‹ Saint Gilles et son pèlerinageChapitre 41 sur 81 · RÉFORME AU XVI* SIECLE · texte numérisé non relu

RÉFORME AU XVI* SIECLE

Le vieux serpent de Terreur, dit saint Augustin, change de couleur au soleil de chaque siècle. Il s'efforce ainsi par de nouvelles séductions d'accréditer ' le mensonge et 4^ pervertir les âmes.

Trois siècles étaient à peine écoulés, et déjà une nouvelle doctrine faisait son apparition dans le monde. Enfantée par Torgueil, elle était soutenue par le souffle des passions, dont elle flattait les instincts pervers : c'était le Protestantisme.

Malgré les efforts et les violences des Albigeois, la foi ne fut jamais éteinte dans les cœurs. La fidélité des enfants de St-Gilles,la tombe de son glorieux patron, son monastère à jamais célèbre, attestaient la vitalité de cette église. Le nouvel orage allait détruire ce qu'avaient respecté les Manichéens du XIP siècle.

Excité par les prédications insidieuses des émissaires de Genève et appuyés par le glaive, les Réformateurs ne tardèrent pas à faire ressentir les tristes effets dés doctrines qu'ils ve-

RELIQUES DE SAINT GILLES, ETC. Io5

naient d'embrasser. Sous le nom spécieux de Réforme, ils venaient, comme le sanglier féroce, ravager l'Église, la vigne bien-aiméc du Christ, et corriger ses abus vrais ou supposés, par la destruction.

a Les Religionnaires, » dit Ménard, « n*épar- « gnèrent pas les églises du voisinage. Les tré- « sors qu'elles possédaient furent aussi l'objet de « leur cupidité. De ce nombre fut, entr'autres, « l'église de St-Gilles. Après s'être emparés de « cette ville, ils y firent un ravage étonnant. « Outre les maux infinis qu'ils firent au chapi- « tre, ils détruisirent le couvent des Frères Mi- « neurs et celui des Trinitaircs.

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