I. Sur cette Rusticiana, Pattlt-W. s. v
a. H. Grisar, San Gregorio Tnagno{ï<^o^)^ p. 6.
clivus Scàuri. Ne pensons pas à une demeure du type pompéien : le type pompéien est à peu près inconnu à Rome, où les demeures privées s'adaptent aux conditions fortuites du terrain et aux dissymétries qu'elles imposent. On en peut juger par les restes de la maison romaine qui a été retrouvée dans le sous-sol de la basilique de Saints-Jean-et-Paul, maison du iii^ siècle sans doute, témoin sa belle décoration picturale païenne, maison restaurée plus tard, témoin les peintures chrétiennes qui y furent exécutées au iv® siècle, construction sans plan d'ensemble, et plus en hauteur qu'en surface, puisqu'elle avait au-dessus de son rezde-chaussée deux étages. La maison de saint Grégoire, qui était de l'autre côté de la rue, devait être une maison du même genre, une vieille maison plusieurs fois rajeunie, une maison assez grande pour y installer une communauté d'ailleurs peu nombreuse.
Grégoire mit son monastère sous le vocable de l'apôtre saint André, frère de saint Pierre.
Dans une lettre de 6oi (J. 1816), le pape remercie une romaine réfugiée à Constantinople de l'aumône qu'elle a faite au monastère de Saint-André*. Il lui dit
I. Cette romaine est Rusticîana /Jû^nc/a dont il sera parlé plus loin. La question se pose ici de savoir si l'inscription métrique en l'honneur de la Mère de Dieu (Inc. : Firgo parens kac lucé), dont le dernier vers est
PROTEGAT ILLE TUUM RUSTICIAÎIA GENUS
n'aurait pas été composée en l'honneur de Rusticiana patricia, plutôt qu'en l'honneur de la femme de Boëce elle aussi appelée Rusticiana. De Rossi, Inscriptiones, t. II, p. 109-110, publie le texte de l'inscription, qu'il conjecture avoir' été placée dans la maison paternelle de Grégoire, mais il n'a pas pensé à notre Rusticiana.
que l'apôtre a un soin si particulier des moines de la communauté que vraiment on dirait qu'il est l'abbé du monastère. Et Grégoire, pour édifier la donatrice, lui raconte l'aventure d'un moine qui, ayant dissimulé quelques nummi d'une somme qu'il devait rapporter au monastère, fut tourmenté par le démon jusqu'à ce qu'il eût confessé sa faute. Grégoire raconte de même l'histoire de deux autres moines qui ont conçu le dessein tie s'évader du monastère et qui miraculeusement y sont demeurés. Deux autres moines ont réussi à s'évader, ils ont fait semblant de prendre la voie Appienne a comme s'ils allaient à Jérusalem », mais ils ont tourné ensuite et sont allés se cacher dans des cryptes au delà de la porte Flaminienne : le soir venu, leur fuite découverte, on est parti à cheval à leur recherche, on les a miraculeusement trouvés dans leur cachette et ramenés au monastère : Grégoire assure que ce miracle les a rendus meilleurs, miraculo meliorati.
Au déclin du ix° siècle, Jean Diacre a connu le monastère du clivus Scauri, qui avait passé pour lors à des moines grecs [P^ita G. IV, 82). Les trois oratoires qu'il signale, l'un de la Vierge, l'autre de saint Séverin, le troisième de sainte Barbe, ont toute apparence de n'être pas du temps de saint Grégoire (IV, 88-89). Jean Diacre parle d'un atrium, au milieu duquel est une fontaine, nymphium. Dans cet atrium il signale deux peintures, iconiae^. La première repré-
, I. Saint Grégoire aimait les imagines. Étant pape, il apprend que l'évêque de Marseille, Serenus, a prescrit de détruire les imagines dans les églises, sous prétexte que quelques fidèles les adorent. Le pape blâme le zèle mal inspiré de Serenus. « La peinture, lui écrit-il, sert dans les églises aux illettrés : ce qu'ils voient peint sur les murs est un livre qu'ils lisent, eux qui ne
sente saint Pierre assis avec debout devant lui à sa droite un personnage qui est Gordianus, le père de saint Grégoire. La seconde peinture représente, assise, Silvia, sa mère. La description que Jean Diacre fait de ces peintures est minutieuse et d'autant plus suspecte : l'art du vii^ siècle ne comportait pas tant d'intentions etde nuances. Le portrait de Silvia portait l'inscription :