. Un vase en cuivre, appelé ouille. D'après Topinion la plus accréditée, le saint anachorète apprêtait dans cet ustensile les fèves et autres légumes, qu'il recevait en aumône et distribuait aux bergers du pays, lorsqu'il les convoquait à quelque pieux exercice.
Le premier livre de notre travail contient une description détaillée de ces reliques (^).
dnction du cachet armorié, qui se voit au revers de la relique, et d'un petit dessin du reliquaire. Il écrit que la relique ressemble à des éclats d'os pulvérisés.
O Lettre de M. Cousin, 19 Octobre 1871. Ce vénérable ecclésiastique est décédé à Neuf-Berquin, le 21 Décembre 1875,
Mgr. Casimir- Alexis-Josepli Wicart, né à Meteren, département du Nord, le 4 Mars 1799, fut sacré évêque de Fréjus, le 11 Juin 1845. Nommé premier évêque de Laval, par décret du 30 Août 1855, et transféré au nouveau siège dans le consistoire du 28 Septembre suivant, il offrit sa démission en 1876, et mourut en 1879.
(-) Relisez la note 1 de la p. 323.
(^) Voyez plus haut, pp. 86 et suiv.
Paris (France).
Église paroissiale de Saint-Leu-Saint-Gilles.
Cette église eut le bonheur d^acquérir^ en 1659, un fragment assez considérable de ^importante relique, dont Péglise de Saint- Grilles, à Bruges, est en possession depuis plus de quatre siècles. Les détails, qui se rattachent à ce don, trouveront place au chapitre suivant.
Cette relique disparut probablement à Fépoque de la révolution française; du moins, elle ne se trouvait plus à Saint-Leu, en 1846. C'est ce qui résulte des Renseignements adressés par M'^^ Texier- Olivier, Curé de Saint-Leu, à Mgr. Affre, Archevêque de Paris, sur FÉglise paroissiale de Saint-Leu-Saint-Gilles, de Paris, conformément aux vingtun programmes annexés à sa lettre circulair/e du Février 1846 0).
Le paragraphe de ce mémoire, consacré aux reliques, n'en signale qu^une seule de saint Gilles, " donnée en 1834 à M^' Manglard, curé (^), par un curé du diocèse de Versailles, avec son authentique, signé Blanquart de Bailleul, Êvêque de Versailles " (^). Cet authentique porte la date du 3 Septembre 1834. Deux jours plus tard, M. Tresvaux, vicaire général de Mgr. de Quelen, permit de faire vénérer la relique dans le diocèse de Paris.
(^) Ce mémoire comprend 42 pp. petit in-folio, et fut achevé au mois de Septembre 1846. Grâce à la bienveillante entremise de notre excellent ami, le E. P. Stanislas, du carmel de Passy, cet intéressant travail nous fut communiqué, au mois de Septembre 1874, par M. l'abbé Largentier, curé de Saint- Leu, qui s'est acquis, par cette communication, des droits tout particuliers à notre reconnaissance. Diverses pièces, "appartenant aux archives de Saint-Leu, étaient jointes à cet envoi.
(2) M. Daniel- Victor Manglard, curé de Saint-Leu-Saint-Gilles, fut nommé évêque de Saint-Dié, au mois de Juin 1844, et mourut le 17 Février 1849.
(^) Renseignements, etc., p. 17. Nous avons eu cet authentique sons les yeux; il est signé, non par Mgr. Blanquart de Bailleul, comme le dit M. Texier- Olivier, mais par son vicaire général, M. l'abbé Chauvet.
En 1847, Péglise de Saiixt-Leu obtint une seconde relique de saint Gilles, sacras Beliquias ex ossihus sancti Mgidii Ahbâtis. L^authentique, daté du 25 Mars 1847, est signé par un vicaire général de Mgr. Affre, archevêque de Paris.
