‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 65 sur 85 · I. J. 1819, février · texte numérisé non relu

I. J. 1819, février

placet, quidquid iuhet facere^ in eius potéstate est. ■» Nous avons aussi la définition de la limite que le droit ecclésiastique oppose à ce bon plaisir en soi illimité : « Si canonicum est, sequiinur. Si çero canonicuni non est, in quantum, sine peccato nostro valemus , portamus , m Il y a les saints canons, il y a la conscience.

L'empereur Maurice, que certains historiens d'aujourd'hui s'évertuent à présenter comme « le seul des basileis du vi^ siècle qui » paraisse avoir eu un esprit supérieur^ », a été jugé plus sévèrement par saint Grégoire. Dans une lettre qu'il écril, en SgS, à Domitianus évêque de Mélitène, le propre cousin de l'empereur, et réfugié à la cour, on lit enpost scriptum quelques lignes, obscures, sur Maurice : « Vous dites très bien de Maurice, que, dans sa conduite, on connaît la statue par son ombre : avec lui, on juge les grandes choses d'après les plus petites. Dans cette affaire, nous nous fions à lui, parce que des serments et des otages nous lient son âme^. » Nous ignorons de quelle conjoncture il est question là, Grégoire est d'accord avec Domitianus pour dire que l'empereur est impénétrable : on ne voit de la statue que son ombre, et il faut deviner le secret du prince aux infimes indices qui trahissent sa pensée. ..

Grégoire a en permanence à Constantinople un apocrisiaire. La correspondance avec ce chargé d'affaires doit être incessante, carie pape est constamment sollicité d'intercéder pour des quémandeurs ou

I. Maspeko, p. a54-256, Jugement phis sévère chez Duddekj t. II, p. 253.

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des plaignant!. Il n'est pas jusqu'à des personnages de Constantinople qui ne demandent à Grégoire de les appuyer à la cour. Le régime le voulait, qui faisait du bon plaisir du prince le ressort suprême. Grégoire, dans sa prudence, craint d'importuner. Cependant, quand il le faut, il parle courageusement, mais de quels niénagements se précautionne son courage!

La première lettre du pape à l'empereur est une lettre par laquelle Grégoire demande que soit rapportée une loi qui blesse sa conscience. Un saint Ambroise l'aurait écrite dans le même esprit, mais d'un autre style : il n'aurait pas eu l'obséquiosité de Grégoire se déclarant « indignas pietatis çestrae Jamulus », protestant qu'il ne parle pas comme évêque, ni comme serviteur à bon droit delà République, << neque ut sertfus iure rei publicae », mais comme un simple particulier, « iure priuato loquor'^ ». Tant de prosternement était-il donc d'étiquette à la cour de Constantinople?

La loi que Grégoire veut faire rapporter est une de ces lois comme on en a tant vu depuis Justinien, par lesquelles le basileus légifère sur la discipline ecclésiastique. Elle interdit à quiconque appartient aux administrations publiques d'être élevé à un office ecclésiastique. Grégoire approuve sans réserve cette disposition^. La même loi interdit aux mêmes sujets de se faire moines, et elle l'interdit pareillement aux militaires 3. Cette interdiction est jugée par le pape

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