‹ Saint HilaireChapitre 27 sur 101 · I. V Église et r Empire, etc., a* partie, chap. iv · texte numérisé non relu

I. V Église et r Empire, etc., a* partie, chap. iv

il n'était cependant pas la représentation intégrale de l'Église latine, il ne pouvait même pas l'être. « C'est un fait avoué qu'il n'était pas œcuménique, » ditBossuet : « mais il ne fallait pas oublier qu'il ne fut pas même de l'Occident tout entier, puisque l'on convient que le Pape qui en est le chef particulier, pour ne point parler des autres évêques, n'y fut pas même appelé*. » L'illustre controversiste s'attache ensuite à excuser par la surprise, l'inadvertance, la contrainte, les défaillances promptement réparées d'ailleurs des Pères de Rimini ; pour nous, c'est l'assemblée de Séleucie surtout qui nous occupe et c'est là que nous accompagnerons Hilaire.

L'évêque de Poitiers se rendit à Séleucie, dans une des voitures fournies par l'administration impériale. Les Bénédictins ont cru qu'il avait été particulièrement invité à ce concile où ne parurent ni Eusèbe de Verceil ni Lucifer de Cagliari, sur la recommandation de Basile, évéque d'Ancyre. Basile était semi-arien, mais comme plus d'un partisan de Vhomoiousios^ il redoutait le radicalisme impie d'Aétius et de l'extrême gauche arienne, et il comptait sur l'intrépide résistance qu'Hilaire saurait y opposer. « Ce fut, dit Tillemont, traduisant Sulpice Sévère, une conduite

1 . Deuxième Instruction pastorale sur les promesses de /esus^Christ à son Église^ n. I07«

Digiti:

bien particulière de la Providence, de faire venir en ce lieu où Ton devait traiter des matières de la foi, un homme aussi éclairé que saint Hilaire*. »

Fortunat rapporte une conversion accomplie par Tévêque de Poitiers, pendant son voyage. « Un dimanche, Hilaire était entré dans l'église d'une bourgade qui se trouvait sur son chemin; aussitôt, une jeune fille païenne, nommée Florentia, fendit la presse du peuple, criant à voix très haute que le serviteur de Dieu venait d'arriver. Accourant afux pieds d'Hilaire, elle le supplia de faire sur elle le signe de la croix, qui devait la ranger parmi les catéchumènes. Florentius son père, et toute sa famille, imitèrent la jeune fille et furent baptisés ensemble au nom du Seigneur. Florentia, laissant ses parents, s'attacha aux traces d'Hilaire qu'elle suivit jusqu'à Poitiers*. » Elle y est honorée comme sainte le i®"" décembre.

Hilaire arriva enfin à Séleucie et y fut accueilli avec faveur. La majorité semi-arienne (d'après saint Hilaire, elle était de cent cinq membres) espérait sans doute que l'illustre saint la défendrait contre les audaces de la secte anoméenne. Celle-ci, que dirigeait le cauteleux Acace de Césarée, comprenait une vingtaine d'adhérents. Seuls, à l'exception de Georges d'Alexandrie, les

1. Mémoires^ etc., Saint Hilaire^ art. xi, Sulp, Severi Historia sacra^ lib. II, n. 43*

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