‹ Saint Gilles et son pèlerinageChapitre 14 sur 81 · SAINT GILLES EN ESPAGNE I · texte numérisé non relu

SAINT GILLES EN ESPAGNE I

terre inhospitalière et cruelle qui menaçait de le dévorer. St Gilles de retour d^Orléans et de Nuria, put, grâce aux largesses de Charles Martel, relever les ruines de son monastère et s'y préparer un tombeau.

Associés pendant leur vie, les noms de Wamba, Charles-Martel et saint Gilles le sont encore après leur mort dans la reconnaissance des peuples et de TÉglise. Tous trois nous rappellent un admirable dévouement à la cause de Dieu et au bonheur des peuples. Avec quelle autorité ne condamnent-ils pas ces puissants du jour qui, au mépris de leur foi et des nobles traditions de leurs ancêtres, donnent la main aux spoliateurs sacrilèges de T Église, et vont dans l'aveuglement de leur impiété, jusqu'à dépouiller le Vicaire du Christ de cette royauté temporelle, condition nécessaire à l'exercice de son autorité spirituelle et infaillible (i) !

(i) Discours du Souverain Pontife aux élèves des collèges étrangers, 21 juillet 1876: a Je ne cesserai jamais de répéter que le pouvoir temporel est nécessaire au Saint-Siége dans Tordre actuel de la Providence. 9

Saint Gilles put jouir quelques années encore du fruit de ses travaux, heureux de la paix et de la concorde qui régnaient au milieu de ses enfants. Mais Theure de la mort est arrivée. Il s'écrie avec la même joie que le Prophète : « Je mourrai dans le petit nid que je me suis bâti (i), » oubliant ces autres paroles : « Et ma gloire se renouvellera d'âge en âge dans la postérité (2). »

Instruit par Dieu du moment de sa mort, comblé de grâces et Pâme inondée d'une joie céleste, saint Gilles s'endort paisibleme];it dans le Seigneur le i*' septembre 721.

St Gilles eut pour successeur dans sa charge d'abbé le moine Atticus. Après lui, durant

(0 In niduîo meo moriar. Job xxix, 18.

(2) Gloria mea semper innovabitur, Ibid. 20,

SAINT GILLES ET l'ôRDRE MONASTIQUE I9

une période de 817 années, de 721 à i538, époque de la sécularisation du monastère par Paul 111(17 août i538), tous ses successeurs, jusqu'à Jean-Théodore de Clermont qui fut le dernier, se montrèrent, dans Texercice de cette charge, dignes par leurs vertus d'un tel honneur.

SAINT GILLES ET l'ORDRE MONASTIQUE

St Gilles a donc appartenu à Tordre monastique, il en a été une des gloires les plus pures. Descendant des princes d'Athènes, il a recueilli à son tour, dans cette vie humble et cachée, plus de gloire que ne lui en eût offert le monde avec toutes ses richesses.

N'en soyons pas surpris, il a embrassé cette vocation sublime à laquelle le Christ, son divin fondateur, a voulu attacher toutes les bénédictions de la terre et du ciel, « ici-bas le centuple et la vie éternelle. » N'est-ce pas pour cette raison que le monde et l'enfer jaloux, ont voué

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