‹ Saint HilaireChapitre 20 sur 101 · I. EpisU XCIII, n. 3i, 3a · texte numérisé non relu

I. EpisU XCIII, n. 3i, 3a

a. Histoire générale des auteurs ecclésiastiques^ Saint Hilaire^ chap. 1, art. i.

Digiti:

faux que Ton prétendait donner à Vhomoousios (de même substance)! Il veut qu'on l'emploie avec précaution; il consent même à ce qu'on le taise quelquefois [Potest una substantia pie dici et pie taceri, n. 71); il ne rejette pas absolument Yhomoiousios (semblable en substance), qu'il croit susceptible d'un sens irréprochable (Prœdicantes itaque,,. similem Filium in omnibus Patri, nihil aliud quant sequalem prsedicamus ^ n. 78).

De tels ménagements qui ne coûtent rien à la doctrine, et qui n'ont d'autre but que de la faire accepter tout en réconciliant et en pacifiant les âmes, sont de tradition dans l'Eglise. « Presque au même moment, écrit le duc de Broglie, soit par l'effet de communications écrites, soit par la rencontre naturelle de deux hommes de bien et de génie, Allia nase, toujours instruit de tout, du fond de sa retraite, était arrivé à la même pensée, et déclarait très haut dans ses lettres qu'il fallait distinguer avec soin les ariens purs de ceux qui n'étaient arrêtés que par le mot consubstantiel^ , » Saint Grégoire de Nazianze usera aussi d'une charité discrète à l'égard de certains semi-ariens; et, au V® siècle, le victorieux antagoniste de Nestorius, l'auteur de ces Anathématismes dont s'alarmaient Jean d'Antioche et Théodoret, saint Cyrille d'Alexandrie lui-même aura de ces condescea-

I, V Église et V Empire, etc., a* partie, t. I, chap. iv.

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dances auxquelles semblait répugner son impérieuse nature. c( D'une main, a dit MgrDuchesne, Cyrille contient, aux dépens de sa popularité, Timmense armée des monophysites qui se flattaient de l'avoir pour chef; il tend l'autre à l'Orient syrien, rival traditionnel de l'Egypte. Dans cette attitude, Cyrille est au sommet de sa carrière et de sa gloire*. »

D'ailleurs, Hilaire exhortait les .Orientaux à accepter la formule nicéenne. Qu'importait qu'en 270 le concile d'Antioche eût condamné Yhomoousios ? C'avait été dans le sens matérialiste et grossier que lui attribuait Paul de Samosale. Paul affirmait à tort Vhomoousios ; mais les ariens le niaient-ils à bon droit? Autrefois, quatre-vingts évêques l'ont rejeté; mais naguère, trois cent dixhuit l'ont reçu.... « L'autorité des anciens est grave, la sainteté de ces derniers est- elle de peu de prix? Si les deux conciles se sont contredits, soyons des juges et portons l'arrêt qui nous paraîtra le meilleur; mais si l'un en condamnant, l'autre en approuvant, ont affirmé la même doctrine, pourquoi renverser ce qu'ils ont si bien établi*? »

L'évêque de Poitiers termine son ouvrage par d'humbles aveux et d'humbles prières. « Frères bien-aimés, dit-il, j'ai franchi les bornes où le sen-

1. Cité par Mgr Baltifol dans Anciennes littératures chrétiennes, La littérature grecque^ p. 3og.

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