‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 40 sur 85 · J. 1288, décembre SgS · texte numérisé non relu

J. 1288, décembre SgS

somme due, Grégoire l'y autorise i. Un jour, Grégoire reçoit un don magnifique de trente livres d'or. Il demande aussitôt au donateur de pouvoir en consacrer la moitié à racheter des prisonniers, car l'année précédente les Lombards ont pris Crotonc, et « nombre d'hommes et de femmes de la noblesse ont été emmenés à titre de butin : les enfants ont été séparés de leurs pères et mères, les épouses de leurs époux » . On en a racheté quelques-uns, mais combien sont encore aux mains de ces misérables Lombards [nefandissimos Langohardos), car les rançons exigées sont hors de prix^ !

Grégoire ne perd pas l'espoir de persuader Ravenne de traiter. Mais l'évéque Marinianus le désespère par son inertie. Dites-lui, écrit-il à un ami qui leur est commun, le moine Secimdus à Ravenne, dites-lui de « changer d'âme » :

« Qu'il ne croie pas que la lecture et la prière doivent lui suffire. Tl n'a pas le droit de vivre loin de tout et impassible. Il faut qu'il fructifie. Il faut qu'il ait la main large, largam manum habeat^ qu'il coure à ceux qui souffrent du besoin, qu'il considère comme sienne l'indigence d'autrui, alienavi inopiam suam credat, et s'il n'est pas cela, il porte pour rien le nom d'évêque. Je l'ai averti par lettre de songer à son âme, mais il ne m'a rien répondu, rien, ce qui me fait croire qu'il n'a même pas daigné tne lire.,. Que ta dilection.donc, en secret, lui dise tout*. »

Secundus sera l'homme du pape, il s'intéressera à la paix, il prendra contact direct avec Agilulfe. L'exarque Romanns s'entête à ne vouloir rien savoir, rien prévoir, et pas même la conquête possible de la Corse et de la

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