‹ Saint HilaireChapitre 11 sur 101 · CHA.PITRE II · texte numérisé non relu

CHA.PITRE II

l'ÉPISCOPAT. LES PREMIÈRES LUTTES

L'évêque de Poitiers mourut; c'était, croit-on, Maxence, frère de saint Maximin de Trêves; le vœu des fidèles et du clergé désigna Hilaire pour son successeur : qu'un tel choix ne nous étonne pas. a Longtemps après les apôtres, a dit le cardinal Pie, c'était des chaises curules et des fonctions de la magistrature, de l'administration ou de l'enseignement, que procédaient des pontifes tels qu'Hilaire, qu'Ambroise, qu'Augustin et la plupart de nos premiers évêques des Gaules et de la France même*. » Sans doute, lorsque des suffrages unanimes le demandaient pour pasteur, Hilaire était çncore engagé dans le mariage. Son épouse vivait, car quelques années après, nous la rencontrerons expliquant à une fille chérie la lettre grave et charmante que son père lui

I . Instruction pastorale sur un devoir urgent de la génération actuelle envers le sacerdoce, (Carême de 1877.}

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avait envoyée du fond de Texil. Mais au siècle d'Hilaire, racclamation de la foule, Tappel de Dieu prenaient parfois, au seuil du foyer domestique, le futur ministre de TÉglise; seulement, une discipline qui, par rapport à Tépiscopat, était rigoureuse, imposait à l'élu la loi de la continence. Cette loi, l'élu ne pouvait l'accepter que inoyennant le consentement de sa femme. L'épouse d'Hilaire, donnant un exemple qui a rencontré plus d'une émule, se résolut à ne plus apercevoir désormais son époux qu'à l'autel, transfiguré dans la flamme du sacrifice, et à ne plus l'aimer que comme une fille ou comme une sœur.

Sur la date de l'entrée d'Hilaire dans l'ordre ecclésiastique, nous sommes réduits à des conjectures. Hilaire fut exilé en 356; or, lui-même nous apprend qu'alors il était déjà évêque depuis quelque temps, aliquantisper^ , Cet alùjuantisper est vague; mais si, avec Sulpice Sévère, nous plaçons avant l'exil d'Hilaire les premières relations de l'évêque de Poitiers et de saint Martin, et les divers événements qui les marquèrent, force est d'allonger ce quelque temps ^ aliquantisper, que nous lisons au livre Des Synodes^ et de nous ranger à l'avis de Tillemont. « On peut juger, dit l'exact historien, qu'il y eut bien quatre ou cinq ans entre l'ordination (d'Hilaire) et son

I, De SynodiSy n, 91,

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exil. Ainsi il ne peut avoir été fait évêque beaucoup plus tard qu'en 35o*. »

Nous avons nommé saint Martin ; le miséricordieux vétéran devenu un infatigable apôtre, est, à vrai dire, la plus glorieuse conquête d'Hilaire. a Martin, dit son biographe, Sulpice Sévère, abandonnant la milice, alla trouver saint Hilaire, évêque de Poitiers, renommé pour sa foi; il demeura quelque temps auprès de lui. Hilaire essaya de se l'engager plus étroitement en lui conférant le diaconat, et de l'attacher ainsi au service de Dieu ; mais Martin lui opposa une résistance opiniâtre, se déclarant indigne d'un tel honneur. La haute intelligence d'Hilaire comprit qu'on ne pourrait enchaîner Martin qu'en lui proposant des fonctions qui semblassent le rabaisser. Hilaire enjoignit donc à Martin de recevoir l'Ordre d'exorciste, et Martin n'osa refuser, de peur de paraître dédaigner l'humble office qui lui était oflFert. A quelque temps de là, un songe l'avertit de retourner dans son pays, et de faire à ses parents, encore esclaves de l'idolâtrie, une visite inspirée par l'intérêt de leurs âmes. Martin se mit en route sur le conseil d'Hilaire qui, par ses prières et ses larmes, l'avait supplié de revenir*. »

Arrivé en Pannonie, Martin eut la joie de con-

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