‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 6 sur 85 · De Rossi, Inscriptiones^ t. II, p. a · texte numérisé non relu

De Rossi, Inscriptiones^ t. II, p. a

2. Cassiodok. Institut, div. litt. praef. [P. L. t. LXX, p. iio5).

3. On n'a pas de preuve que cette famille se rattache aux Anicii. Voyez sur J. i532, à propos du xenodochium Aniciorum, la note d'Ewald. Et pour les Anicii, Padly-Wissowa, Real- Encyclopaediep art. « Anicius ».

de personnes empressées à apporter leurs condoléances à la famille, ainsi, écrit Grégoire, que c'est l'usage « pour les femmes et les hommes nobles quand ils meurent ».

Nous ignorons la date de la naissance de Grégoire. On est réduit à faire valoir que lui, qui gémit à tant de repjrises de ses infirmités, ne parle jamais de sa vieillesse, d'où l'on infère qu'il était jeune encore quand il devint pape en Sgo. J'imagine qu'il avait cinquante ans bien sonnés, à lire ce qu'il dit {Dialog. II, 2) qu'on ne doit pas être fait doctor animarunij directeur de consciences, avant la cinquantième année. A ce compte, il serait né un peu avant 54o. Nous acceptons cette hypothèse.

Grégoire, qui était peut-être fils unique, car le point de savoir s'il avait un frère reste problématique, fit d'abord carrière de fonctionnaire, lui-même nous l'apprend dans une de ses lettres.

Il rappelle que l'évêque de Milan Laurentius s'est réconcilié avec le Siège apostolique, en s'engageant par une déclaration [cautio) à accepter la condamnation des « Trois Chapitres » . Cette cautio de Laurentius a été contresignée par des nobles romains, qui en devien-. nent ainsi garants : « {Cautio) in qua viri nohilissimi et legitimo numéro suhscripserunty inter quôs ego quoque tune urhanam praeturam gerens pariter suhscripsi » (J. 1273). 11 y a hésitation sur le texte : au lieu de praeturam, on trouve aussi praefecturam^ qui se défend mieux historiquement. On fait remarquer, en effet, qu'il n'y avait plus de préteur à Rome à cette époque, où le vicarius urbis en tenait lieu. Le praefectus urbis avait dans ses attributions les finances, l'édilité, le ravitaillement, la police. Nommé par le préfet du prétoire au nom de l'empereur, il

devait, au sortir de charge, aller à Ravenne rendre ses comptes. Les assemblées du sénat étaient présidées par lùi^. Il était le premier personnage civil de Rome. Admettons que Grégoire a été préfet de Rome.

A Une magistrature de cette élévation n'étaient pas promus des hommes, eussent-ils de la naissance, qui n'auraient pas eu une préparation et une compétence. On a le droit de penser aussi que l'exercice de l'autorité a dû donner à Grégoire une expérience qu'il n'a pas perdue. Il gardera, croyons-nous, de son passage dans l'administration impériale, un sentiment profond de l'ordre et de la suite nécessaires à tout gouvernement responsable. La loi est souveraine. Ce que vous avez laissé faire, dira-t-ilun jour à l'exarque d'Afrique, est c< contraire à la discipline de la République » (J. 1129). « Si, écrit-il encore, dans les offices du siècle on observe l'ordre et la discipline établie » , qui pourrait supporter la confusion dans les affaires ecclésiastiques, la négligence, l'incorrection? « Si saecularihus offlciis ordo suus et tradita a maiorihus disciplina servatur... ». Voilà, peut-on dire, qui est d'un évêque qui se souvient qu'il a été préfet, et qui ne supporte pas le mépris du droit, temeraria praesiimptio, commun, à l'en croire, chez les gens d'Église.

Ce que saint Grégoire a pu être comme magistrat, une lettre en donne quelque idée, qu'il écrit, en SgS, à Leontius exconsul^ envoyé de Cohstantînople pour enquêter sur trois hauts fonctionnaires, le préfet de Rome, le vicaire de Rome, le préteur de Sicile, à leur sortie de charge. Le préteur de Sicile, le plus compromis des trois, a été jeté en prison. Grégoire, qui

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