J. 1873, même tetnps
2. Concilia aevi merovingici, éd. Maâssen (i8g3), p. iSS-iga.
BtXCHESKS, p. 539-540.'
suggérer. La règle subsista, qui avait été observée depuis Clovis, et qui requérait l'intervention du prince dans l'élection des évêques : les rois mérovingiens gardaient ainsi la haute main sur l'épiscopat du royaume. Il faudra attendre d'autres temps et une autre dynastie pour renouer avec Rome.
Au concile d'Arles de 3 1 4, on avait compté trois évêques de Grande-Bretagne, Londres, York, Lincoln, qui suggèrent l'existence d'une hiérarchie plus nombreuse et une Eglise bretonne constituée. Au temps des controverses pour et contre Pelage, saint Germain d'Auxerre est envoyé par deux fois en Bretagne (429 et 447) pour y combattre le pélagianisme, et ce fait encore suppose une Eglise en communion avec l'épiscopat gallo-romain, avec Rome même. L'Irlande est conquise au christianisme, au v° siècle, par saint Patrice, un breton, mais un breton qui a parcouru les Gaules et l'Italie. Que ces chrétientés celtiques aient eu leur particularisme, on ne peut en douter, mais pour autant on ne peut leur attribuer un catholicisme dissident et en faire une Eglise sans relations avec Rome^.
Les premiers Anglo-Saxons s'étaient établis en Grande-Bretagne en 4^8 : c'étaient des barbares, des païens, ils s'emparèrent du pays et restèrent païens.
A l'automne de 5^5, saint Grégoire, ayant confié l'administration du patrimoine de saint Pierre en Gaule au prêtre romain Candidus, lui ordonne de
I. DocHESNE, p, 592-594. Dom GotJGAUD, Les chrétientés celtiques [i g 11), p. -205-211.
prélever sur les revenus du Patrimoine de quoi acheter des Anglais de dix-sept ou dix-huit ans, pour les donner à des monastères et qu'ils y soient formés au service de Dieu. « Et comme ceux qu'on pourra trouver là-bas (à acheter) sont païens, ,on enverra avec eux un prêtre, afin que, si quelques-uns tombent malades en route, ce prêtre puisse leur donner le baptême avant qu'ils ne meurent*. » On infère de là que, sur le marché de Marseille, se pratiquait la traite des esclaves anglais, et l'on suppose, ce qui est moins sûr, que Grégoire voulait faire élever à Rome ceux qu'il donnait ordre d'acheter, avec l'arrière-pensée de les envoyer un jour évangéliser leur pays. C'est peut-être de cette lettre à Candidus qu'e&t née lu célèbre et gracieuse légende : Non angliy sed angeli^.
L'invasion anglo-saxonne avait abouti à la destruction radicale de la civilisation romaine dans la Bretagne occupée, c'est-à-dire dans la moitié orientale de l'île, et à la disparition de la population indigène. Sept royaumes anglo-saxons s'étaient partagé le pays conquis, le christianisme avait été évincé radicalement, il se maintenait seulement chez les Bretons de l'ouest et chez les Scots du nord demeurés indépendants.
Si l'on veut bien peser les termes de la lettre adressée à Brunehaut et de la lettre adressée conjointement aux deux rois Thierry et Théodebert, on découvrira, et ceci n'a pas été suffisamment remarqué, que les premières ouvertures en vue d'une mission chez les Angli furent faites à Rome d'Angleterre même, « Il nous est parvenu, écrit Grégoire aux deux rois,