‹ Saint Gilles et son pèlerinageChapitre 47 sur 81 · RESTAURATION DE LA CRYPTE · texte numérisé non relu

RESTAURATION DE LA CRYPTE

Le tombeau découvert, il fallait rendre à la crypte quelque chose de cette beauté, ou tout au moins de cet air de décence et de propreté qu^elie avait perdu dans la disparition du tombeau. Un grand travail de réparation allait donc commencer.

Deux choses étaient nécessaires: un zèle ardent et soutenu, une direction intelligente qui disposerait de ressources proportionnées i la grandeur de Tceuvre.

Dieu avait suscité pour cette restauration difficile deux hommes capables de la mener i bonne fin. Le premier, nous Pavons nommé, était le curé de la paroisse, M. Fabbé Goubier. On le verra consacrer à ce travail de réédification tout le zèle de son âme ardente et les talents précieux que le ciel lui avait départis. Le second, M. Révoil, architecte des monuments

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historiques, dirigera sans défaillir jamais, au milieu de difficultés sans nombre, les travaux délicats imposés à sa science et à son dévouement. Une subvention spéciale, ajoutée aux subsides de la fabrique par M. le préfet du Gard^ seront les premières -ressources employées à cette réparation majeure.

Laissons le digne et bien-aimé curé redire à ses paroissiens, dans ce langage que lui inspira toujours et la distinction de son intelligence et la noblesse de son cœur, les détails intéressants de cette grande œuvre.

« Au sud du vieux temple et non loin de la « porte du cloître, une large pierre romaine re- « couvrait le puits tristement fameux dans Phis- « toire du XVP siècle. Objet plein d'intérêt, « surtout comme souvenir traditionnel du voi- « sinage de la grotte de St-Gilies, qui, sans € doute, usait de ses eaux, ce puits, fermé de- « puis plus de trois siècles, ne pouvait toujours € demeurer vouéàTanathème deToubli. Nous € voulûmes qu'il fût ouvert: c'était le j" octo-

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« bre 1 864. Un amas de décombres robstruaient « dans une profondeur de plus de sept mè- € très ; et il fut consolant^ depuis, de voir les € fidèles recourir à cette eau sanctifiée par le € sang des martys et d^en entendre louer la € salutaire bienfaisance.

« Plus tard, une transformation sensible s^o- « pérait dans la crypte, et la vie semblait y « renaître radieuse comme aux jours de ses an- « tiques fêtes. Nous ne devons pas oublier que 4c Dieu rayant destinée à être le théâtre décélère bres immolations, et plus tard la religion de 4c nos pères Payant convertie en cimetière,^ elle « devait toujours garder le caractère solennel- « lement grave et lugubre de son passé

« Or, une première cérémonie sous ces voû- « tes sépulcrales, avant l'heure d'une consécra- « tion définitive au culte des morts, que pou- « vait-elle être, sinon Toffice des trépassés?...'

(1) Mémoires aux fidèles de Saint-Gilles sur les travaux

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Mais les événements providentiels accomplis dans la ciypte, et que nous avons racontés au commencement de ce chapitre, appelaient une transformation plus complète. Il s'agissait de remettre le tombeau en lumière et d'en faire la clef de voûte de l'édifice entier.

Les fouilles étant comblées et les plans définitivement adoptés^ on se mit à réparer avec un art admirable les voûtes, les arcs doubleaux, les piliers et les corniches maltraités par les démolisseurs de diverses époques. On a dit, sans doute avec raison, qu'il était entré dans ce travail difficile autant de matériaux qu'il en faudrait pour édifier une église spacieuse.

Une chapelle rappelant les Confessions des basiliques romaines fut creusée dans la cavité du saint tombeau. Un pavé en mosaïque y fut placé, et une grille, semblable à celles que l'on voit, autour des plus beaux monuments de ce

qui ont amené la découverte du tombeau de leur saint pa* tron.

'restauration de la crypte ijg

genre dans la capitale du monde chrétien, se dressa autour du sépulcre. Des candélabres à treize branches en surmontent les quatre angles. Les pieux fidèles aimeront, dans .les jours de solennités, à les orner de flambeaux, touchant symbole de leur foi et de leur amour pour le grand saint Gilles.

A la tête du tombeau, on remarque un autel antique : c^est celui sur lequel le saint anachorète disait la messe. De l'autel on peut monter dans Tancien chœur, où se célèbrent, à certaines époques de Tannée, les offices solennels établis en l'honneur de la découverte glorieuse du tombeau, et pendant l'octave des morts.

Cinq fenêtres surbaissées et d'une harmonie parfaite avec le reste de l'église donnent une lumière douce à l'église souterraine.

On n'a garde d'oublier, en visitant la crypte, cet escalier à pente douce par lequel les moines descendaient de l'église haute pour célébrer l'office canonial (i).

(i) Extrait de l'Histoire dePinpentioH du tombeau de saint Gilles^ par M, J-M» Trichaud,

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