MORT DE PIERRE DE CASTELNAU
« Que Dieu te pardonne, » s'écria-t-il en s'adressant à son meurtrier, « comme je te par- « donne. »
Le corps de Pierre de Castelnau fut enseveli avec honneur dans le cloître de l'illustre abbaye de Saint-GiUes. Plus tard on le transporta dans réglise souterraine du monastère. « Quand on fit sa translation, » écrit Mgr Plantier dans so» instruction pastorale pour rétablissement dans son diocèse du culte du saint martyr^ « ses chairs « étaient intactes^ son sang paraissait vif en- € core ; on eût dit qu'il était inhumé delà veille^ « et de ses reliques, aussi bien que de ses vête- « ments, sortit une odeur tellement suave et € pénétrante, que la foule crut qu'on avait rem- « pli de parfums la pieuse enceinte où Ton dé* < posait le martyr. Le cercueil de marbre qui le « reçut touchait presque au tombeau de saint « Gilles lui-même et semblait vouloir reposer à « rombre de sa gloire.
« Il garda Jusqu'au XVI« siècle le trésor « qui lui avait été confié. Si d'odieuses profa-
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« nations le lui ravirent alors, la mémoire de « celui dont il avait contenu la dépouille n'a « cessé de planer jusqu'à ce jour sur sa pierre « mutilée pour la rendre chère à la piété des « peuples ; et lorsqu'en visitant la crypte si- « lencieuse qui l'abrite^vous arrivez devant Tar- « ceau où ce sépulcre est enchâssé, le gardien « du sanctuaire vous dit avec émotion : Voici « la tombe où pendant plus de trois siècles « dormirent les restes bénis de Pierre de Gas- « telnau. »
A la nouvelle de la mort de son légat, Innocent III écrivait aux évêques de la province: « Frère Pierre de Castelnau qui a répandu « son sang pour la foi et pour la paix a vrai- « ment souffert le martyre. Nous vous exhor- « tons par T Esprit-Saint, nous vous ordonnons, « au nom de Tobéissance, de faire fructifier la c semence qu'il a répandue par sa prédica- « tion. »
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