J. i4i3, avril
Sardaigne par les Lombards, que le pape lui dénonce imminente. L'exarque, et cela est bien byzantin, répond aux instances du pape et de son apocrisiaire, Castorius, par un libelle anonyme, qu'il fait afficher de nuit dans Ravenne. Le pape, si déférent d'ordinaire, se redresse en présence de ce défi, et il expédie (avril 5g6] à l'évêque de Ravenne, à ses collègues évêques, aux prêtres, diacres, clercs, nobles, peuple, soldats, résidents ou de passage à Ravenne, une lettre grave et calme, par laquelle il prive de la communion au corps et au sang du Christ l'auteur du libelle, où il est, lui Grégoire, traité de criminel parce qu'il travaille à la paix^. L'auteur du libelle se garda bien de se découvrir.
L'exarque Romanus mourut quelques mois plus tard. Son successeur, Gallinicus, attachait plus de prix à être d'accord avec le pape : une de ses premières démarches sera de venir à Rome pour la fête de saint Pierre. La politique de saint Grégoire n'eut pas de peine à prévaloir. A l'automne de SgS, le roi et l'exarque conclurent la paix, une trêve plutôt, mais c'était la première que connût l'Italie depuis l'invasion des Lombards, depuis trente ans ! Grégoire accueillit avec joie les missi que le roi des Lombards dépêcha à Rome pour annoncer la paix. Nous rendons grâce à votre excellence, lui répond-il, de ce que vous avez écouté notre demande, « petitionem nostranï audientes » , et avez ordonné une paix qui ne peut que servir aux deux parties. Car si, à Dieu ne plaise, elle n'eût pas été conclue, nous aurions vu encore verser le sang des pauvres paysans, « miserorum rusticorum san-