I. J. Maspb&o, Hist. des patriarches d'Alexandrie (igaS
secrètement le patriarche et l'apocrisiaire, se fit exposer le sujet de leur désaccord, pesa les allégations des deux parties, et jugea que la vérité était du côté de Grégoire. Quant au livre qu'avait publié Eutychios sur la résurrection^ l'empereur se demanda s'il ne devait pas le condamner au feu. Le patriarche et l'apocrisiaire sortirent de l'audience sans que nous sachions s'ils s'étaient accordés. Il arriva qu'ils tombèrent tous deux malades. Eutychios mourut, mais avant de mourir il se rétracta en termes qui ne pou^ voient que donner satisfaction à Grégoire. Celui-ci, constatant que personne ne s'obstinait dans l'erreur qui avait été un temps celle du défunt, ne crut pas devoir poursuivre l'aflfaire, « dissimulavi coepta persequi ». Cette poursuite aurait pu mener très loin.
Tibère II mourut (i4 août 582) bien peu après Eutychios (5 avril). Arrivé à sa dernière heure, le bon empereur désigna pour lui succéder un officier qui s'était distingué à la guerre, Maurice : il lui donna sia fille en mariage. On célébra en même temps l'avènement et les noces. Grégoire connaissait Maurice dès avant son avènement, ce qui lui permettra de lui écrire un jour : « Tu as été mon seigneur, a:lors que tu n'étais pas encore le seigneur de tous*. » Grégoire baptisera le fils de Maurice, le premier né de ses enfants, nous apprend ï Historia Francomm (X, i).
Le patriarche qui a succédé à Eutychios est Jean dit le Jeûneur, élu le ii avril 582. Grégoire, qui aura un jour avec Jean de graves difficultés, avait d'abord estimé sa vertu. Par lui nous savons que Jean n'avait