‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 25 sur 85 · J. 1469, juin · texte numérisé non relu

J. 1469, juin

le soin très méthodique qu'en prend le pape. La princesse a fait remettre au pape pour ses aumônes trente livres d'or (la livre valant un peu moins de I.200 francs or). Le pape, en la remerciant, lui fait connaître qu'il destine une moitié de cette somme à racheter des captifs des Lombards, l'autre moitié à donner des couvertures aux religieuses [ancillae Dei) qui sont à Rome, car l'hiver est cette année exceptionnellement rigoureux, et ces pauvres filles souffrent terriblement du froid la nuit. L€ pape leur achètera donc des couvertures (lectisternia). Ces religieuses sont fort nombreuses : d'après la liste de secours sur laquelle elles sont portées [iiixta notitiam quà dispensantur), elles sont trois mille : elles reçoivent annuellement quatre-vingts livres. Mais qu'est cela pour un si grand nombre, surtout dans cette ville où la vie est chère (icbi omnîa gravi pretio emuntur) ?

Les aumônes sont d'ordinaii'e portées au budget d'un évêque de ce temps pour le quart de son revenu, mais peut-on appliquer cette règle à l'évêque de Rome, qui a à subvenir a tant d'imprévu? Une lettre que Grégoire écrira à l'impératrice Constantina nous révèle en raccourci le budget du pape.

« Voici vingt-sept ans que dans cette ville (de Rome) nous vivons sous les glaives des Lombards. Tout ce que cette Église a journellement à leur payer pour pouvoir vivre, je n'ai pas besoin de le représenter. En deux mots, de même que, dans la région de Ravenne, l'empereur a auprès de la première armée d'Italie un sàcellarius qui, à chaque affaire qui survient, pour- >'oit aux dépensesf jour après jour, ainsi, dans cette ville (de Rome), à chaque affaire, c'est moi qui suis le sàcellarius de l'empereur. Cependant cette Église a en même temps à entretenir sonclergé^ ses monastères, ses pauvres, le peuple, et par dessus le marché à payer les Lombards i. »

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