‹ Saint Gilles et son pèlerinageChapitre 16 sur 81 · SUR LES ARTS · texte numérisé non relu

SUR LES ARTS

Aucun n'ignore la part immense que les moines ont prise dans le progrès des arts libéraux. Il faudrait des volumes entiers pour citer les chefs-d'œuvre qu'ils ont produits.

La musique a-t-elle jamais résonné d'une manière plus émouvante que sous les voûtes des églises des monastères ? L'architecture ne s'estcUe pas surpassée dans ces poèmes religieux écrits sur ces forêts de pierres, qui s'élèvent vers les nues en y portant, avec la pensée immobilisée de l'homme, les accents de la prière la plus sublime et la plus puissante ?

Toiles inspirées par le génie des moines, ne semblez-vous pas encore après des siècles, parler à l'homme qui vous contemple ? Ah !

c'est que Tâme du religieux ne dirigea jamais son pinceau sur la toile qu'après avoir parlé à Dieu en implorant ses lumières. Faut-il dèslors s'étonner que sous l'influence de cette lumière céleste, ces pinceaux aient en quelque sorte participé à la puissance créatrice de Dieu même?

Mais le travail préféré du moine était le travail des mains," sans doute parce que c'est le travail imposé par Dieu à Thommc pécheur :

tu gagneras ton pain à la sueur de ton front : « Insudorepultus tuipescenspafie{i).it N'estce pas le travail qui laisse à Tesprit une plus grande liberté pour la prière, au cœur plus de ressources pour s'élever à la contemplation de Dieu même, dans ce miroir resplendissant de la nature où veut se peindre la Beauté incréée ?

INFLUENCE DES MOINES SUR l'aGRICULTURE

Quel exemple admirable donné à notre siècle sensuel, que celui de ces légions de moines, dont plusieurs descendaient des marches d'uû trône ! Ils se dirigent avec bonheur vers les campagnes les plus incultes, emportant le printemps de leur vie aux déserts les plus sauvages ; ils les cultivent en s'y sanctifiant, parce que Tair que Ton y respire est plus pur, parce que Dieu s'y

{0 Gen. III.19.

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