I. J. 1432, juillet
a. J. 1433, même temps.
3, J, 1434, a3 Juillet 596,
vous aurez ëxëcùté siir ses ordres. Que lé Dieu toiit-puissant vbUs protège par sa grâce, et qu'il m'accorde de voir dans' Tëtèrnelle patrie le fruit de votre labeur. Que, si je ne puis besogner avec vous, je sois avec vous du moins dans la joie de la rétribution, car je veux besogner. Que Dieu vous garde sains et sdufs, fils très aimés.
(t Donné le dix des calendes d'août^ du règne de notre Seigneur Maurice Tibère très pieux Auguste l'an XIV, et après le consulat de notre même Seigneur l'an XIII, indicfion XIV. »
Grégoire est là tout entier, avec son bon sens, avec sa foi, avec son humilité, avec une sinicérité émue dû il n'entre pas la moindre emphase. Et cette lettré si simple est là préface d'tme sorte d'épopée ! Le pape à donné à Augustin des lettres qui. le recommandent aux évêques francs clients de Rome, Serenus de Marseille, Virgile d'Arles, Desideritis de Yienrie, Siagrius d'Autlih, aux rois Thierry et Théodebert, à la reine Brimehaiit. Nous savons que les missidnîiàires furent cbtdialisment accuieillis par le roi de Néustrîé Clbtairè, à Paris. Le pape leur avait enjoint d'emmener avec eux quelqiies prêtres « e vicifio » (ce hë îiéiit être que du nord de la France), pour leur servir d'interprètes en Angleterre*. Ils abordèrent, vers Pâques Sgy, au royaume de Kent, dont le roi, Etlielbert, avait pour femme une princesse frànque, Berthé, fille, du roi Charibert, nièce de Brunehaut : Berthe, qui était chrétienne, ne pouvait pas ne pas avoir préparé la venue des missionnaires romains, on ne s'étonnera donc pas que le roi de Kent les ait reçus avec hoimëiir et les ait iiistallés près dé liii à Cantorbery
t. Ce détail est dans la lettre du pape aux rois Thierry et Théodebert (J, x432) :. « Iniunximus ut aliquos secum e vicino debeaht preâbyteros ducere... m Le fait est conJSi'mé par Bède : « Accèpèrunt, praècipièhte bèato papa Gregorio, de gante Firancorum interprétés ». Hisl. eccl. t, 25.
(Durovernum). Grégoire he tarda pas à apprendre le prodigieux succès de leur prédication, il écrit en effet au patriarche d'Alexandrie Euloge :
« La nation des Angli, reléguée dans un coin du monde, était demeurée jusqu'ici attachée au culte du bois et des pierres, quand, vos prières aidant, je décidai par l'inspiration de Dieu de lui envoyer pour la prêcher un moine de mon monastère. Il a été fait évêque, avec ma permission, par les évêques de Germanie, et avec leur concours il a été conduit à cette nation au bout du monde. Et voici que des lettres nous arrivent qui nous disent ce qu'il devient et ce qu'il a fait : l'éclat est tel de ses miracles et de ceux de ses compagnons, qu'ils semblent dans les prodiges qu'ils multiplient renouveler les vertus des apôtres. A la fête de Noël de cette présente indiction, on nous annonce que plus de dix mille Angli ont été baptisés par l'évêque notre frère ^. »
Cette belle Nativité de Spj avait été précédée, le i^' juin, par une vigile de Pentecôte non moins belle, car ce jour-là le roi Ethelbert avait été baptisé. La conversion des Angli devait être la grande consolation de saint Grégoire. Il écrit à Augustin, episcopo Anglorum, le i^'^juinôoi (J. 1826) :
« Gloria in excelsis Deo,et in ùerra pax hominibus bonne voluntatis. he grain de froment est mort en tombant enterre pour que ne régnât pas seulement dans le ciel celui dont là mort est notre vie, l'infirmité notre force, la passion notre délivrance, celui pour l'amour de qui nous cherchons en Bretagne des frères que nous ne connaissions pas, celui par le don de qui nous avons trouvé ceiix que nous cherchions sans les connaître. Qui pourrait dire quelle joie ici a éclaté dans le cœur de tous lés lidèles, à la nouvelle que la nation des Angli, par, l'opération de la grâce de Dieu tout-puissant, et par le labeur de ta fraternité, Vchassées les ténèbres de l'erreur, a été inondée de la lumière de la sainte foi; que^ résolue, elle marche sur les idoles auxquelles l'assujet-
I. J. i5 18, juillet 598, Grégoire fait ordonner Augustin (c a Germaniarum episcopis ». Il est difficile^ après cela, de penser qu'il a été ordonné par l'évêque d'Arles. Schubert, p. 218.
