‹ Saint GillesChapitre 52 sur 57 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les reliques aux yeux de la foi. — Leur importance historique. — Division de ce livre.

I. Motifs qui nous font honorer les reliques des Saints, pp. 182, 183.

II. Le culte des reliques envisagé comme élément social. — 1. Rôle joué par les reliques dans la vie publique et privée, avant, pendant et après les croisades, pp. 183-187. — 2. Beaucoup de villes doivent leur origine et leur prospérité au tombeau d'un Saint, à quelque relique insigne de martyr ou de confesseur. Le tombeau de saint Gilles donne naissance à une populeuse cité, pp. 187, 188. — • Des faits analogues se produisent en Belgique, pp. 188, 189. — Origine des villes de Saint-Hubert et de Saint-Trond. Passage remarquable de la chronique de l'abbaye de Saint-Trond, pp. 189-191. — 3, Influence exercée par le culte des reliques sur l'établissement des foires et des marchés publics, tant en France qu'en Belgique, pp. 191, 192. — M. Viollet-le- Duc fait admirablement ressortir l'importance sociale des corps saints au moyen âge, pp. 192, 193.

III. Ce livre comprend quatre chapitres. Le premier traite, en deux paragraphes distincts, du corps et du chef de saint Gilles. Le deuxième raconte la découverte du tombeau de notre Saint, le 29 Août 1865, et les événements qui s'y rattachent. Le troisièrSc offre la liste détaillée

des reliques du saint abbé disséminées dans le monde catholique. Le quatrième retrace l'histoire des reliques de saint Gilles, vénérées dans l'église paroissiale de ce nom à Bruges, pp. 194, 195.

Le corps de saint Gilles fut enseveli dans l'église de son monastère. Moins de cent ans après la mort de l'illustre abbé, sa sainteté était connue au loin et sa réputation solidement établie. Charlemagne, faisant le relevé des monastères de son vaste empire, nomme celui de ^S^am^-Gilles, monasterium S(ancti) Egidii. Le règlement, dressé, en 817, par Louis-le-Débonnaire, dans l'assemblée d'Aix-la-Chapelle, mentionne la même maison, en accolant le titre de saint au nom de son fondateur. Détails sur ce règlement, pp. 195, 196. — Le nom de saint Gilles, il est vrai, ne se rencontre pas dans les Martyrologes du IX® et du X'^ siècle, mais la raison en est que la Vie du Saint n'était pas encore mise par écrit à cette époque. Aperçu sur les Martyrologes du vénérable Bède, d'Adon et d'Usuard, pp. 197, 198. — Le pape Jean YIII ratifie le jugement porté par les peuples et les rois sur les mérites du saint abbé; dans ses bulles du 21 Juillet et du 18 Août 878, il parle du monastère de la vallée Flavienne, in quo quiescit corpus beati Egidii, pp. 197-199. — Il faut se garder d'exagérer la portée de ces documents pontificaux, et ne pas y voir, comme aucuns l'ont fait, des bulles de canonisation. Remarque importante à ce sujet, p. 199. — Jean VIII, en affirmant que le corps de saint Gilles repose dans l'abbaye de la vallée Mavienne, parle comme d'une chose universellement connue; il est à supposer que déjà le tombeau du saint abbé était devenu un but de pèlerinage, pp. 199, 200.

Plusieurs auteurs, se basant sur un passage du Pontificium Arelatense, de Pierre Saxi, soutiennent que le corps de saint Gilles fut levé de terre, en 925, sous l'abbé Autulphe. Détails bibliographiques sur l'œuvre de Saxi, p. 200. — Passage allégué du Pontificium Arelatense, p. 201. — Ce passage n'a pas la signification que lui prêtent les auteurs, et ne peut servir à prouver l'exhumation du corps de saint Gilles en 925, pp. 201-204. — A quelle occasion eut lieu la première élévation des reliques du saint abbé ? Les suppositions mises en avant par les historiens sont inadmissibles, pp. 204-207. — Le véritable et le seul motif de cette exhumation fut l'invasion des Hongrois ou Magyares, qui, en 924, firent irruption dans la Septimanie et y exercèrent d'affreux ravages. Détails sur les Hongrois et sur leur invasion dans les Gaules, pp. 207-209. —

