I. De Synodis, n
a. S. HieroQjmi, Dialog, adversus Luclferianos^ n, 19.
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vue du mal, une telle douleur et une telle épouvante, qu'ils étaient portés à en exagérer les ravages.
Saint Augustin répondait au donatiste Rogatien qui lui avait objecté le texte d'Hilaire : « Qui ne sait qu'en ce temps-là, beaucoup de chrétiens d'une faible intelligence avaient été déçus à ce point par un langage obscur, qu'ils se sont imaginé que les ariens partageaient leur foi? D'autres, par crainte, feignaient d'adhérer à l'erreur arienne. Ils ne marchaient pas dans la vérité de l'Evangile, mais ils se sont amendés : refuserais-tu d'approuver un pardon qui déjà leur a été accordé ? » Puis, l'évêque d'Hippone expose la doctrine de la catholicité de l'Eglise, société miséricordieuse d'où les faibles et les pécheurs ne sont pas exclus.
« L'Église, qui va grandissant parmi tous les peuples, s'est conservée, et jusqu'à la fin, jusqu'à ce qu'elle se soit incorporé même les nations barbares, elle se conservera dans cette partie d'elle-même qui est comme le froment. C'est que l'Église réside dans ce bon grain que le fils de l'homme a semé et qui, selon sa prophétie, croîtra au milieu de l'ivraie, jusqu'au temps de la moisson. Le champ, c'est le monde; le temps de la moisson, c'est la fin du siècle présent.
« Hilaire regardait donc ces dix provinces comme l'ivraie, non comme le froment; ou bien, s'il y voyait le froment, c'était un froment menacé,
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et il mesurait à la grandeur du péril la véhémence de ses avertissements*.... »
Quelle que fût parfois d'ailleurs la sévérité de son langage, Ililaire allait accomplir en Asie Mineure une œuvre de paix et d'unité. L'ouvrage même auquel nous avons fait quelques emprunts, était destiné à rapprocher les unes des autres, dans Taccord d'une même foi et d'une même charité, des Eglises qui se regardaient d'un œil défiant, qui se reprochaient des erreurs contradictoires. « 11 s'appliqua, dit Ceillier, à éclaircir les différents soupçons qui régnaient entre les évêques des Gaules et de Bretagne et les évêques d'Orient ; car ceux-là accusaient les Orientaux d'arianisme, et ceux-ci croyaient les évêques des Gaules dans les sentiments de Sabellius*. » Hilaire voulait rendre aussi aisé que possible Taccord avec des hommes que la crainte d'un terme cependant consacré par l'Église, que certaines faiblesses pusillanimes retenaient aux rangs extrêmes de ce que j'ai nommé la droite semUarienne. Certes, il n'abandonne pas le mot adopté à Nicée, et il a raison, car les formules dogmatiques sont comme des forteresses où la foi se sent protégée sans être asservie. Mais avec quel soin religieux, presque scrupuleux, Hilaire écarte les sens grossiers et