I. Jd Consiantium Âugustitm, lib. I, n
•i, L'Église et r Empire, etc., a* partie, chap. iy.
Digiti:
L'ÉPISGOPAT. 33
ses préparatifs militaires contre les barbares, ne prêtait aux affaires religieuses qu'une attention distraite, en revanche, le primat d'Arles, Saturnin, veillait. « Cet évêque, emporté et factieux », comme le nomme Tilleraont*, retranché de la communion ecclésiastique par ses collègues des Gaules, convoqua, pour les punir et se venger, un concile à Béziers. Les conciles que Tertullien appelait la « représentation de tout le nom chrétien* j>, ont été plus d'une fois, aux mains de l'Eglise, une arme puissante et décisive contre Terreur, — témoins les assises de Nicée et de Sardique ; — mais trop souvent aussi, les patrons de l'hérésie tentèrent de retourner cette arme contre la doctrine catholique et ses défenseurs. Sous Constantin et sous Constance, T^'r, Jérusalem, Constantinople, Philippopolis, Sirmium, Antioche, Arles, Milan, virent s'assembler des évêques uniquement occupés à renier la foi de Nicée et à perdre Athanase ; Hilaire allait partager avec Athanase l'honneur de cette haine. Accompagné de quelques évêques, il se rendit au conciliabule de Béziers, mais il y parut comme un accusateur. « Contraint par la faction des faux apôtres d'aller au synode de Béziers, a-t-il dit, j'offris de leur démontrer leur erreur. Mais eux, craignant d'être
2, DejejuniiSy cap. xiii.
Digiti:
publiquement confondus, ne voulurent pas écouter mes preuves. Ils espéraient tromper le Christ lui-même et le persuader de leur innocence, s'ils refusaient d'apprendre ce qu'ils étaient cependant résolus de faire. Et depuis ce temps, j'ai toujours été en exil*.... »
C'est de l'exil qu'Hilaire datait ces fortes paroles, car c'est par un ordre d'exil, arraché à la dédaigneuse indifférence de Julien, que Saturnin et ses complices avaient répondu aux défis de leur contradicteur. Au sortir de l'assemblée prévaricatrice, en juin 356, l'évêque de Poitiers et son frère d'armes, Rhodane de Toulouse, dont il avait souvent soutenu le courage, s'acheminèrent vers la lointaine Phrygie, province assignée à leur exil. Rhodane devait y mourir. A cette région, antique théâtre d'un paganisme effréné et naguère berceau des folies montanistes, Hilaire allait faire entendre le langage de la plus ferme raison comme de la doctrine la plus haute.