I. Lib, contra Auxentium^ n
Digiti:
très se nourrissaient du travail de leurs mains, qu'ils s'assemblaient en secret dans des chambres hautes, qu'ils parcouraient les villes, les bourgades et toutes les nations, malgré les sénatus-consultes et les édits des rois, faut-il croire qu'ils n'avaient pas les clefs du ciel? Ou plutôt, n'est-ce pas alors que la vertu de Dieu se manifesta contre la haine des hommes, alors que la prédication de l'Évangile devint d'autant plus puissante qu'elle était plus entravée? Mais aujourd'hui, ô douleur! les protections terrestres recommandent la foi divine; le Christ semble dépouillé de sa vertu, tandis que l'on intrigue en son nom ; l'Église menace de l'exil et du cachot; çlle veut se faire croire par force, elle que l'on croyait jadis malgré les exils et les cachots*. Elle attend comme une faveur que l'on veuille communiquer avec elle, elle dont des persécutions terribles ont consacré la naissance. Elle bannit des évéques, et ce sont des évéques bannis qui l'ont propagée. Elle se glorifie d'être aimée du monde, elle qui n'a pu être à Jésus-Christ qu'à la condition d'être haïe du monde*.... »
Notons d'abord qu'Hilaire, malgré l'apparente équivoque de son langage, n'oppose pas à l'Église des premiers siècles l'Église catholique de son
1. Traduction de Villemain. {Tableau de r Éloquence chrétienne au iv* siècle.)