Le pillage de Saint-Leu par les communards, en 1871, entraîna la perte de ces deux reliques. Pour réparer ce vol sacrilège, et à la demande de M. le curé Largentier, qui avait fait de vaines démarches en France pour obtenir une relique du saint abbé, Mgr. Jean-Joseph Faict, évêque de Bruges, offrit à Saint-Leu quelques menus fragments de la grande relique conservée dans sa ville épiscopale, à Féglise de Saint-Grilles. Ces fragments avaient été détachés, en 1861, lors de la restauration du cylindre, qui renferme la précieuse relique; ils furent expédiés à Paris, le 1"' Octobre 1874, accompagnés de leur authentique, daté du 23 Septembre précédent et muni de la signature de Mgr. le vicaire général Bruneel.
C'était la seconde fois, à deux siècles d'intervalle, que Saint-Gilles de Bruges venait en aide à Saint-Leu. Plus heureuse que Féglise de Paris, celle de Bruges a pu soustraire aux mains sacrilèges des Gueux, et à la rapacité des révolutionnaires français, le plus riche et le plus envié de ses trésors. Puisse- t-elle le conserver toujours, et ^entourer constamment des mêmes soins et des mêmes honneurs !
Portes (France. — Dép* du Gard).
Eglise paroissiale.
Une relique non spécifiée.
Portes est la seule localité du diocèse de Nîmes, qui partage, avec la ville de Saint-Gilles, Fhonneur d^avoir le saint abbé pour patron.
" Nous ne trouvons pas, dit M. Fabbé Teissonnier, d^acte originel qui constate l'époque précise oii la population de Portes choisit S. Gilles pour Patron; mais cette époque doit être fort ancienne. La tradition locale est que S. Gilles, en se rendant à Orléans auprès de Charles-Martel, vers Tan 719,
passa par Portes et par le Puy et que, à son passage à Portes, il guérit par Pattouchement de son manteau un malade atteint d'une maladie incurable. En souvenir de ce miracle et d'autres miracles analogues qui déclarèrent sa sainteté, les habitants de Portes, après sa mort, auraient cru n'avoir rien de mieux à faire que de le prendre pour Patron et auraient érigé leur église sous son invocation....
" L'Eglise de Portes est, depuis bien des siècles, la fille adoptive de S. Gilles, digne à ce titre d'obtenir une relique du saint Patron. Cette relique lui est destinée; nous sommes beureux de pouvoir en donner l'assurance. L'Église de Saint- Grilles de la vallée Flavienne ne possède qu'une bien médiocre portion des reliques du grand Saint qu'elle vénère si justement; mais elle saura y faire participer sa sœur l'Eglise de Portes "(1).
Ces lignes de M. Teissonnier datent de 1862. La promesse qu'elles contiennent a été remplie, et Portes possède aujourd'hui sa relique de saint Grilles. M. le chanoine d'É verlange nous l'apprend en ces termes :
Combien d'autres églises aussi ont été, comme celle de Portes, par exemple, enrichies depuis de reliques dues à la très-grande charité de ceux qui en possédaient plusieurs ! " (^).
Prague (Autriche. — Bohême).
Eglise métropolitaine de Saint-Vit.
Une partie du bras, apportée de France en 1356, et deux autres fragments : S. JEgidii ahhatis pars de hrachio ex Oalliis allata anno MGCG LVI, et alia duo frustula p).
(^) Notice historique sur Saint Gilles, pp. 76 et suiv.
(^) Saint Gilles et son pèlerinage, 4""^ édit., pp. 258, 259.
(^) Pessina de Czechorod, Phosphorus Septicornis, Stella alias matutina. Hoc est : Sanctœ Metropolitanœ Divi Viti Ecclesiœ Pragensis Majestas et gloria, Pragae 1673, p. 517. — AA. SS. Sept., tom. i, p. 289, n. 23.
Rhetel ou Rettel, près de Sierck (Allemagne) (^). Ancienne chaetreusb (^).
Un os considérable, os magnum, du saint abbé (^).
