‹ Saint HilaireChapitre 31 sur 101 · I. ^d Constantium Imper.y lib. II, d · texte numérisé non relu

I. ^d Constantium Imper.y lib. II, d

a. Ibid., n, 4' 3 Ibid.^ n. 5.

SELEUGIE ET GONSTANTINOPLE. 73

publique, où il lui serait permis d'exposer les preuves scripluraires de sa croyance. « Comme ^ pendant les tempêtes d*hiver, les navigateurs, pour éviter le naufrage, jugent plus sûr de rentrer au port d'où ils étaient sortis; comme à d'imprudents jeunes gens, déserteurs de la famille et menacés de perdre leur héritage, il ne reste qu'à reprendre au foyer leur place, sous la conduite paternelle : ainsi, parmi tous ces naufrages qui menacent la vraie foi, lorsque le céleste héritage est déjà presque ruiné, rien n'est meilleur ni plus sûr pour nous que de garder la première et la seule foi que nous avons confessée, telle qu'elle a toujours été entendue, et de n'y changer rien. » Afin d'échapper aux interminables chicanes dont le concile de Nicée était l'occasion pour les ariens, Hilaire, l'infatigable champion de cette grande assemblée, consent à n'en pas alléguer l'autorité, a Dans l'entretien sincère que j'attends de la bonté, je ne demanderai qu'une chose : c'est qu'en présence du synode qui, maintenant encore, discute sur la foi, tu daignes m'entendre expliquer au moins quelques textes de l'Évangile. Je te rapporterai les paroles de Jésus-Christ, mon Seigneur, dont je suis l'exilé et le pontife. Des vases de terre contiennent parfois des trésors sans prix ; . . . d'ignorants pêcheurs nous ont annoncé le vrai Dieu. Comme dit le prophète, Dieu regarde avec miséricorde l'humble qui tremble au son de sa

voix. Empereur, tu cherches la foi : écoute-la, elle te parle non dans des écrits d'hier, mais dans les livres divins. Sache que TOccident a pu la recevoir aussi, car il en viendra d'Occident qui s'assoiront dans le royaume de Dieu avec Abraham, Isaac et Jacob. Souviens-toi qu'il s'agit, non d'une question de philosophie, mais de la doctrine de l'Évangile. Si je te prie de m'écouter, c'est moins pour moi que pour toi-même et pour les Églises de Dieu. J'ai ma foi dans le cœur, et je n'ai pas besoin de la produire; je garde ce que j'ai reçu, je ne change rien à ce qui vient de Dieu*. »

Hilaire invoque résolument le témoignage des Écritures, mais, fidèle à la tradition de l'Église, il met Constance en garde contre l'abus que l'hérésie a toujours fait des livres sacrés. « Souviens toi, dit-il à l'empereur, qu'il n'est pas d'hérétique qui ne veuille autoriser faussement ses blasphèmes par l'Écriture. Marcel (d'Ancyre) prétend tirer de l'Écriture qu'il lit mal sa négation du Verbe. Photin y découvre que Jésus-Christ n'est qu'un homme. Sabellius y lit ces paroles : Mon Père et moi nous sommes un^ mais il ne les entend pas, et pour lui, Dieu n'est ni Père ni Fils. Montan et les femmes insensées qui le suivaient, proclament, au nom de l'Écriture, un pa-

Page 1