Coll. Avellan. n. 114 (ed, Guenther, p. 5o
L'Italie, partie intégrante de l'empire byzantin, allait durer deux siècles. L'exarchat de Ravenné, en effet, ne disparut que le jour où, l'ayant repris aux Lombards, Pépin le donna au pape Etienne II, en '754. Mais cette Italie byzantine ne devait durer ces deux siècles qu'à l'état disloqué.
L'année 568, en effet, est l'année où les Lombards ont pénétré en Italie. Quatre ans leur ont suffi pour conquérir, ville par ville, tout le Nord, des Alpes à l'Apennin; encore quelque temps, ils seront à Spolète et à Bénévent. Pavie, prise dès Sya, deviendra leur capitale. Cependant, parce qu'ils n'ont pas de marine, Ravenne, Gènes, Rome, Naples, leur échappent. Il se forme, avec ces débris, des groupements de territoires impériaux, chacun administré par un dux ou un magister militum : l'exarchat proprement dit, c'est-à-dire la région de Ravenne, puis la Pentapole avec Rimini pour ville principale, puis l'Istrie, la Vénétie, la Ligurie, Naples, Rome enfin, cependant que la Sicile et la Dalmatie se rattachent 4irectement à Constantinople. L'invasion lombarde a accaparé le reste de l'Italie, instituant pour ce qui résiste à ses prises un état d'alerte et de petite guerre sans trêve^.
Il y a dans l'œuvre écrite de saint Grégoire un intense sentiment de- la désolation de Rome et de l'Italie, un perpétuel gémissement au spectacle de malheurs publics si extrêmes qu'ils lui semblent des signes indubitables de la fin du monde. Il écrit, en ^pS :
« Nous rie voyons que deuil partout, nous n'enlendons que lamentations de toutes parts. Villes détruites, fortifications renversées, campagnes dépeuplées, la terre réduite en désert. Pas un homme dans les champs, presque plus un habitant dans les