J- 1747» juillet 59g
La volonté du pape se découvre, ferme et ardente. L'envoi de l'abbé du cliçus Scauri est significatif : sans avoir rien d'un légat proprement dit, Cyriacus sera présent au concile. La conduite du concile est attribuée à Siagrius. Le concile est, dans la pensée du pape, chose décidée, «. decrevimus », écrit »il à Brunehaut*. Il écrit dans le même sens aux deux jeunes rois Thierry et Théodebert : « Ordonnez, leur dit-il, si vous voulez ofiFrir à Dieu un grand présent, que le concile se réunisse, sjnodum congregarî praecipite^. » Le bon plaisir royal doit être obtenu. Cependant le temps passe et le concile n'est pas convoqué.
Grégoire ne se décourage pas. Il écrit à Thierry pour la Burgondie, à Théodebert pour l'Austrasie, à Clotairé II pour la Neustrie. <c Congregari synodum iubeatis », dit-il aux trois rois, toujours pressant, toujours déférent. Il écrit à Brunehaut :
«Tous les biens que vous a conférés la munificence divine, tous ceux dont vous a comblée la piété de la grâce d'en haut, parmi tous vos autres mérites incontestables, sont manifestés à tous les yeux en ceci, que vous gouvernez les cœurs sauvages des nations, effera corda gentilium, par l'art de votre prévoyance, et, chose plus méritoire encore, que vous ornez de sagesse la puissance royale. Et parce que vous l'emportez en cela sur bien des nations, vous les surpassez aussi par la sincérité de la foi. Voilà pourquoi nous avons grande confiance en vous pour la correction des désordres^, d
Grégoire, dans une autre lettre, propose à Brunehaut d'envoyer quelqu'un de Rome, comme naguère il avait envoyé Cyriacus, pour se concerter avec les évêques et aviser à la réforme : « Personam^