J. 1292, avril
Grégoire écrivit sans retaird à son apocrisiaire à Cdnstantinople.
« Quand, dit-il, j'ai appris que Maximus avait été consacré témérairement, je lui ai fait tenir une lettre lui interdisant de célébrer solennellement la messe, jusqu'à ce que j'apprisse des sérénissimes seigneurs ce qu'ils ordonnaient de lui. Cette lettre, officiellement publiée et affichée dans Salone, il l'a fait déchirer publiquement, et son mépris du Siège apostolique s'est exalté de plus belle. Tu sais comment je prends ces choses : je suis prêt à mourir, plutôt que de voir amoindrir, moi vivant, l'Eglise du bienheureux apôtre Pierre. Tu connais bien mon caractère, je supporte longtemps, mais, si j'ai unes.fois décidé de ne plus supporter, je marche joyeusement, en dépit de tous les périls*. »
L'empereur Maurice protesta qu'il n'avait pas sciemment donné l'ordre de faire consacrer Maximus évêque de Salone, et qu'il trouvait juste que Grégoire enjoignit à Maximus de comparaître à Rome pour y être jugé. L'empereur « aimait la discipline, maintenait l'ordre, vénérait les canons et ne s'ingérait pas dans les causes ecclésiastiques », Grégoire l'assure du moins 2. C'était beaucoup dire! L'empereur^ en effet, exigeait que Maximus, s'il venait à Rome pour se disculper, y fût reçu « cwn honore » , ce qui revenait à dire que le pape tiendrait sa consécration pour valide. Grégoire écrivit a l'impératrice Constantia sur cet article bien difficile à accepter.
« Si, dit-il, les causes d'évêques de mon obédience sont à la cour des très pieux seigneurs réglées par les patrons (que ces évêques y trouvent), qu'ai-je à faire dans cette Eglise (de Rome), malheureux que je suis? Mes évêques me tiendront pour rien, et ils chercheront contre moi un refuge auprès des juges séculiers, et ce sera la punition de mes péchés. Certes, je puis