Les religieux de la vallée Flavienne se seront empressés de tirer de sa tombe le corps de leur saint fondateur et de le soustraire aux outrages qui le menaçaient, soit en le confiant à quelque retraite cachée, soit en l'emportant avec eux dans leur fuite, p. 210, — C'est en effet une chose historiquement prouvée, qu'à chaque invasion de barbares, le premier soin des fidèles était de mettre en sûreté les reliques des Saints. Bien plus, les incursions de ces peuples ont été l'une deè premières et des principales causes, qui provoquèrent la levée des corps saints, jusqu'alors renfermés dans des sarcophages, et leur placement dans des châsses mobiles, p. 211. — ■ Exemples nombreux remontant à l'époque des invasions normandes, pp. 212-214. — Après l'expulsion des Magyares, le corps de saint Gilles fut replacé dans sa tombe ou déposé dans une châsse. Les deux suppositions sont également probables, p. 215. — Plusieurs auteurs semblent croire que l'élévation d'un corps saint amenait nécessairement sa translation dans une châsse. Cette conclusion n'est pas légitime. Du IV^ au IX^ siècle, on maintint, pour les confesseurs aussi bien que pour les martyrs, la coutume de conserver leurs reliques dans les tombeaux, même après leur élévation ou leur translation; on trouve des vestiges de cet usage jusque dans le XIP siècle. Exemples divers, pp. 215-217. — Il se peut donc qu'après la retraite des Magyares, le corps de saint Gilles ait été conservé dans un coffre meuble ou reliquaire; mais il est possible aussi, et même fort probable, que les restes du Saint, replacés dans son sépulcre, y aient reposé bien des années encore, avant d'être levés une seconde fois et définitivement renfermés dans une châsse'. Plusieurs écrivains affirment que le corps de saint Gilles fut trouvé tout entier et extrait de son sépulcre, au temps des Albigeois. Cette assertion corrobore la seconde hypothèse, pp. 217, 218. — Simplicité des châsses primitives. Signification des mots : Inventio corporis sandi jEgidii, pp. 217, 218.

Le pèlerinage au tombeau de saint Gilles prend des développements considérables. Dès le milieu du XP siècle, ce pèlerinage se range à côté de ceux de Sainte-Marie-Majeure et de Saint-Pierre, à Rome, et de Saint-Jacques de Compostelle, pp. 218, 219. — Le Liher miraculormn sandi ^cjidli, p. 219. — Une grande et riche cité se forme autour du monastère, qui abrite le tombeau du Saint. Les trois églises de l'abbaye ne suffisent plus à contenir le flot des pèlerins; on les démolit, en 1116, et sur leur emplacement s'élève une basilique aux proportions gigantesques, regardée comme l'une des mer\"eilles du moyen âge. Détails architectoniques sur cet édifice, affreusement mutilé par les religionnaires, à la fin du XVI'' et au commencement du XVIP siècle, pp. 219-222.

L'hérésie des Albigeois, et les déprédations exercées par ces sectaires, portent un rude coup au pèlerinage de Saint-Gilles. Détails sur ces hérétiques, pp. 222, 223. — Le corps du saint thaumaturge est mis en lieu sûr. La plupart des historiens du XYII^ et du XVIII^ siècle fixent à cette époque la translation des reliques du Saint à Toulouse et leut dépôt dans les cryptes de l'église abbatiale de Saint- Sernin. D'autres soutiennent que cette translation n'eut lieu qu'en 1562, pendant les guerres de religion, pp. 223, 224. — Passages des principaux auteurs, qui patronnent la première opinion, pp. 224, 225. — Papebrochius constate le fait de la translation, mais n'en fixe pas l'époque. Stilting discute la question, sans la résoudre, pp. 225-227. ■ — Il est aujourd'hui démontré à toute évidence que le corps de saint Gilles fut transféré à Toulouse, non pas au temps des Albigeois, mais en l'année 1562, pour empêcher les Calvinistes de le profaner. Preuves : 1) Deux ordonnances de Nicolas Habert, évêque de Nîmes, datées du 24 Juillet 1424, et relatives au chef de saint Gilles, disent, en termes exprès, qu'à cette époque le corps du saint abbé reposait dans son monastère, pp. 227, 228. — 2) Toute une série de bulles pontificales, allant du XP au XYP siècle, confirment cette assertion. Bulles d'Urbain II (12 Septembre 1095), d'Adrien lY (12 Décembre 1159), de Grégoire IX (17 Mai 1233), d'Innocent lY (20 Juin 1245), de Clément lY (30 Novembre et 19 Décembre 1265, 29 Juin 1266), pp. 228-230. — Détails sur Clément lY, natif de Saint-Gilles, pp. 229, 230. — La bulle de sécularisation de l'abbaye, donnée par le pape Paul III, le 17 Août 1538, atteste que les reliques du saint fondateur se gardaient encore à cette époque dans le monastère, pp. 230, 231. — 3) Un fait, rapporté par l'historien Ménard, prouve qu'en 1560, la basilique de Saint-Gilles était encore en possession de son principal trésor, pp. 231, 232.

