CHAPITRE PREMIER
Nous connaissons déjà la plupart des œuvres de saint Hilaire, car pour retracer la vie du grand évêque, nous leur avons fait de larges emprunts. Tour à tour nous avons nommé les commentaires sur l'Évangile de saint Mathieu et sur les psaumes; les douze livres rfe Trinitate ; le livre De synodis seu de fide Orientalium ; la lettre d'Hilaire à sa fille Abra et les deux hymnes qui l'accompagnaient; les deux livres j4d Constantiiim Âugusturriy le livre Contra Constantium imperatorem^ le livre Contra Auxentium, Les quinze fragments ex opère historico ont été regardés par Constant, Tillemont, Ceillier, comme des débris de l'ouvrage contre Ursace et Valens, où, d'après saint Jérôme, Hilaire racontait l'histoire des conciles de Rimini et de Séleucie.
Digiti:
Le D' Bardenhewer croit apocryphes ces fragments, sauf le premier, celui qui décrit avec une éloquente tristesse la persécution arienne. Hilaire, au témoignage de saint Jérôme, avait traduit d'Origène un commentaire sur le livre de Job, dont il reste deux fragments, rapportés Tun par saint Augustin, l'autre par l'hérésiarque Pelage*. Saint Jérôme mentionne aussi, d'après le dire de plusieurs, un commentaire du Cantique des Can^ tiques^ mais cet ouvrage lui était inconnu [Aiunt quidam scripsisse eum et in Cantica canticoruniy sed a nohis hoc opus ignoratur) . Le commentaire des dix Ëpîtres de saint Paul, édité, en iSSa sous le nom de saint Hilaire par le futur cardinal Pitra, est de Théodore de Mopsueste. Apocryphes aussi sont les dissertations sur le début du premier et du quatrième évangile, et sur la guérison du paralytique, publiées en iSSa par le cardinal Mai*. Saint Jérôme attribue à Tévêque de Poitiers un livre Demysteriis qui traitait, comme semblent le prouver deux fragments publiés par Gamurrini en 1887, ^^^ ^ypcs prophétiques de l'Ancien Testament. Il loue un petit écrit contre le médecin Dioscore, qu 'Hilaire avait adressé au préfet Salluste qui gouverna les Gaules sous le règne de Julien [Hilarius brei^i libello quem scripsit contra
I. Contra Julianum, lib. II, cap. tiii, n. 27. Lib. De natura et gratta, cap. lxii.
Digiti:
Dioscorum medicum^ qiiicl in litteris passif, ostendit).
Hilaire, toujours d'après saint Jérôme, avait composé un livre d'hymnes, et nous avons admiré celles qu'il adressa à sa fille ; « le codex du XI® siècle qui a fourni à Gamurrini les deux fragments du Lii^re des Mystères^ contient quelques restes du LiVrd des Hymnes, il est vrai trois hymnes seulement, et encore mutilées. Ces trois hymnes célèbrent à l'envi l'œuvre rédemptrice de l'Homme-Dieu. » (Bardenhewer.)
Des lettres dont l'une, d'après Sulpice Sévère, rapportait la chute del'évêque centenaire Hosius, il ne nous reste que la lettre ingénieuse et charmante adressée par Hilaire à sa fille.
Âlcuin, Rémi d'Auxerre, d'autres écrivains du moyen âge attribuent, sans preuve, à Tévêque de Poitiers le Gloria in excelsis qui est plus ancien ; Abbon de Fleury et, de nos jours, Mgr Cousseau, mort évêque d'Angoulême, ont revendiqué pour lui le Te Deum, mais cette attribution est solidement combattue parTillemont*. Le docte bénédictin de Maredsous, Dom G. Morin, voit dans Nicélas de Romaliana l'auteur du cantique qu'une poétique légende a nommé l'hymne ambrosienne.
« Saint Ephrem d'Antioche, » dit Tillemont,