J. 1357, i^"" juin SgS
faire contre ceux qui le mépriséiiti. 6) Le patriarche se décida alors à expédier à Rome les gesta que Rome réclamait. Cette expédition allait faire éclater l'orage, car dans ces gesta le titre donné avec insistance à Jean le Jeûneur était de patriarche œcuménique.
Aussitôt Grégoire écrit à son apocrisiaire Sabinianus^. Il lui dit que l'empereur Maurice lui a recommandé de garder la. paix avec le patriarche. Le pape voit là une manœuvre astucieuse de ce dernier : on a escompté que je déférerais à l'invitation du prince, et c'eût été confirmer l'usurpation, ou que je n'y déférerais pas, et ce serait irriter le prince. « J'irai droit devant moi, et dans cette affaire je ne craindrai que Dieu. »
« Quand nous n'obtenons d'aucune manière d'être protégés contre les glaives des Lombards, quand pour l'amour de la République nous avons perdu notre argent, notre, or, nos domaines, jusqu'à nos vêtements, c'est trop d'ignominie que per eos nous perdions encore la foi! Car ce n'est rien d'autre que perdre la foi que de tolérer ce vocable scélérat. »
Per eos, Grégoire désigne l'empereur Maurice, et nous découvrons une fois de plus ici ses ressentiments de romain et d'évêque du Siège apostolique contre ce qu'il sent être la trahison byzantine. La lettre qu'il écrit à l'empereur 3, plus contenue, et d'un loyalisme sincère, est surtout un réquisitoire sévère, trop sévère, contre le patriarche « qui trouble toute l'Eglise ». Ce titre de superbe dont il se pare est une offense aux lois*, aux conciles, aux préceptes du Christ. Saint