En 1562, les Calvinistes se rendent maîtres de la ville de Saint- Gilles. Le chapitre de la collégiale, craignant de voir profaner le corps du saint abbé, le confie au sieur de Pousillac, qui fait passer secrètement à Toulouse ces précieuses dépouilles, p. 232. — La châsse, où avait reposé jusqu'alors le saint corps, est livrée, avec les autres reliquaires de l'église, aux membres du consistoire calviniste de Nîmes, pp. 233-235. — Les reliques de saint Gilles sont déposées provisoirement, et en attendant des temps meilleurs, dans les cryptes de Saint- Sernin, à Toulouse, p. 236. — Difîiculté apparente résolue, pp. 236, 237. — Des miracles signalent la translation des reliques du Saint. Relation du chanoine de Martyris, p. 238.

Histoire des reliques de saint Gilles depuis leur translation à Toulouse. Elles sont renfermées dans une châsse à lames d'argent, et,

d'après M. Alphonse Bremond, la tête du saint abbé est placée dans un buste du même métal. Procès-verbal du 17 Octobre 1644, pp. 239, 240.

— Les reliques de S. Gilles pendant la révolution française, pp. 241-243.

— Vérification du saint dépôt, le 6 Juillet 1807, pp. 243, 244. — Nouvelles ouvertures de la cliâsse, le 7 Mai 1816 et le 28 Septembre 1846, pp. 245, 246. — Efforts tentés par les évêques de Nîmes pour obtenir le recouvrement du corps de saint Gilles. Démarches de Mgr. Cart. Le prélat fait appuyer sa demande par le Saint-Siège. Bref de Pie IX, pp. 246-249. — En 1862, Mgr. Plantier offre aux habitants de Saint- Gilles une relique notable de leur saint patron. Classification des reliques, pp. 249, 250. — L'église de Saint-Gilles conserve des droits imprescriptibles à la possession des dépouilles du célèbre thaumaturge. Yains prétextes allégués pour justifier le refus de restitution, pp. 250, 251. — Ouverture de la châsse en 1861, p. 251. — Dernière vérification des reliques de saint Gilles, le 22 Novembre 1865, pp. 251-253. — Description de la châsse du Saint et des cryptes de Saint- Sernin, où elle repose, pp. 253-255.

§ 2. — Le chef de saint Gilles.

J)es le X*^ siècle, on renferme les ossements des Saints dans des statuettes, des bustes, ou des reliquaires en métal, richement ornés et imitant la forme des membres auxquels les reliques avaient appartenu. Ce mode d'enchâssure caractérise les reliquaires fabriqués en Occident, surtout aux XII*" et XIIP siècles, et sert à les distinguer de ceux venus d'Orient aux mêmes époques. Bustes -reliquaires conservés dans les trésors des églises de Belgique et de France, pp. 255, 256. — Le chef de saint Gilles est renfermé dans un buste en vermeil, orné de perles et de pierres précieuses. Les ordonnances de Nicolas Habert, évêque de Nîmes, datées du 24 Juillet 1424, sont les premiers documents qui mentionnent ce buste. Le prélat affecte une somme de quarante livres tournois à la réparation de ce reliquaire, et accorde des indulgences en faveur de ceux qui contribueront à ^sa restauration. Texte de ces ordonnances, pp. 256-259. — A quelle époque le chef de saint Gilles fut-il enchâssé dans un reliquaire distinct ? Contradiction apparente entre un passage de la GalUa cliristiana et les termes de la double ordonnance de Nicolas Habert, p. 259. — Les inventaires des reliques et ornements de l'abbaye de Saint-Gilles, dressés en 1491 et 1552, signalent le buste contenant le chef du Saint, 260. — A partir de 1552, on perd la trace de ce reliquaire. Il n'est pas probable que le chef du saint abbé ait été extrait de sa custode en 1562, et porté à Toulouse, avec le reste de ses ossements, pp. 260, 261.

— Stilting craint qu'il ne soit tombé entre les mains des Calvinistes. Opinion de M. Alphonse Bremond, p. 261.

Détails sur le bras de saint Gilles, enchâssé séparément, et conservé au monastère de la vallée Flavienne. Cette relique, mentionnée dans les inventaires de 1362, 1491 et 1552, était renfermée dans un bras en argent, garni d'une chaîne du même métal, et orné d'anneaux et de pierres précieuses, pp. 261, 262. — Tout porte à croire que le bras de saint Grilles fut extrait de sa châsse en 1562, et joint aux autres reliques du Saint, secrètement transférées à Toulouse par le sieur de PouSillac, pp. 262, 263.

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