SUR LES ARTS
Aucun n'ignore la part immense que les moines ont prise dans le progrès des arts libéraux. Il faudrait des volumes entiers pour citer les chefs-d'œuvre qu'ils ont produits.
La musique a-t-elle jamais résonné d'une manière plus émouvante que sous les voûtes des églises des monastères ? L'architecture ne s'estcUe pas surpassée dans ces poèmes religieux écrits sur ces forêts de pierres, qui s'élèvent vers les nues en y portant, avec la pensée immobilisée de l'homme, les accents de la prière la plus sublime et la plus puissante ?
Toiles inspirées par le génie des moines, ne semblez-vous pas encore après des siècles, parler à l'homme qui vous contemple ? Ah !
c'est que Tâme du religieux ne dirigea jamais son pinceau sur la toile qu'après avoir parlé à Dieu en implorant ses lumières. Faut-il dèslors s'étonner que sous l'influence de cette lumière céleste, ces pinceaux aient en quelque sorte participé à la puissance créatrice de Dieu même?
Mais le travail préféré du moine était le travail des mains," sans doute parce que c'est le travail imposé par Dieu à Thommc pécheur :
tu gagneras ton pain à la sueur de ton front : « Insudorepultus tuipescenspafie{i).it N'estce pas le travail qui laisse à Tesprit une plus grande liberté pour la prière, au cœur plus de ressources pour s'élever à la contemplation de Dieu même, dans ce miroir resplendissant de la nature où veut se peindre la Beauté incréée ?
INFLUENCE DES MOINES SUR l'aGRICULTURE
Quel exemple admirable donné à notre siècle sensuel, que celui de ces légions de moines, dont plusieurs descendaient des marches d'uû trône ! Ils se dirigent avec bonheur vers les campagnes les plus incultes, emportant le printemps de leur vie aux déserts les plus sauvages ; ils les cultivent en s'y sanctifiant, parce que Tair que Ton y respire est plus pur, parce que Dieu s'y
{0 Gen. III.19.