Rœskilde (Danemark) (*).
Ancien couvent de Frères-Mineurs (^).
Les Scriptores rerum Banicarum medii œvi, de Jacques Langebek, renferment plusieurs inventaires des reliques jadis conservées aux couvents de Frères-Mineurs de Rœskilde et de Copenbague; parmi elles on en trouve de saint Gilles, notam-
(^) Il ne faut pas confondre Rlietel avec la ville française de Eethel, située dans le département des Ardennes. Rhetel appartenait autrefois à la France; à la suite de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, la plus forte moitié du département de la Moselle, dont Rhetel faisait partie, fut cédée au gouvernement allemand, avec d'autres portions du territoire français, aux termes du traité de paix, signé à Francfort, le 10 Mai 1871.
Q La chartreuse de Rhetel, Gartusia Butilensis, située sur les bords de la Moselle, fut fondée en 1477. Voyez, sur cette maison, de Teacy, Vie de saint Bruno, p. 427, et Berseaux, L'' Ordre des Chartreux et la Chartreuse de Bosserville, Nancy 1868, pp. 147, 148. Les détails que donne ce dernier auteur sur la chartreuse de Rhetel, le premier établissement de l'ordre en Lorraine, sont tirés de la Notice de la Lorraine et de VHistoire de Lorraine, de Dom Calmet. Rayssius, Hierogazophylacium Belgicum, p. 454.
(^) Nous trouvons ce nom écrit de diverses manières : BœsTcilde, Boës- Mlde, Bœslcild, Boslcild, Boschild, etc. Le nom latin est BosTcilda ou Boescilda.
La ville de Rœskilde, située dans l'île de Seeland, était, avant l'introduction de la Réforme en Danemark, le siège d'un évêché, fondé en 1012, et suffragant de la métropole de Lund (Karup, Histoire de V Église catholique en Danemark, depuis le neuvième siècle jusqu^au milieu du seizième, traduite du danois par D. Yan Becelaere, Bruxelles 1861, p. 64).
(^) Les Frères-Mineurs ou Franciscains, venus au Danemark en 1222, y acquirent bientôt une grande popularité. L'ordre finit par posséder dans ce pays jusqu'à vingt-neuf couvents, parmi lesquels trois de femmes, dont celui de Sainte-Claire à Rœskilde était le principal (Kaeup, op. cit., pp. 118, 119). Rœskilde avait en outre un couvent de Frères-Mineurs, celui dont nous nous occupons ici.
M. l'abbé Karup termine son livre par une Ancienne chronique sur la suppression de Vordre des Franciscains en Danemark, au temps de la Réforme (1528-1532), traduite du latin de ïï. Knudsen (op. cit., pp. 295 et suiv.)»
ment de sa chape ou de son manteau, de cappa 8ancti Egidii Ahhatisi}).
Rome (Italie).
Piazza (^) assigne une relique de saint Gilles à F église de Sainte- Agathe. La ville éternelle compte deux églises de ce nom, celles de Sainte-Agathe alla Suhurra et de Sainte- Agathe in Trastevere. Le beau travail de Mgr. Barbier de Montault : L'Année liturgique à Morne, ou renseignements sur les Saints, les Reliques, les Fêtes, les églises, les dévotions p)opidaires et les traditions populaires de la ville éternelle (5™^ édit., Eome 1870), contient un ''^Inventaire des principales reliques de chaque église " (^) . Ob, dans ce relevé, qui est fort complet, l'auteur n'attribue aucune relique de saint Gilles aux églises de Sainte-Agathe, mais en revanche il en assigne une, sans désignation spéciale, à l'église des S S. Jean et Paul, desservie par les Passionistes (*), et un ossement du Saint à celle de Saint-Nicolas in carcere (^).
Eougemont (France. — Dép* du Doubs).
Église paroissiale.
