HISTOIRE DE LA DÉCOUVERTE
Malgré la tempête qui, tant de fois, s^était abattue sur Saint-Gilles et son monastère, la Crypte restait debout, dans un état de conservation presque miraculeuse^ Elle avait perdu cependant son plus riche trésor t le tombeau
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et les précieuses reliques quMl renfermait avaient depuis longtemps disparu.
Mais ce monument de la foi et de la piété de nos pères envers l'illustre solitaire de la vallée Flavienne allait-il être voué pour jamais à Poubli ? Pour la crypte de saint Gilles comme pour le Calvaire, les splendeurs d'une résurrection glorieuse ne devaient-elles pas succéder aux douleurs de la mort, aux humiliations du Prétoire ?
Écoutons à ce aujet les accents émus de Mgr Plantîer raccmtant à ses diocésains Thistoire de la découverte du tombeau de saint Gilles. On croirait entendre saint Ambroise redisant aux fidèles de Milan Pinvention des reliques des saints Gervais et Protais, quMl avait retrouvées dans « l'ardeur d'un pressentiment prophétie « que. »
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« Notre incomparable basilique de Siatht'* « Gilles avait possédé, dans des siècles anté« « rieurs, le tombeau de Pimmortel solitaire dont « elle portait le nom. Mais ce sépulcre avait « disparu depuis le XVP siècle, si funeste à « tant de monuments sacrés dans nos provin*' « cts. Avait-il été détruit par le fanatisme de « la Réforme ? avait-il été caché dans quelque « abri tutélaire par la piété des iSdèles ? Ques- « tions auxquelles les annales écrites et les tra-* « ditions locales refusaient de répondre. Mais « Ain jour vint, où Dieu daigna faire une grâce 5 « Dominus grattant dédit T^. A peine installé « dans cette paroisse comme curé, M. Tabbé « Goubier sentit en son cœur je ne sais quoi « qui ressemblait au secret présage de saint « Ambroîse « Ardor prcesagii »» Un ins- « tinct mystérieux le poussa, comme malgré
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« lui, à faire commencer des fouilles dans Té- « glise souterraine de Saint-Gilles et sur un point « désigné. Ingrates d'abord, ces recherches ne « tardèrent pas à combler de joie celui qui les « avait entreprises. Sous d'énormes ruines enc tassées dans un intellig«aJt désordre, le pic du « travailleur iSt résonner un tombeau (i). Ace «k bruit sourd mais révélateur, un doux frisson a court dans les veines. On arrive au sépulcre ft d'où il est parti ; nulle inscription ne semon- € tre au regard inquiet qui l'interroge; maison « retourne bientôt la pierre qui le recouvre. O < bonheur ! des lettres grossières, mais dont la « date et la véracité sont attestées par leur « grossièreté même, annoncent que c'est là que « repose le corps de saint iEgidius (2). A l'ins- « tant, sur notre appel, une commission formée « d'hommes aussi compétents qu'honorables
(i) 29 août i865.
(2) Voici rinscription gravée sur le tombeau:
IN. H. TVML. a C.
B. iEGD.
Dans ce tombeau répose le corps de saint Gilles.
DE SAINT GILLES l33
« étudie ce monument avec autant de cons- « ci^nce que de lumière, et les conclusions de « son travail proclament bientôt avec fermeté ce que cette tombe est très-authentiqucment « celle du grand solitaire.
c Mais cette tombe n^était pas entièrement « vide. De nombreux débris d'ossements y rè- « posaient encore. Il s'agissait de savoir .Vils « avaient appartenu au corps du saint abbé.
« Pour éclaîrcir ce point de fait, nous avons « sollicité la nomenclature des reliques de saint « Gilles, dont Toulouse est en possession. Mon- « seigneur Tarchevêque a daigné nous envoyer ce cet inventaire, muni du sceau de Tarchevêc< ché. Deux médecins ont comparé cette énu- « mération soit avec les os que nous possédions « déjà, soit avec ceux que nous avons décou- « verts dans le sépulcre nouvellement retrouct vé ; rien ne se répétait, et tout coïncidait à € merveille. Prenant ensuite Thistoire, nous ce nous sommes rendu compte des parcelles de « reliques emportées autrefois chez divers peu-*
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« pies par la piété des pèlerins; aucun doute « n^est sorti de là pour nous empêcher de re- « garder comice authentiques celles que la Pro- « vidence venais après trois siècles de dispa- « rition, de ramener sous nos yeux... Nous « n'hésitons plus à déclarer que le tombeau « découvert est le tombeau de Saint*Gilles, que « les fragments d^os contenus dans ce sépulcre « ont fait partie du corps du saint abbé ; que « cette tombe et les reliques dont elle est dépo- « sitaire ont droit à retrouver les honneurs de « la vénération publique, et que, pour les si- « gnaler à cette dévotion populaire, dont nous « les estimons dignes^ nous autorisons pour le « 22 octobre (1867) la célébration d^une céré- 4c monie triomphale dans cette crypte^ où leur « gloire, si longtemps évanouie, vient de repaie raître(i). )►
(i) Lettre pastorale de Mgr Févéque de Ntmes^ sur la découverte du tombeau de S« GiUes. Octobre 1867.