‹ Saint GillesChapitre 41 sur 57 · JOANNES-BAPTISTA MALOU · texte numérisé non relu

JOANNES-BAPTISTA MALOU

miseratione divina et Sanctse Sedis Apostolicse gratia, EPISCOPTIS BBUGENSIS,

Suse Sanctitatis Praelatus Domesticus et Episcopus Solio Pontifîcio assistens, Praesentes nostras litteras inspecturis notum facimus et attestamur, Nos os brachii S'' ^gidii, abbatis, inscriptione et sigillé nostro munitum, mclusisse in capsa fabricata ex argento et ex rotunda fistula crystallina transparente ac formata in modum brachii seu cubitus humani, longitudinis sesquipedis; qu83 fistula ab una parte occluditur nodo argenteo formato in modum pedis candelabri argentei, et ab alia parte alio nodo argenteo formato in modum dexterse manus, cujus digiti exstant extensi, suntque iidem duo nodi invicem juncti duabus

(^) Voyez le dessin du reliquaire, planche ii.

minoribus laminis argenteis deauratis ad longitudinem fistulse, prœdictis nodis hinc inde infixis (^). Ad majorem antem cantelam, hujus capsae exteriori parti, quatuor in locis, sigillum nostrum apposuimus.

Has S. S. Eeliquias in Ecclesia S'^ ^gidii de Buzeyo, diœcesis Ehemensis, ab immemoriali tempore fidelium venerationi expositas, ab anno vero 1453, in Ecclesia Beatae. Marise de Eubromonte, diœcesis Bisuntinensis, servatas, anno 1466, Eoclesiae S** ^gidii, Brugis, dono dédit nobilis vir Dominus Guillelmus Crachant, Eques auratus, Toparcha in Dolant, quondam a Cubiculis generosissimi viri Joannis, Comitis Flandrise (2).

Harum Eeliquiarum authenticitatem confirmarunt : 1** Anno 1486, 1' mensis Maii, Yicarii Générales diœcesis Ehe^ mensis;

2° Anno 1659, 1^ mensis Augusti, 111"' Dominus Carolus Yan den Bosch, IX Brugensis Episcopus.

Has igitur Eeliquias fidelium venerationi in oratoriis, vel in quacumque Brugensis diœcesis ecclesia, exponendi et collocandi facultatem concedimus. In quorum fidem, has litteras testimoniales nostra manu subscriptas, sigilloque nostro munitas, per infrascriptum Secretarium nostrum expediri mandavimus.

Datum Brugis, in Palatio nostro episcopali, die 31* mensis Augusti, anno Domini 1861.

J. Eaict, Yic. Gen.

De mandato 111'"* ac Eev"'^ D"^ Episcopi, L. t S. E. NoLF, Oan. Secret.

A Foccasion de la restauration dont nous venons de parler, M. le vicaire Grilliodts (^) fit don de la belle cliaîne en argent, qui orne le cylindre, et que le prêtre se passe autour du cou, lorqu^il offre la relique à la vénération des fidèles.

Q) La description du reliquaire est empruntée an procès- verbal de Mgr. van den Bosch.

(2) Ces détails sont la reproduction partielle de la note du curé Jennyn, dont nous avons donné plus haut le texte (pp. 430, 431), et qui renferme plusieurs inexactitudes. La rédaction des lettres de Mgr. Malou est antérieure à nos recherches sur Guillaume de Grachaut et sa famille, recherches qui nous ont permis de redresser ces erreurs.

(2) M. Jules-Marie GilKodts, vicaire de Saint-Gilles, depuis le 30 Septembre 1846, fut nommé curé à Crombeke, le 2 Janvier 1867, et directeur spirituel de l'établissement des Frères de charité, à Bruges, le 31 Janvier 1870^ il mou^t en cette dernière qualité, le 10 Janvier de l'année suivante.

L'histoire de notre relique est achevée. Le lecteur nous pardonnera les détails^ parfois minutieux, dans lesquels nous sommes entré, en songeant à P importance de ce pieux trésor; à part la basilique de Saint- Saturnin, à Toulouse, il n'est peut-être pas une église de toute la chrétienté, qui possède une relique de saint Gilles plus considérable que la nôtre. Et cependant peu d'auteurs en ont parlé; ce silence était pour nous un nouveau motif de mettre en relief tout ce qui concerne un aussi riche souvenir.