En 1453, messire Etienne de Grachaut, de retour de son pèlerinage à Buzy, déposa la relique de saint Gilles, qu'il en
(^) Voici les détails consignés dans ces divers inventaires :
Parmi les reliques renfermeés In vase alho ligneo cum pede et capite viridis coloris cum litera 0, il y en avait une de saint Gilles, Item de Sancto Egidio Ahhate ( Catalogus Beliquiarum Conventuum Fratrum Minorum RosTcildensium et Hafniensium, op. cit., tom. viii, HauniaB 1834, p. 276). Hafnia est le nom latin de Copenhague.
In ista pixide. — De cappa Sancti Egidii Ahhatis (op. et tom. cit., p. 287, sous la lettre O). La première de ces reliques appartenait au couvent de Eœskilde, la seconde à celui de Copenhague.
In reliquiario cum litera G. sunt reliquiœ... Egidii ahhatis (Beliquiœ Conventus Fratrum Minorum Boskildensium, op. et tom. cit., p. 306).
(2) Hemerologium, ad 1 Septembris, cité par Stilting, AA. 88. Sept., tom. I, p. 289, n. 22; nous n'avons pu trouver l'ouvrage de Piazza.
(■■') P. 130 et suiv.
avait rapportée^, dans Péglise de Kougemont; cette relique y fut vénérée jusqu'en 1466, époque à laquelle elle fut donnée, par Guillaume de Gracliaut, à F église paroissiale de Saint- GilleSj à Bruges (^).
Rumsdorp, sous Landen (Belgique. — Province de Liège).
Oratoiee public.
Une petite relique non spécifiée, donnée à la chapelle, en 1825, par M. Henrotte, vicaire de Landen; les lettres d'authenticité sont signées par M. Jean- Arnold Barrett, vicaire capitulaire de Liège, qui devint plus tard évêque de Namur (-).
Saint-Alban (Angleterre. — ïïertfordshire). Ancienne abbaye de Bénédictins.
Une relique non spécifiée (^).
Saint-Gilles (France. — Dép* du Gard).
Ancienne église abbatiale, aujourd'hui paroissiale.
Comme nous l'avons prouvé au chapitre I^'^ de ce livre, le corps de saint Gilles fut transféré à Toulouse, en 1662, pour le soustraire aux profanations dont il était menacé pendant les
C) Voyez le chapitre suivant.
(^) Lettre de M. Kerckhoffs, curé-doyen de Landen, 21 Juillet 1871.
(^) Monasticon Anglicanum : A History of the Ahhies and other Monasteries, Hospitals, Frieries, and cathedral and collegiate Churches, tvith their dependencies, in England and Wales; originally puhlished in latin hy Si7' William Bugdalc, Knight, garter principal Icing at arms, tom. ii, London 1846, p. 235, col. 2. Cette traduction anglaise, considérablement augmentée, du Monasticon Anglicanum, a été publiée, en 8 volumes in-folio, par Jobn Caley, Sir Henry Ellis et le Eév. Bulkeley Bandinel. Le détail indiqué est extrait de l'inventaire des reliques du monastère, inventaire qui ne figure pas dans l'ancienne édition du Monasticon, où l'on trouve l'histoire de l'abbaye de Saint- Alban^ tom. I, pp. 176 et suiv.
