‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 60 sur 85 · I. ,J. 1829, 22 juin · texte numérisé non relu

I. ,J. 1829, 22 juin

province se gouvernât synodalement, conformément aux saints canons. Le lien symbolique du pallium les rattacherait par leurs métropolitains respectifs au Siège apostolique. Il ne doutait pas que les évêques créés par Augustin ne fussent aussi romains que lui, aussi attentifs que lui à consulter Rome^, aussi attachés que lui à la communion catholique qui avait à Rome sa garantie. Cependant, Grégoire tirait là les plans d'une « neuve Eglise » qui s'édifiera peu à peu, mais qu'il vit à peine sortir de terre. Quand Augustin reçut le pallium, il était l'unique évêque de cette (c neuve Eglise ». Les deux sièges de Londres et de Rochester furent créés par lui en 6o4, l'année de la mort de Grégoire, et Augustin, ayant mis un évêque à Londres, jugea bon de demeurer à Cantorbery.

Quant aux autres évêques de Bretagne, isolés dans les régions de l'Ouest et du Nord qui avaient résisté à la conquête anglo-saxonne, ils se tinrent farouchement dans leur isolement et ne répondirent pas aux

I. Voyez Ewald-Hartaiautî, t. II, p. 332-342? les questions posées à saint Grégoire par Augustin el les Responsa de saint Grégoire. Sur leur authenticité, ibid. p. SSi-SSa, DubDEisr, t. n, p. i3o-i3i, et Grisar, p. :i74- Entre autres choses, la juridiction d'Augustin y est définie. A cette date, il est encore seul évêque en Angleterre, « adhuc solus tu episcopus inveniris ». Il n'a aucune autorité sur les évêques, des Gaules, lesquels relèvent de l'évêque d'Arles. Grégoire confie à Augustin lés évêques bretons : a Britannorum omnium episcoporum tuae curam fraternitati committimus, ut indocti doceantur, înfirmi persuasione roborentur, perversi auctoritate cbrrigantur. » Nous voilà loin de la doctrine qui dénie toute juridiction au pape sur l'Angleterre! A vrai dire, on prête à un abbé de Bangor, Dinoot, une réponse à Augustin qui rejette l'autorité a de celui que vous appelez le pape et qui prétend indûment être le père des pères » •, mais cette réponse est un faux du

XTI° siècle. GoUGAtTD, p, 211.

avances d'Augustin i. L'avenir de l'Angleterre était à Cantorbery, dont Grégoire avait fait une colonie de Rome.

Gibbon, si dédaigneux du christianisme et si méprisant pour Rome chrétienne, en oublie ses tenaces préventions : « La conquête de la Bretagne, écrit-il avec solennité, met moins de gloire sur le nom de César que sur le nom de Grégoire 1^^. » César a débarqué six légions, il a suffi à Grégoire de quarante moines-.

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