Arnould de Baisse ne dit mot de notre relique dans son Hierogazophylacium Belgiciim, où il mentionne cependant diverses reliques du saint abbé, de moindre importance. Cette omission ne s'explique pas. Arnould de Baisse parcourut en tout sens la Belgique, pour recueillir les matériaux de son Audarium ad Natales Sanctorum Belgii, de Molanus, et profita de ses voyages pour visiter les trésors des églises et des monastères, si riches en reliques de Saints (^). Le savant hagiographe dut passer plusieurs jours à Bruges, car il décrit longuement les reliques conservées à la cathédrale de Saint- Donatien (^), aux collégiales de Notre-Dame (^) et de Saint- Sauveur à la chapelle de Saint-Basile {^), chez les Frères- Mineurs (^), les Chartreux (^), les Chartreuses (^), etc. Comment se fait-il qu'une relique aussi précieuse que la nôtre, ait échappé aux investigations du docte chanoine ?

Même silence de la part de Stilting, dans les Acta Sanctorum. Le savant bollandiste consacre un paragraphe spécial de son travail aux reliques de saint Gilles, sous le titre de Sacri corporis translationes et reliqidœ (^). Il y énumère toutes

(^) Voyez plus haut, pp. 328, 329.

(2) Hierogazophylaciuvi Belgimm, pp. 197 et suiv.

(3) Id., pp. 319 et suiv.

f) Id., pp. 459 et suiv.

O Id., pp. 84, 85.

(«) Id., pp. 357, 358.

(') Id., p. 516.

(8) Id., p. 54.

O AA. SS. Sept., tom. i, pp. 288, 289.

les reliques du saint abbé, citées par Arnould de Eaisse, et en ajoute quantité d^ autres; la nôtre, encore une fois, est passée sous silence. Cet oubli est d^autant plus surprenant, que Stilting, écrivant plus d^un siècle après Sanderus, n^avait qu^à jeter un coup d^œil sur la Flandria illustrata de cet historien, pour être renseigné sur l'existence de notre relique.

A notre connaissance, un seul auteur ancien, Sanderus, signale la relique de saint Gilles, conservée dans notre église; nous avons vu plus haut dans quels termes il en parle (^), et redressé les erreurs qui se sont glissées dans son récit (^).

Dans ses ÊpTiémérides Brugeoises (^), M. J. Grailliard consacre deux lignes à notre relique. " église de St. Gilles, dit-il, reçut, en 1408, de messire Jean Grassant, une relique d'un prix inestimable : c'est un des bras de St. Gilles. " (^) L'estimable écrivain verse dans la même erreur chronologique que Sanderus, et, au lieu d'un os du bras, il nous attribue un bras entier du saint abbé.

M. l'abbé Teissonnier donne en raccourci l'histoire de la relique, dans son intéressante Notice historique sur Saint Gilles {^). L'auteur a eu la bonne chance de mettre la main sur une copie du procès-verbal de Mgr. van den Bosch, et dès lors il n'est pas surprenant qu'il ait traité, avec exactitude et en détail, un sujet échappé aux recherches de ses devanciers.

M. Neelemans mentionne en passant notre relique dans sa monographie intitulée : Geschiedenis der gemeente Lemhelce en der vrije heerlijkheid van Aveschoot (^).

Au mois de Juillet 1875, M. le chanoine d'Éverlange visita la ville de Bruges, et nous eûmes le bonheur d'offrir à

{}) Voyez ci-dessus, p. 431, note 3.

(") Item, pp. 410, 411, et snrtout la note 2 de cette dernière page.

(3) Bruges 1847.

(5) P. 136 et suiv.

(6) Brugge 1872, p. 143, note 112.

sa vénération une relique, dont le travail de M. Teissonnier lui avait révélé Timportance, et qu'il aspirait à couvrir de ses baisers. Des larmes mouillèrent la paupière du pieux voyageur,, quand il lui fut donné de coller ses lèvres sur le précieux cylindre qui renferme notre trésor, et plus tard il voulut consigner, dans les belles pages écrites à la gloire de son illustre patron, le souvenir de ce moment fortuné :

Bruges, dit-il, une des villes les plus importantes de la Belgique, justement fière de posséder quelques gouttes du précieux sang du Sauveur, est, aux yeux des habitants de St-Gilles, célèbre à d'autres titres encore. Là s'élève une paroisse dédiée à saint Gilles, paroisse que sa piété, son zèle et son admirable organisation rendent digne de marcher en première ligne sous la bannière de l'illustre solitaire de la vallée Flavienne. Combien fut grande notre émotion à la vue d'une relique insigne de saint Gilles conservée dans cette église ! C'est un bras enchâssé dans le cristal, surmonté d'une main en argent; il est de la part des fidèles l'objet de la plus grande vénération " (^) .

(^) 8aint Gilles et son pèlerinage, 4^ édit., Avignon 1879, p. 143.

Etude sur le nom D'AiriAios

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