SAINT GRÉGOIRE ET, L'OCCIDEN'r. 179
tissait naguère une terreur insensée; que, le cœur pur, elle se prosterne devant DieU tout-puissant ?»
Grégoire écrit à la reine Berthe (J. iSaS) : la lettre est portée par le prêtre Laurent et le moine Pierre, qu'Augustin a envoyés à Rome, et qui ont dit au pape tout ce que la mission a dû à la reine de Kent.
« Nous avons béni Dieu tout -puissant qui â daigné faire de la conversion de la nation des Angli votre récompense. De même ju'il a par Hélène d'inoubliable mémoire, la mère du très pieux empereur Constantin, allumé dans les cœurs des Romains la damme de la foi chrétienne, il a par le zèle de votre gloire dans la nation des Angli opéré l'œuvre de sa miséricorde. i^Aussi bien, lepuis longtemps, votre prudence chrétienne inclinait l'esprit de notre glorieux fils votre époux à embrasser la foi qui était la ifôtre, pour le salut de son royaume et de son âme, pour que le lui et par lui vous fût acquise dans les joies du ciel la récompense de la conversion de toute votre nation...
«Vos mérites ne sont pas connus seulement des Romains, qui jnt prié plus ardemment pour votre vie, mais de bien d'autres mcore, et, à Constantinople même, du sérénissime prince... [Jue les anges se réjouissent dans le ciel de votre sainte conduite! »
Grégoire met là en pleine lumière la part prise par la reine de Kent à la conversion du roi et du royaume. N^otez le soin du pape à informer le basiîeus de Constantinople, comme il a informé l'évêque d' Alexandrie : la conversion des j4ngU ne saurait, pour lui, ïtre indifférente à la République pas plus qu'à l'Eglise universelle, et il ne sépare pas ces deux unités dans sa sollicitude.
Encore quelque temps, et Grégoire envoie à Augustin des moines de renfort pour sa mission. Il les recommande (J. i83i) auxévêques d'Arles, de Vienne, de Lyon, de Chalon-sur-Saône, de Metz, de Paris, de Rouen. « La multitude est si grande dans la nation des Angli de ceux qui se convertissent à la grâce de
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la foi chrétienne, que notre révérend et commun frère l'évêque Augustin déclare que ses compagnons ne peuvent suffire à la tâche. » Mailifestenient, le pape s'applique k intéresser l'épisbOpàt franc à la conquête spirituelle de l'Angleterre. Il y veut intéresser pareillement le i-oi Thierry, le roi Théodebert, le roi Glotaire, il leur écrit, comme il écrit à Brunehaut. Il loue celle-ci^ de coopérer avec dévotion et zèle à tout ce qui concerne la propagation de la foi, a quidquid ad propagationem fidei pertinere cogiioscitis ». 11 écrit au roi Ethèlbert- :
(c Hâte-toi, glorieux fils, de propager la foi clirétiehne dans les peuples qui te sont soumis, iniiltipliè le zèle de ta droiture en les convértissaiit, pourchasse lë ciiîte des idoles, renverse les temples, règle les mœurs dé tes sujets en lès exhortant, eii les menaçant, en les Caresscint, fen les corrigeant, eii leur donnant l'exemple dii bien... Ainsi Constantin, le très pieux èiiipëreur, à retiré la République romaine du culte piervers des idoles... »
Puis, saint Grégoire est pris dé scrupule d'avoir excité ainsi le zèle du roi. II écrit^ au chef de la mission, Mellitus, une lettre qui doit le joindre en roule. Dites à Augustin que (f j'ai beaucoup réfléchi au cas des Angli, et que décidément les temples des idoles ne doivent pas être détruits dans cette nation, mais seulement les idoles qu'ils renferment. On fera de l'eau bénite, on en aspergera les temples, on construira des autels, on y déposera des reliques, parce que, si ces temples sont bien bâtis, il faut qu'ils passent du culte des démons au service de Dieu ». Grégoire se persuade que les liéiix de culte restent