J. 1704, juillet
« patriarche œcuménique * ». Pélâge II crut découvrir dans ce titre la prétention de l'évêque de la ville impériale à s'attribuer une autorité s' étendant à tout l'univers : ordre fut donné à l'apocrisiaire romain de ne plus se montrer aux messes solennelles du patriarche. Pelage II mourut, l'empereur Maurice insistant pour que la paix fût rétablie entre son patriarche et le pape, l'apocrisiaire romain reparut aux messes du patriarche : on ne laissa pas cependant ignorer de Rome à celui-ci que l'on comptait qu'il avait compris 2.
Sur ces entrefaites, deux prêtres, qui avaient été condamnés synodalement à Constantinople , firent appel à Rome. Le pape réclama les gesta du synode qui les avait jugés. Le patriarche fit la sourde oreille. Grégoire haussa le ton : « Si, dit-il, je vois que l'on ne garde pas les canons au (nom desquels réclame le) Siège apostolique, Dieu me dictera ce que je dois
1. Le titre de « patriarche œcuménique » est un titre qui, dans la titulature byzantine^ date, croyons-nous, du schisme d'Acace (484-^ 19) • à cette époque, il exprimait la primauté du patriarche de Constantinople en tant que Reichspatiiarch, et exprimait aussi son indépendance vis-à-vis de Rome. Voyez G. Krueger, art. « Johannes IV" Jejunator », p. 5o4 de la Realencyklopaedie de Hauck, et déjà H. Gelzer, « Der Streit ûber den Titel des okumenischen Patriarchen », Jahrbûcher fur prot. Théologie, 1887, p. 568. Le schisme fini, le titre a survécu, vidé de sa signification anti-romaine, mais gardant sa signification'* de primauté effective sur l'épiscopat byzantin d'Orient. En prenant ce titre à la lettre, en concevant le patriarche œcuménique comme l'évêque de l'univers, on peut dire qu'il y a malentendu, car otxou|i£vri ne désigne pas l'univers, mais l'empire. Cependant, soit Pelage II, soit saint Grégoire, ne se trompaient sans doute pas sur les arrière-pensées du patriarcat, qui avait dessein d'exploiter l'équivoque du terme.