guerres de religion, et déposé dans la crypte de Saint- Sernin. Empêchés, par des calamités de tout genre, de réclamer en temps opportun les reliques de leur glorieux patron, les Saint- Grillois virent leurs justes mais tardives demandes repoussées par les Toulousains, et tous les efforts tentés depuis pour rentrer en possession de ce précieux trésor, demeurèrent sans résultat. Au commencement de ce siècle, Féglise de Saint- Gilles ne possédait pas encore la moindre parcelle des reliques du saint abbé; elle en obtint une petite portion, en 1816, grâce au zèle et aux longues instances de M. Estève, Vuil des citoyens les plus honorables de Saint-Gilles, qui les reçut de Mgr. Claude Primat, archevêque de Toulouse. Ce prélat les avait extraites de la châsse du Saint, le 7 Mai 1816 (^). Ces reliques sont décrites dans le procès-verbal dressé par M. Bonhomme, curé de la paroisse Saint- Charles, de Mmes, délégué par Mgr. Jean-François Périer, évêque d'Avignon (^), pour en reconnaître canoniquement l'authenticité, et présider à la cérémonie de la translation solennelle, qu'on en fit à Saint- Gilles, l'année suivante, 1817. Yoici le texte de ce procèsverbal :
Joseph Bonhomme, curé de la paroisse Saint-Charles de la ville de Nimes, chevalier de la Légion d'honneur, adjoint au pro-vicariat général, par le Eévérendissime Évêque d'Avignon, pour ]e département du
Q) Voyez le procès-verbal de cette ouverture, p. 245.
(2) On trouvera peut-être étrange qu'un curé de Nîmes ait été délégué par l'évêque d'Avignon; pour comprendre la chose, il importe de savoir que le diocèse de Nîmes, supprimé, avec tous les autres évêchés de France, par la bulle Qui Christi Domini, du 29 Novembre 1801, ne fut pas compris parmi les nouveaux sièges épiscopaux, érigés en vertu de la même brlle; son territoire demeura compris dans le diocèse d'Avignon. Le siège de Nîmes fut rétabli en principe par le concordat de 1817, mais cette réérection ne sortit son effet qu'en 1821; Mgr. de Chaffoy fut le premier titulaire du nouveau siège, placé comme suffragant sous la métropole d'Avignon. La métropole d'Avignon ne fut rétablie qu'en 1821, après la démission de Mgr. Périer; ce dernier, ancien évêque constitutionnel du Puy-de-Dôme, ne fut jamais archevêque d'Avignonj le Saint-Siège ne voulut point lui donner cette qualité, parce que son caractère personnel et sa rétractation comme évêque constitutionnel ne lui paraissaient pas présenter des garanties suffisantes.
Gard, sur la réquisition et supplication à nous faites par M. Jean- Baptiste Estève, pensionnaire du roi, habitant de la ville de St-Gilles, de bien vouloir faire la vérification des Reliques de St-Gilles, qu'il a longtemps sollicitées et enfin obtenues de Mgr, l'Archevêque de Toulouse, dans le dessein d'en faire un don à l'église de Saint- Gilles, d'oii elles avaient été enlevées et mises en sûreté dans l'église de Saint- Sernin, à Toulouse, pendant les guerres de religion qui affligèrent l'Église sur la fin du XYÏ" siècle; en conséquence de cette demande, nous avons lu l'authentique du Eévérendissime Archevêque de Toulouse, où les Eeliques sont intitulées : " quelques parties des os du corps de S. Gilles et une de ses dents, déposées respectueusement par Nous dans une boîte de forme ovale, qui est recouverte d'une étoffe de soie. Fait à Toulouse, l'an de IST. S. 1816, et le huitième jour du mois de mai. Signé: 0. F. M. Archevêque de Toulouse, et plus bas, Prépaud, secrétaire " (^).
Nous avons ensuite ouvert la boîte ovale couverte d'une étoffe de soie rouge, brochée en fleurs jaunes, scellée en deux endroits du sceau de l'Archevêque, avec de la cire d'Espagne sur un ruban rouge dont elle était liée. Nous y avons trouvé lesdites Reliques, et ayant vu et reconnu le tout conforme à l'authentique et dans les formes requises, nous avons refermé lesdites Reliques dans la susdite boîte ovale, que nous avons scellée et cachetée au-dessus, en quatre endroits, sur le ruban rouge qui l'environne, du sceau du Révérendissime Evêque d'Avignon, avec de la cire d'Espagne rouge. Il reste au-dessous le sceau du Révérendissime Archevêque de Toulouse; laquelle boîte nous avons immédiatement remise au susdit M. Estève, pour être apportée par lui, suivant ses intentions, à M, Dorthe, Curé de Saint-Gilles, et être déposée dans l'ouverture pratiquée au-devant du buste du Saint, qui a été fait à cette occasion.
