‹ Saint HilaireChapitre 48 sur 101 · Lib, contra Auxentium^ n · texte numérisé non relu

Lib, contra Auxentium^ n

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temps; mais a cette Église primitive dont il est le fils et rhéritier, Hilaire oppose l'Église domestiquée des arienSy l'Église qui a découronné le Christ, proscrit Athanase, et qui, à Tlieure même où parlait Tévêque de Poitiers, faisait de suprêmes efforts pour éloufTer sa voix.

Mais une question naît des pages que nous venons de transcrire. Hilaire ne parait-il pas regretter le temps de la persécution; et un tel regret est-il bien conforme à l'esprit de l'Église ? Dans l'intérêt des âmes, l'Église n'a-t-elle pas toujours désiré la paix, et remercié les princes qui lui ont procuré ou assuré ce bien, Constantin, Théodose, Charlemagne? Au commencement du dernier siècle, le concordat, quelques jalouses défiances et quelques intentions dominatrices qu'il accusât chez l'un des contractants, a obtenu l'admiration reconnaissante des fidèles affranchis par cet acte libérateur de la longue oppression qui avait pesé sur eux. Chateaubriand était leur organe, quand il disait au premier consul en lui dédiant le Génie du christianisme : « Trente millions de catholiques français prient pour vous au pied des autels que vous leur avez rendus. »

A la question que nous avons posée, répondons d'abord que l'argumentation d'Hilaire s'explique par les événements au milieu desquels elle éclatait. L'évêque de Poitiers préférait, et il avait raison, la persécution déclarée à l'insidieuse

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persécution qui s'essayait tour à tour ou tout ensemble a séduire et à frapper.

Avouons-le aussi, épris de cet idéal dont les premiers jours du christianisme ont approché, les saints ont souvent tourné vers ces temps primitifs des regards de complaisance et de regret. A la fin du IV* siècle, saint Ambroise décrira, non sans Tidéaliser*, Tàge des persécutions,' il opposera ensuite à ce tableau embelli lu peinture attristée du temps paisible en apparence où il vivait.

Tliomassin, au xvii'^ siècle, renchérissant sur Tévêque de Milan, rappelle, à propos de ces époques de tranquillité décevante, des vers fameux de Juvénal. « Ambroise », dit-il, « nous apprend que cette première flamme de charité s'assoupit..., parce que la persécution avait fait silence, et que la débauche, plus cruelle que la guerre, s'était abattue sur le monde chrétien, quod saevior armis luxuriaincuhuisset orbi christiano* ». Et cependant, si éloquentes que soient ces plaintes, et nonobstant la sincérité courageuse du sentiment qu'elles expriment, n'oublions point que, comme je l'ai dit ailleurs, la persécution n'est pas l'état normal de l'Église. « Elle crée aux faibles, qui sont le grand nombre des périls redoutables; enfin, la société instituée et conduite par Jésus-Christ est

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