‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 12 sur 85 · I. Schubert, p. i23--i4i · texte numérisé non relu

I. Schubert, p. i23--i4i

Grégoire ne paraît avoir connu ni Léonce de Byzance, 'inspirateur de la théologie personnelle de Justinien^ li le faux Denys. Il ne paraît pas avoir entendu parer de l'aristotélisme de Jean Philoponos, de cet ilexandrin alors dans tout l'éclat de sa renomqiée, lui avait écrit contre « l'hellénisme » (Jamblique, Proclus), et aussi bien contre le concile de Chalcéioine, car il était ardemment monophysite*. Vers 670, il avait publié un livre sur la résurrection des morts [IIspl àvaa-caaewç). Il distinguait, en bon aristotélicien, la matière et la forme du corps, et soutenait que, par la mort, la matière du corps tombant dans l'indéterminé, il faudrait pour la résurrection qu'une nouvelle matière fût « informée » : là résurrection serait ainsi comme une nouvelle création. Le patriarche Eutychios inclinait à cette doctrine.

Grégoire raconte {Moral, XIV, 72-74) qu'Eutychios avait, dans un écrit, énoncé que notre corps ressuscité sera impalpable, plus subtil que le vent et que l'air. Grégoire s'inquiéta : notre corps sera subtil, pensait-il, mais palpable, subtil a. per effectum spiritalis potentiae », palpable «joercerïtoZe/w naturae ». Grégoire, qui n'avaitrien d'un aristotélicien, connaissaitl'Ecriture. Le Christ avait dit : « Palpez et voyez, un esprit n'a pas chair et os, comme vous voyez que j'ai. » Eutychios répondit à Grégoire, probablement dans une conférence qu'ils eurent ensemble, et Grégoire nous donne un résumé des arguments échangés. Eutychios cependant ne se rendait pas aux raisons de Grégoire, et on put craindre que tout cela ne finît par une rupture.

Le • bon empereur Tibère II intervint. Il manda

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