Par ces présentes, nous avons permis et permettons que lesdites Reliques de S. Gilles soient exposées à la vénération des fidèles.
Donné à Nimes, sous notre seing, le sceau épiscopal et le contreseing du secrétaire du pro- vicariat général, le vingt-troisième jour du mois d'août mil huit cent dix-sept.
Autorisé ad hoc par Mgr. l'Évêque,
Bonhomme, Curé de Saint-Charles, adjoint du pro-vicariat général. Par Monsieur l'adjoint, Ruelen, secrétaire.
(^) Aliquot partes ex ossihus corporis unumque dentem ejusdem 8- Mgidii, in thecam in forma ovali confectam, linteo serico vestitam, reverenter collocavimus. Datum Tolosœ, anno Domini 1816, die vero octavçt, mensis maii.
L'arrivée à Saint- Gilles de cette portion, bien minime, mais infiniment précieuse, des reliques du glorieux anachorète, prit les proportions d^un événement; au jour fixé pour la translation, M. Guiméty, curé de la paroisse de Saint-Paul de Nîmes, célébra la messe solennelle en présence d'un nombreux clergé, et devant une immense population, pressée dans la triple nef de la basilique (^).
En 1861, Mgr. Plantier, évêque de Nîmes, reçut de Toulouse une relique notable de saint Gilles, mesurant sept à liuit centimètres de superficie en tous sens, et un peu moins de la moitié en profondeur (^j. L'illustre prélat aurait pu la garder pour satisfaire sa dévotion personnelle, et il j tenait naturellement beaucoup, mais il aima mieux l'abandonner aux pieux habitants de Saint-Gilles; la translation de cette importante relique se fit le 27 Juillet 1862, et Sa Grandeur voulut présider elle-même cette imposante cérémonie (^).
Enfin, lors de la découverte du tombeau de saint Gilles, le 29 Août 1865, on y trouva les ossements suivants, qu'une étude consciencieuse et les renseignements reçus de Toulouse prouvèrent avoir appartenu au saint abbé :
1° Cinq petits os des phalanges des pieds; 2® Onze os du tarse (région du talon);
" 3^ Quinze portions spongieuses de fémurs et de tibias; 4** Vingt- sept fragments irréguliers des portions dures de fémurs et de tibias;
" 5° Parcelles en grande quantité, mais trop exiguës pour être susceptibles d'être analysées " (*).
(^) Teissonnier, Notice historique sur Saint Gilles, pp. 178 et suiv.
(2) Cette relique fut extraite de la châsse de saint Gilles, en même temps que celle donnée par M. Philippe à l'église paroissiale de La Flamengrie, et dont nous avons parlé plus haut, pp. 367, 368.
(3) Teissonnier, op. cit., pp. 190, 191. Ce fut à cette occasion, — nous l'avons dit déjà, — et sur les instances de M. Corrieux, curé de Saint-Gilles, que M. l'abbé Teissonnier composa sa belle Notice historique sur Saint Gilles.
GouBiER, Mémoire aux fidèles de Saint-Gilles sur les travaux qui ont amené la découverte du tombeau de leur saint Patron, Nimes 1866, p. 23.
Le saint tombeau renfermait encore des lambeaux de vêtement ou de suaire, que le contact de Pair pulvérisa immédiatement, et trois morceaux de fer oxydé, terminés en pointe aiguë^ faisant partie d^une même lame. Des personnes compétentes, entre autres M. Boucarut, vicaire général de Mmes, ancien vicaire de Saint- Grille s, virent dans ces débris les restes du javelot, qui blessa le saint ermite, et que les moines, ses enfants, auront déposé dans sa tombe (^) .
Résumant les pages qui précèdent, nous pouvons dire que r église de Saint-Grilles possède aujourd'hui :