‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 82 sur 85 · I. J. 199a, janvier · texte numérisé non relu

I. J. 199a, janvier

fêtes, je puis me lever trois heures pour célébrer les missarum solemnia. »

Il écrit, en décembre 6o3, à la reine Théodelinde : « Vos envoyés m'ont trouvé malade quand ils sont arrivés, et à leur départ râ'ont laissé à toute extrémité. Si, avec le secours' de Dieu, je guéris, je répondrai . ponctuellement » à toutes vos demandes (J. 1925). Il n'eut pas à écrire d'autre lettre à la reine, il mourut le 1 2 mars qui suivit.

Nous voudrions avoir un récit de sa mort. Il y a dans ses Dialogues de si belles morts par lui racontées, que l'on rêverait de le voir mourir, par exemple, comme saint Benoît, qui prédit le jour où il mourrait, et qui, ce jour-là, exténué de fièvre, se fit porter dans l'oratoire du monastère, reçut le viatique du corps et du sang du Seigneur, et voulut mourir priant et debout, entre les mains de ses moines qui lé soutenaient [Dialog. II, 3^). Ou encore on imaginerait que Grégoire mourut comme était morte sa tante Tarsilla, à qui son aïeul le pape Félix III était apparu en songe pour lui annoncer sa fin prochaine : « Viens, je t'accueille dans cette demeure de lumière. » Elle avait été prise de fièvres, elle était arrivée à son dernier jour. Comme son lit de mourante était entouré de personnes venues nombreuses pour consoler sa famille, elle leva tout d'un coup les yeux au ciel, elle vit le Sauveur qui venait à elle, et d'une voix forte elle dit aux gens qui se pressaient autour d'elle : « Retirez-voiis, retirez-vous, Jésus vient » (IV, 17). Aucun témoin n'a écrit le récit de la mort de saint Grégoire.

Dans le concile romain de juillet SgS, Grégoire avait porté un décret que nous devons rappeler ici.

<f Comme, tout indignes que nous sommes, les fidèles nous vénèrent par respect du bienheureux apôtre Pierre, il convient à notre infirmité de se reconnaître toujours, et de repousser le fardeau de la vénération que l'on voudrait lui prodiguer. L'amour des fidèles pour les recteurs de ce siège leur a suggéré la coutume injustifiée de couvrir, au temps de leurs funérailles, leur corps de dalmatiques, que le peuple [ensuite met en morceaux et se partage comme des reliques de saints; et tandis que l'on a tant de velamina qui ont touché les corps saints des apôtres et des martyrs, on demande à des corps de pécheurs ce que l'on conserve ensuite en grand respect. Par le présent décret nous interdisons de voiler d'aucun linge leferetrum qui porte le corps du pontife . à sa sépulture ^ . Je charge de l'exécution de ce décret les- prêtres ' et les diacres de ce siège. Si quelqu'un d'eux manque à l'observer, qu'il soit anathème. — Tous répondirent : Qu'il soit anathème. »

Le jour même où il mourut, 12 mars, Grégoire dut être porté de Vepiscopium du Latran à la basilique de Saint-Pierre 2, où il fut enterré dans le portique, à gauche, à côté de l'entrée du secretarium. Il reposerait là dans la compagnie des deux plus grands papes qui l'avaient naguère précédé, saint Léon et saint Gélase, en attendant qu'il fût transféré, deux

I. Dialog. IV, 40 ) Grégoire raconte du diacre romain Paschasius, qu'il mourut sous le règne de Symmaque et que « eius dalmaticam feretro superpositam daemoniacus tetigit statimque salvatus est ».

a. De Rossi. Insciiptiones, t. II, p- 228, se fondant sur un itinéraire duviii^ siècle^ veut que Grégoire soit mort dans un des hospices voisins de la basilique de Saint-Pierre, où l'auteur du dit itinéraire a vu « Gregorii lectum, patris sancti^ in quo spiritum reddidit Deo datori dignum munus ». Au temps du pape Hadrien, il existait en avant de la dite basilique un « hospitale sancti Gregorii » [Lib. pont. t. I, p. 5o6), mais il était distinct de l'« oratorium beati Gregorii ubi eius lectus habetur » [ibid. t. II, p. 196) du temps d'Etienne V. La présence d'un lit attribué à saint Grégoire a pu suggérer qu'il était mort là.

siècles plus tard, par Grégoire IV dans l'intérieur de là basilique. Sa tombe primitive fut décorée d'une épitapbe métrique, dont nous possédons le texte, et même quelques fragments de marbre*. Le poète a voulu s'exprimer en style noble : il manquait d'art, mais il a noté non sans justesse quelques traits de saint Grégoire, ses aumônes, ses écrits, la conversion de l'Angleterre. Il termine par deux vers qui ont l'ambition d'être classiques, et dont un mot au moins est magnifique et restera :

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